Attentat de Manchester :
« Arrêtez l’immigration islamique ! », dit un psychiatre… musulman

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Tanveer Ahmed, psychiatre en Australie.


 
Tanveer Ahmed est psychiatre en Australie. Il est également musulman, né au Bangladesh, et donc peu suspect de racisme ou de préjugés anti-islamiques. Dans une tribune publiée par The Spectator Australia, il a réagi la semaine dernière à l’attentat de Manchester au Royaume-Uni en dénonçant l’échec du multiculturalisme. Loin de tout politiquement correct, il a jugé que les Occidentaux ont le droit de s’inquiéter face à l’extrémisme islamique et que l’arrêt, à court terme, de l’immigration islamique constituerait une réponse « raisonnable », d’autant qu’elle est soutenue par « l’opinion majoritaire partout en Europe ».
 
Le psychiatre évoque « l’élevage domestique » de ce terroriste musulman né et éduqué au Royaume-Uni. « Abedi est né et a été élevé en Grande-Bretagne mais ne s’est jamais senti britannique. Il y avait de gros drapeaux libyens devant la façade de son domicile… Les voisins pensaient qu’ils pouvaient représenter une équipe de football, peut-être bien Tripoli United FC, mais ce n’était pas le cas ».
 
Toujours demeuré étranger dans le pays où il a vu le jour, le terroriste kamikaze est né au sein d’une communauté libyenne d’opposants à Kadhafi établie à Manchester. « C’est la marque claire que laissent deux décennies de politique multiculturaliste qui ont favorisé la séparation, et le repli de chacun vers l’identité tribale », observe Tanveer Ahmed.
 

Un psychiatre musulman reconnaît la nature islamique de l’attentat de Manchester

 
Peu avant l’attentat, Salman Abedi montrait tous les symptômes de la radicalisation, de ceux que l’on pourrait trouver dans un Manuel pour les nuls, ironise le psychiatre. Celui-ci voit dans le choix du lieu de l’attentat un acte symbolique contre des jeunes filles fréquentant un concert qui souligne leur « sexualité émergente » alors qu’elles s’y rendent en l’absence de leur père : une vraie invitation à la colère musulmane.
 
Mais quoi qu’il en soit de ces explications sociologiques, on notera que Tanveer Ahmed, musulman, refuse de condamner les Européens autochtones qui en ont assez de voir des musulmans arriver dans leur pays. Sont-ils favorables à l’arrêt de l’immigration musulmane ? « La poussée des partis ridiculement qualifiés d’extrême droite en témoigne », répond-il.
 
« Comment peut-on qualifier des groupes qui sont démocratiques, non-violents, et qui attirent le soutien de plus d’un tiers de la population d’extrême droite ? Nous savons d’après un sondage (…) local que près de la moitié des Australiens soutiennent le même type de politique », affirme Ahmed sans s’en offusquer le moins du monde.
 

Arrêter l’immigration islamique ? Une revendication raisonnable

 
Certes, l’auteur n’est pas prêt à dénoncer l’islam en tant que tel. Il est plutôt du côté des partisans de la restructuration de l’islam par une réforme, notamment à l’égard du Coran qu’il ne faudrait plus présenter comme l’œuvre intangible d’Allah – ce qui reviendrait en réalité à vider l’islam de sa substance pour le rendre compatible avec le relativisme moderne. Mais il diffère des dangereux bisounours partisans de ce dialogue destiné à édulcorer et à dénaturer l’ensemble des religions en ce qu’il n’en tire pas prétexte pour dénigrer ceux qui ont un réel problème avec l’islam.
 
A ce titre, il n’épouse pas la rhétorique obligatoire du jour qui interdit de nommer le caractère intrinsèquement violent de l’islam et fait des fous d’Allah des ennemis de leur propre religion. Pour Tanveer Ahmed, comment pouvons-nous à la fois parler de terrorisme islamique et prétendre que ceux qui le perpètrent invoquent faussement le nom de Dieu ? « Les actes terroristes d’Abedi, de Masood et de milliers d’autres avant eux et de bien d’autres à venir sont une conséquence directe de leur foi et ne sont pas perpétrés malgré celle-ci. Les terroristes rendent le culte à un dieu islamique et le font avec plus d’intensité et de piété que d’autres personnes religieuses. Comme le Coran le leur dit clairement, la mort est pour eux le chemin vers un lieu meilleur ». Et d’approuver un chroniqueur musulman pour qui les djihadistes ne sont pas des radicaux mais des « fondamentalistes qui adhèrent de près aux enseignements et aux écritures saintes de leur religion », selon le principe même de l’islam qui signifie « soumission ».
 

Tanveer Ahmed, le psychiatre musulman qui refuse de voir l’extrême droite partout

 
On prendra connaissance avec intérêt de la conclusion de Tanveer Ahmed : « Le vent culturel a tourné et les vieux médias et les élites politiques ont été renversées rapidement, à leur corps défendant. La résistance gauchiste, assistée par ses alliés qui font l’apologie de l’islam, restera en place mais l’actuelle équipe de leaders mondiaux, particulièrement Trump et Theresa May, offre la meilleure chance qu’on ait eue à ce jour d’avoir un dialogue honnête à propos de l’islam et du terrorisme ».
 
Puisque c’est lui qui le dit…
 

Anne Dolhein