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Si l’année 2017 a été plutôt chaude, c’est bien à cause d’El Niño, n’en déplaise aux partisans du « changement climatique » anthropique

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Le « consensus scientifique » dominant soutient que le changement climatique d’origine humaine – ou anthropique – dépasse désormais en intensité les cycles climatiques naturels. L’année dernière aurait été la deuxième ou troisième année la plus chaude dans l’histoire des statistiques, après 2016 et au niveau de 2015, deux années affectées par le phénomène naturel d’oscillation océanique dans le Pacifique tropical, El Niño, qui augmente les températures générales. En faisant abstraction d’El Niño, 2017 serait donc l’année la plus chaude, selon Peter Stott, directeur de la météo britannique UK Met Office, alors même qu’on était selon lui dans des conditions de rafraîchissement en raison de La Niña, pendant d’El Niño. Conclusion de Peter Stott : « Cela montre clairement que le facteur naturel qui influence le plus le climat est éclipsé par les activités humaines, principalement l’émission de CO2. » Paul Homewood, un analyste climato-sceptique qui affirme que 2017 a bien été marqué par un épisode d’El Niño, n’est pas du tout de cet avis-là.
 

Pour l’UK Met Office, la Nasa et le NOAA, 2017 fut aussi chaude que 2015, selon eux « sans El Niño »

 
En fait, les agences météorologiques anglo-saxonnes font converger leurs conclusions, l’UK Met Office comme les américaines NOAA et Nasa. Les températures de 2017 et de 2015 seraient identiques, avec ou sans El Niño. Rappelons qu’avec El Niño le Pacifique tropical laisse échapper de la chaleur – enfouie dans ses profondeurs – dans l’atmosphère. Cette énergie vient du soleil et le CO2 n’intervient en rien.
 
Pour le secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale des Nations unies, Petteri Taalas, « la tendance est à la hausse : sept des dix-huit années les plus chaudes sont toutes survenues durant notre siècle ». Bob Ward, de la gauchiste London School of Economics, en tire des conclusions politiques, affirmant que « les températures record devraient mobiliser nos dirigeants, y compris le président Donald Trump », afin qu’ils mesurent « l’échelle et l’intensité des risques ». Et qu’ils accélèrent l’établissement d’une « gouvernance mondiale », comprend-on.
 

Paul Homewood : « Dire que 2017 était une année sans El Niño est tout simplement faux »

 
Paul Homewood rétorque en contestant les présupposés comme les conclusions de ces raisonnements : « On a toutes les raisons d’être méfiant quand des scientifiques supposément honnêtes et impartiaux deviennent des militants politiques. » Et de passer au tamis critique les affirmations de nos universitaires. « D’abord, dire que 2017 était une année sans El Niño est tout simplement faux », écrit-il. Il montre que la NOAA a enregistré un net épisode d’El Niño de mars à mai 2014, même s’il a été court. Le seuil officiel de notification d’un phénomène El Niño est de 0.500 sur l’échelle MEI. En avril et mai 2017 il a atteint 1,455, presque aussi puissant qu’en 2010. Les anomalies des températures de surface des mers (SST) sont flagrantes durant la première partie de l’année.
 
Le phénomène inverse, La Niña n’est apparu qu’en décembre et il faudra attendre six mois pour qu’il affecte les températures globales.
 
« Cet épisode d’El Niño a certainement entraîné des effets durant l’année, et il est totalement malhonnête qu’il n’ait pas été mentionné dans les rapports officiels », s’indigne Paul Homewood. Il relève que le phénomène El Niño de 2015-2016 n’a pas été suivi de son contraire La Niña, qui eût fait chuter les températures. Cette absence n’est pas inhabituelle : El Niño de 2002 a été suivi de deux années « neutres », avant un nouveau El Niño en 2005, ce qui a retardé la chute des températures à 2007-2008, au retour de La Niña.
 

La chaleur d’El Niño migre et se dissipe aux pôles

 
Que devient la chaleur libérée par El Niño ? Elle ne disparaît pas. Le surplus de chaleur dégagé par El Niño aux tropiques migre et se dissipe aux pôles vers l’espace. Les températures plus élevées enregistrées dans ces zones froides « traduisent ce processus parfaitement naturel, signe que le moteur d’équilibre des températures fonctionne », note Paul Homewood. Il ajoute que sans La Niña, les températures globales demeurent à un niveau élevé quelques temps, jusqu’à ce que l’excès soit finalement dissipé. Cet effet, relève-t-il, est illustré par les températures recueillies dans la troposphère inférieure publiées par l’Université d’Alabama à Huntsville (UAH) et que la BBC s’est gardée de communiquer. Le relevé montre que si les températures restent plus élevées qu’avant le phénomène El Niño de 2016-2017, elles sont très inférieures à celles de 1998.
 

Les relevés de températures de l’UHI sont incomplets et grossièrement rectifiés, mais servent les partisans du « changement climatique »

 
En revanche, la NOAA, la NASA et l’UK Met Office, cités par la BBC, partagent tous les relevés de l’University of the Highlands and Islands (UHI), grossièrement rectifiées. Or des zones importantes du monde ne sont pas ou mal couvertes et sa couverture était plus réduite voici quelques décennies. « Il est risible de les voir prétendre connaître sérieusement la température terrestre sur des marges aussi réduites », dénonce Paul Homewood qui critique le fait qu’ils parlent toujours en termes « d’anomalies » pour alarmer l’opinion.
 
Selon la NOAA, la température moyenne terrestre était de 14,74°C en 2017, niveau inférieur à 2016, quasi égal à 2015 et proche de celui de 1881, même si la tendance est à la hausse depuis 1985, mais toujours à la marge. Paul Homewood commente : « Etant donné que les températures, même en zone tempérée, peuvent fluctuer du gel bien en-dessous de zéro à 40°C ou plus, une hausse aussi faible depuis 1881 rend impossible à quiconque de la ressentir dans sa vie quotidienne ».
 
Quant à la précision supposée de cette température globale, la NOAA affirme avoir modifié son système de référence, rendant « risible » sa prétention à évaluer la température générale globale. L’utilisation des calculs d’anomalies permet à ces instituts de cacher les ajustements qu’ils ont réalisés sur des séries anciennes.
 

Matthieu Lenoir