Des députés du Costa Rica en appellent au pape contre la légalisation de l’avortement par le président

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Le député Paulina Ramírez (à gauche), chargé de remettre la lettre au pape François.


 
A l’occasion du très prochain voyage au Saint-Siège de Luis Guillermo Solis, président du Costa Rica, celui-ci sera reçu en audience par le pape François. 19 députés du Costa Rica, issus de sept partis politiques, ont décidé de mettre à profit l’événement pour interpeller directement le souverain pontife afin qu’il intervienne auprès de Solis contre toute tentative de légaliser l’avortement dans le pays.
 
C’est une des élus du parti de la libération nationale, Paulina Ramirez, membre de la délégation accompagnant le président, qui se charge de la remise de ce courrier au pape François.
 

Le pape François interpellé pour rappeler au président du Costa Rica son devoir de catholique

 
Les élus y informent le pape du danger actuel de libéralisation de l’avortement dans leur pays. Le Costa Rica, rappellent-ils, limite actuellement très sévèrement le recours à l’avortement. Dans le code pénal costaricain, seul l’avortement « thérapeutique » est dépénalisé en cas de danger pour la vie ou la santé de la mère. Les élus préfèrent le qualifier d’avortement « impuni ».
 
Leur inquiétude est de voir ces « exceptions légales » mises à profit pour « permettre plus largement l’avortement en d’autres situations » : de fait, l’existence d’exceptions qui permettent la mise à mort d’enfant à naître est en soi une justification qui appelle tout naturellement des extensions au fur et à mesure que l’on met l’accent sur différentes situations qualifiées elles aussi d’« exceptionnelles ».
 

Les députés du Costa Rica se mobilisent contre la légalisation de l’avortement

 
« Nous en appelons à Sa Sainteté afin de solliciter ses bons offices pour qu’elle exhorte avec insistance le président de la République (…) à respecter son engagement public éprouvé ne s’abstenir de quelconque politique gouvernementale tendant à légaliser l’avortement », écrivent les députés. Ils rappellent que Solis s’est publiquement présenté comme un catholique convaincu, c’est pourquoi ils demandent au pape de lui rappeler la position de l’Eglise catholique sur la question de l’avortement.
 
Sur les neufs groupements politiques représentés au congrès du Costa Rica, seuls deux n’ont pas signé la missive. Il s’agit du Frente Amplio de gauche, et du mouvement Renovacion Costarricense. Mais ce dernier n’a pas opposé un refus de principe : il n’a tout simplement pas pu signer dans les délais alors que l’envoi de la lettre devait se faire très rapidement.
 
La quasi unanimité des mouvements politiques costaricains sur la question est remarquable. Nul doute qu’on leur reprochera désormais de mélanger le politique et le religieux. Mais il s’agit bien d’une question de cohérence, dans un domaine qui relève du droit naturel. En appeler à une autorité morale serait-il interdit aux seuls catholiques ?
 

Anne Dolhein