Allemagne : Angela Merkel joue Israël contre l’Iran

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La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en visite à Berlin, capitale allemande, le 16 février 2016.


 
Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, est en visite en Allemagne, où Angela Merkel lui a fait de grandes démonstrations d’amitié. On peut penser ce que l’on veut du chancelier allemand, mais il est manifeste qu’Angela Merkel se tient à ses principes, ou tout au moins à ses idées. Raison qui pourrait expliquer que le magazine Forbes, lors de son récent classement, l’est placée comme le deuxième homme politique le plus puissant au monde. Derrière Vladimir Poutine, mais devant Barack Obama. En tout état de cause, elle joue la carte Israël. Ce qui explique son peu d’empressement à se précipiter, comme les autres Occidentaux, vers l’Iran.
 
Cette visite a été l’occasion de diverses manifestations. Mardi, les deux dirigeants se sont ainsi rendus au Musée d’histoire de l’Allemagne visiter une nouvelle exposition présentant cent dessins réalisés pendant la guerre par des déportés, et prêtés par le Mémorial de Yad Vashem.
 

Angela Merkel reçoit son homologue israélien

 
Mais cette rencontre a surtout été l’occasion d’une précision de la ligne politique de Berlin. Recevant son homologue israélien, Angela Merkel a très clairement expliqué que l’Allemagne ne normaliserait entièrement ses relations – « normales, amicales » – avec l’Iran que lorsque Téhéran aura reconnu l’existence d’Israël. « Ce point a été très clair dans toutes les discussions avec nos ministres », a-t-elle précisé lors d’une conférence de presse commune.
 
Entièrement… Parce qu’Angela Merkel défend, par exemple, l’accord sur le nucléaire ; parce que ses ministres des Affaires étrangères et de l’Economie, Frank-Walter Steinmeier et Sigmar Gabriel, se sont rendus à Téhéran, etc.
 

L’Allemagne marque sa préférence pour Israël contre l’Iran

 
Les affaires sont les affaires, mais sur le plan politique, Angela Merkel demeure ancrée sur la ligne définie à la Knesset en 2008 selon laquelle la sécurité d’Israël fait partie de « la raison d’Etat » allemande.
 
Ce qui explique qu’elle n’ait pas invité le président iranien, Hassan Rohani, lorsque celui-ci s’est rendu à Rome et à Paris fin janvier. Et elle la redit devant Benyamin Netanyahou : pour elle, la position iranienne face à Israël est « totalement inacceptable ». Et tant pis si les affaires doivent en pâtir…
 
Le premier ministre israélien sait d’ailleurs ce qu’il lui doit sur ce chapitre. Devant la presse, il a répondu à son hôtesse : « Quand nous sommes en Allemagne, nous savons que nous sommes chez de bons amis. »
 
Une fois de plus, et malgré tout ce qui est critiquable chez elle par ailleurs, le courage politique d’Angela Merkel est indéniable. On imagine bien que certains de ses commensaux, Barack Obama en tête, ont dû avoir, avec elle, quelques discussions sur le sujet.
 
C’est sans doute en pensant à eux qu’Angela Merkel a expliqué qu’il n’y avait pas de progrès sur cette question. Et réaffirmé : « Nous pensons que nous devons avancer dans un processus de coexistence pacifique », qui « se fonde sur une solution de deux Etats ».
 
Ce disant, l’Allemagne met tout son poids dans la balance…
 

François le Luc