Allemagne – Le candidat de l’AfD à la vice-présidence du Bundestag refusé par les autres partis pour cause de critiques de l’islam

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Albrecht Glaser


 
L’AfD est à peine entré au Bundestag que l’on assiste déjà à la première tentative d’obstruction des autres partis à son encontre. En tant que troisième parti le plus représenté, avec 92 sièges sur 709 (après deux défections), le parti national-conservateur allemand a droit, en vertu d’une loi en vigueur en Allemagne depuis 1994 et comme tous les autres partis avec un groupe au Bundestag, à un poste de vice-président. Depuis le 24 octobre, le président de la chambre basse du parlement est Wolfgang Schäuble, membre de la CDU et ministre des Finances de la CDU de 2009 à 2017. Les autres partis ayant formé un groupe ont déjà tous un vice-président. Il s’agit de la CSU (parti frère de la CDU en Bavière, 46 sièges), du SPD (sociaux-démocrates, 153 sièges), du FDP (libéraux, 80 sièges), de Die Linke (extrême gauche, 69 sièges) et des Verts (67 sièges). Mais ces partis ne veulent pas du candidat à la vice-présidence proposé par l’AfD en raison de ses vues sur l’islam en ligne avec celles… de l’AfD.
 

Pour l’AfD, l’islam ne fait pas partie de l’Allemagne

 
Albrecht Glaser, homme politique de 75 ans originaire de Francfort, ne se contente pas en effet de contester la théorie du réchauffement climatique causé par les activités humaines, ce qui est déjà grave aux yeux des autres grands partis et des médias. M. Glaser a eu en avril la réflexion suivante, en se référant à la liberté de religion garantie par la constitution allemande : « L’islam est une construction qui ne reconnaît pas la liberté religieuse et qui ne la respecte pas. Partout où l’islam a le pouvoir, il supprime la liberté religieuse. Quiconque traite les droits fondamentaux de cette manière devrait se voir priver de ce droit fondamental. »
 
Mais si la constitution allemande permet d’interdire les partis politiques qui voudraient remettre en cause la démocratie, elle ne permet pas d’interdire les religions qui voudraient remettre en cause la liberté religieuse. Cem Özdemir, le leader des Verts, lui-même un musulman d’origine turc, considère que « toute personne qui remet en question la liberté religieuse se disqualifie elle-même ». Il va sans dire que son affirmation vise uniquement Albrecht Glaser, et non pas Mahomet et ses disciples contemporains.
 

L’AfD maintient la candidature d’Albrecht Glaser à la vice-présidence du Bundestag malgré trois rejets successifs par les autres partis

 
Aiman Mazyek, le chef du Conseil central des musulmans en Allemagne, pense toutefois que bloquer la candidature du vice-président de l’AfD n’est pas la bonne réponse, car cela permet à ce parti de se poser en victime. « Nous devons nous habituer au fait que nous avons un islamophobe et un raciste comme vice-président du Bundestag. C’est l’Allemagne de 2017, c’est triste mais vrai », a déclaré M. Mazyek pour qui les vues de Glaser sur l’islam correspondent à la version salafiste de cette religion.
 
Le leader de l’AfD, Alexander Gauland, ne veut cependant pas lâcher. C’est une question de principe, car selon lui les opinions de Glaser correspondent bien à celles de son parti qui clamait haut et fort pendant la campagne que « l’islam ne fait pas partie de l’Allemagne ». Or ce parti, que cela plaise ou non aux uns et aux autres, a obtenu plus de 12 % des voix aux élections du 24 septembre. Si les dirigeants allemands ne voulaient pas que l’on débatte de la place de l’islam en Allemagne, il ne fallait pas ouvrir en grand les frontières à l’immigration musulmane.
 

Olivier Bault