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Le rapport sur les conseils de la charia en Angleterre et au Pays de Galles, une reconnaissance officielle des tribunaux islamiques

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Coup de tonnerre au Royaume-Uni : un rapport « indépendant » vient d’y entériner le rôle de justice parallèle joué par les « conseils de la charia » qui ont poussé dans les zones les plus islamisées d’Angleterre et du Pays de Galles. Pensez : il recommande de reconnaître les mariages islamiques ! La reconnaissance officielle de la charia, en quelque sorte – alors que le rapport, avait été commandé par Theresa May, alors ministre de l’Intérieur, en 2016, pour s’assurer que les décisions prises par ces conseils de charia ne violaient pas le droit britannique et que la charia n’était pas « détournée » pour discriminer les musulmanes.
 
Les conseils de la charia sont des tribunaux islamiques vers lesquels les musulmans peuvent se tourner de manière facultative (une notion sans doute toute théorique pour les épouses, filles et sœurs de certains musulmans) afin de régler leurs différends, notamment pour les mariages et divorces religieux.
 
Theresa May avait confié la présidence de la commission chargée de rédiger le rapport au Pr Mona Siddiqui, spécialiste de théologie islamique. Au moment de commander cette enquête, elle était loin de penser que la loi islamique pouvait être par essence discriminatoire et incompatible avec la loi et les coutumes de son pays. L’actuel Premier ministre avait au contraire souligné que la charia, tout comme d’autres « codes religieux », pouvaient être très bénéfiques pour de nombreux Britanniques à travers l’orientation qu’ils proposent.
 

Le « rapport indépendant sur les conseils de la charia en Angleterre et au Pays de Galles » a été confié à une théologienne musulmane

 
Ainsi, sous la direction de la théologienne islamique Mona Siddiqui et avec la participation de deux imams ainsi que de spécialistes du droit britannique, la commission indépendante a rendu son rapport d’un point de vue forcément plutôt islamique, ce qui n’est pas sans causer certains remous outre-Manche.
 
Les associations de défense des droits des femmes lui reprochent bien entendu son approche trop théologique, puisque le rapport recommande la reconnaissance du mariage islamique dans le droit civil anglais. Il s’agirait, en rendant le mariage civil obligatoire pour accompagner chaque mariage islamique, de résoudre le problème du nombre croissant de mariages contractés uniquement devant ces conseils de la charia au Royaume-Uni. Ces mariages uniquement religieux expliqueraient la proportion importante de divorces traités par ces tribunaux islamiques, selon la loi musulmane qui avantage grandement les hommes. Lier le mariage civil au mariage islamique empêcherait aussi les mariages polygames, expliquent les auteurs. Cela reviendrait en outre, selon les auteurs du rapport, à aligner le régime des mariages islamiques sur celui des mariages juifs et chrétiens.
 

Ces tribunaux islamiques dont la gauche islamophile niait l’existence…

 
Mais cela impliquerait surtout la reconnaissance officielle au Royaume-Uni de ces conseils de la charia dont on ne connaît même pas le nombre : selon le rapport lui-même, « Le nombre exact de conseils de la charia opérant en Angleterre et au Pays de Galles est inconnu ». D’après ce même rapport, les estimations varieraient entre 30 et 85, avec une prépondérance des villes à forte population musulmane comme Londres, Birmingham, Bradford et Dewsbury.
 
Le rapport préconise une autre forme de reconnaissance des tribunaux islamiques fonctionnant au Royaume-Uni : la régulation de leur fonctionnement par l’Etat. Reconnaître l’autorité des conseils de charia qui fonctionnent depuis des années au Royaume-Uni en dépit des dénégations de la gauche islamophile à ce sujet, ce serait bien évidemment reconnaître aussi l’application de la loi islamique sur le territoire britannique.
 
Comme ils en conviennent eux-mêmes, les auteurs du rapport n’ont pas assisté au travail de ces conseils de la charia. Ils ont fondé leurs observations sur différents témoignages qui leur ont été fournis après un appel lancé au public. Il est toutefois permis de douter que les personnes de sexe féminin des familles appliquant l’islam de style salafiste ou wahhabite aient pu se présenter librement pour parler de leur expérience des tribunaux islamiques fonctionnant en Grande-Bretagne.
 

Reconnaissance officielle des conseils de la charia et des mariages islamiques : le “Home Office” dit non

 
Le Home Office, c’est-à-dire le ministère de l’Intérieur, a fait savoir qu’il ne suivrait pas les recommandations du rapport, notamment en ce qui concerne la régulation par l’Etat des conseils de la charia, car ceux-ci n’ont pas vocation à être une alternative à la loi britannique. Mais le gouvernement de Sa Majesté n’a pas non plus l’intention de les dissoudre. Les auteurs du « rapport indépendant sur l’application de la charia en Angleterre et au Pays de Galles » le lui déconseillent fortement, car cela obligerait paraît-il les tribunaux islamiques à fonctionner de manière clandestine !
 
Il en va de la légalisation de la loi islamique en Grande-Bretagne comme de la légalisation de l’avortement : autant que ce soit légal, pour que cela se passe dans les « meilleures » conditions possibles…
 

Olivier Bault