Attentats : les Bourses européennes et françaises restent stables malgré la suspension des accords de Schengen ; on attend les dépenses de sécurité

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Les principaux index boursiers européens n’ont pas décroché ce lundi malgré les attentats de vendredi soir à Paris, les plus meurtriers jamais commis depuis 10 ans sur le sol européen. Le CAC40 est resté stable alors même qu’on anticipait une forte baisse. On a certes enregistré une baisse de 1,2 % à l’ouverture, mais la Bourse de Paris a clôturé à – 0,08 %. Le Dax allemand et le FTSE 100 ont respectivement clôturé à + 0,05 % et + 0,5 % ce lundi. Les affaires continuent-elle en manière de défi aux terroristes ? Les investisseurs ne sont pas connus pour avoir d’autres motivations que l’intérêt financier… L’ouverture des frontières était censée servir l’économie. Mais la suspension des accords de Schengen n’a pas atteint le moral des financiers. Si les Bourses restent stables, c’est que la surveillance des frontières a du bon ! Ils tablent également sur davantage de dépenses publiques pour la sécurité.
 

Les attentats n’ont pas fait dégringoler les Bourses européennes et françaises, restées stables

 
Les entreprises des loisirs et du tourisme sont celles qui ont le plus accusé le coup des attentats sur le sol de la deuxième économie de la zone euro. La valeur du groupe hôtelier Accor a plongé de 6 %, celle d’Air France KLM de 5,8 % et celle d’Eurotunnel de 4,5 %. L’index Euro Stoxx 60 relatif au secteur a quant à lui essuyé une perte de 2,6 milliards d’euros en raison de la crainte d’un effondrement de l’activité touristique. La suspension des accords de Schengen, avec le rétablissement des contrôles aux frontières, conduit les économistes à envisager un recul global de l’activité économique du pays – encore que l’augmentation des contrôles puisse être perçue comme un « plus » par des touristes potentiels. Le libre-échange économique reste, lui, à l’ordre du jour.
 
Les analystes mettent cependant en garde contre un éventuel effet de sape de la confiance des Français qui pourrait avoir des effets sur la consommation, et contre un ralentissement de l’économie française déjà en difficulté, en raison de l’état d’urgence décrété par le président Hollande.
 

Suspension des accords de Schengen, dépenses de sécurité en hausse : tant pis pour les exigences de l’UE !

 
Cependant, Peter Praet, économiste en chef de la Banque centrale européenne, assure que les attentats n’auront qu’un effet transitoire et qu’ils ne conduiront pas la BCE à modifier sa politique monétaire actuelle. Parallèlement, François Hollande a déclaré que les dépenses en matière de sécurité augmenteraient pour contrer la menace de l’État Islamique, ce qui devrait donner un coup de fouet au PIB stagnant du pays, au moins à court terme.
 
Cette augmentation des dépenses publiques est annonciatrice soit de nouvelles pressions fiscales directes, soit d’emprunts renforcés, et plus probablement des deux. Dans tous les cas, il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le contribuable français. Tout cela risque d’empêcher, une nouvelle fois, la France de respecter les critères de la zone euro en matière de déficit, théoriquement limité à 3 %. Hollande a indiqué qu’il espérait un nouveau répit. La Commission européenne doit rendre son verdict ce mardi.
 
L’euro a pour sa part atteint sa cote la plus basse depuis 6 mois, à 1,068 $ pour un euro, perdant 5 % de sa valeur depuis octobre.
 

Nicklas Pélès de Saint Phalle