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Amnesty International invoque un sondage pour prétendre que les Irlandais veulent dépénaliser l’avortement

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Poursuivant sa politique de promotion de l’avortement légal dans le monde entier, Amnesty International a commandité un sondage en Irlande qui apporte la preuve, selon l’ONG, que le pays est prêt à dépénaliser le suppression des enfants à naître dès le sein de leur mère. L’organisation de défense des droits de l’homme (sic) surfe sur la vague créée par le référendum sur le « mariage » gay qui a consacré la déconstruction du mariage en Irlande il y a peu. Colm O’Gorman, directeur exécutif d’Amnesty International Ireland, s’est félicité des résultats du sondage en soulignant qu’il s’agissait maintenant d’ouvrir la « conversation » sur la question de l’avortement en vue des prochaines élections : une conversation « positive », qui sache éviter les « débats au vitriol et les discussions “clivantes” ».
 
Comme le lobby de l’avortement a l’ensemble de la presse irlandaise pour lui, on peut s’attendre à des pressions sur les partis politiques afin qu’ils s’engagent à faire abroger le 8e amendement de la Constitution irlandaise. Adopté par référendum en 1983 par 67 % des voix, il affirme la citoyenneté de l’être humain dès sa conception et exige que la vie de l’enfant comme de la mère soient également respectées.
 

Le sondage commandité par Amnesty International utilisé pour faire dépénaliser l’avortement

 
Et comme de bien entendu, il est aujourd’hui contesté au nom de la perte d’influence de l’Eglise catholique parmi les Irlandais.
 
Le sondage taillé sur mesure par Amnesty International et conduit par téléphone auprès d’un millier de personnes semble indiquer une approbation très large à l’égard de l’avortement légal et choisi. 65 % des sondés ont affirmé qu’ils souhaitaient voir l’avortement dépénalisé et 81 % – une majorité apparemment écrasante – approuve l’idée que les conditions limitées en vigueur depuis 2013 permettant d’avorter en cas de danger pour la vie de la mère (menace de suicide comprise) devraient être au moins élargies.
 
71 % des sondés ont répondu « oui » à la question de savoir si la pénalisation de l’avortement contribue au sentiment de détresse et de « stigmatisation » éprouvé par les femmes qui ont avorté, ce qui tombe en réalité sous le sens. 70 % étaient d’accord pour dire que l’avortement devrait être un droit de l’homme internationalement protégé en cas de viol ou d’inceste.
 
64 % des Irlandais – selon les extrapolations de ce sondage – ont déclaré ne pas savoir que la femme qui subit un avortement volontaire est considérée comme coupable de crime ; moins de 10 % ont déclaré savoir qu’elle encourt une peine de 14 ans d’emprisonnement tout comme le médecin qui le pratique. Et une immense majorité, qu’ils soient favorables ou non à l’avortement, sont opposés à cette peine qu’ils estiment trop lourde.
 

L’Irlande sous la pression d’Amnesty International au nom de l’« opinion » des Irlandais

 
Avec de tels chiffres, il est facile de soutenir que les Irlandais voteraient, demain, pour l’avortement légalisé si cela leur était proposé. Mais Cora Sherlock, porte-parole de Pro-Life Campaign Ireland, a dénoncé la désinformation qui préside à cette interprétation. Elle a souligné qu’un sondage quasi identique en 1997 avait donné des résultats tout à fait similaires. Mais lorsqu’ils ont été interrogés sur la question de l’avortement par référendum en 2002, les résultats n’ont en rien reflété le sondage d’opinion : plus de 49 % des votants étaient même favorables à une interdiction encore plus complète de l’avortement dans cette Irlande qui connaît l’un des taux de mortalité maternelle les plus bas au monde.
 
Cora Sherlock a vigoureusement contesté la focalisation sur la peine de 14 ans d’emprisonnement encourue par les femmes et les médecins qui se rendent coupables d’avortement. « Amnesty Ireland sait parfaitement que les femmes ne sont pas poursuivies pour avortement en Irlande. Si quelqu’un devait être poursuivi, ce serait l’avorteur qui viole la loi », a-t-elle souligné. « Amnesty essaie délibérément de créer une impression selon laquelle les femmes irlandaises risquent d’être jetées en prison si elles choisissent d’avorter mais l’organisation oublie opportunément de rappeler que des sanctions semblables existent dans d’autres pays européens – mais comme en Irlande, les femmes n’y sont jamais poursuivies. »
 
Où l’on voit une nouvelle fois comment les sondeurs peuvent s’arranger pour manipuler l’opinion.
 

Anne Dolhein