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La Banque Centrale européenne contre la Grèce

Banque Centrale europeenne Grece
 
Face à la politique d’annonces économiques du nouveau premier ministre grec, la Banque Centrale européenne a décidé de priver le secteur financier de la Grèce de son aide, ce qui fait peser désormais sur la seule Banque Centrale nationale grecque la responsabilité (et donc les moyens) du financement des banques. Une décision délicate pour Alexis Tsipras, qui espérait pouvoir négocier un nouvel accord sur sa dette publique, et peut douter désormais d’y parvenir.
A la suite de cette décision, l’indice des valeurs bancaires grecques a perdu 22,6% en début de séance sur les marchés financiers, et abandonnait encore 12,25% en fin de matinée.
 
« La Grèce n’a l’intention d’exercer aucun chantage sur qui que ce soit et elle ne cédera à aucun chantage, a immédiatement déclaré Athènes dans un communiqué. La décision de la BCE (…) est un acte de pression politique visant à ce qu’un accord soit conclu rapidement. »
 

Les conséquences de la décision de la Banque Centrale européenne

 
D’ores et déjà, deux banques grecques ont sollicité le mécanisme de fourniture de liquidité d’urgence géré par la Banque de Grèce pour faire face à une baisse accélérée de leurs dépôts depuis la victoire de Syriza.
 
Berlin a réitéré son inquiétude quant à la faiblesse de la Grèce en ce domaine. Jens Weidmann, le président de la Bundesbank allemande, estime néanmoins que les mécanismes d’aide doivent demeurer temporaires : « Si les marchés en venaient à considérer l’union monétaire comme un système d’assistance financière mutuelle en cas de problème grave, les doutes sur la solvabilité d’un pays particulier pourraient se propager plus rapidement aux autres Etats membres. »
 
Certes, mais si l’économie grecque s’effondre l’onde de choc qui en résultera n’épargnera pas beaucoup d’Etats-membres de la zone euro.
 

Les difficultés ne sont pas propres à la Grèce

 
La Commission européenne vient d’ailleurs de rappeler une nouvelle fois que la France doit accentuer dès 2015 ses efforts de réduction de son déficit budgétaire structurel pour respecter les règles de l’Union européenne. L’avertissement a été lancé par Pierre Moscovici, ce qui est assez logique puisqu’il est le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires ; mais assez cocasse puisqu’il dénonce ainsi le peu d’efficacité de la politique économique française dont il était encore le ministre responsable il y a quelques mois.
 
La Commission rendra ses conclusions sur le programme français le 27 février.
La « souveraineté » nationale de la France et de la Grèce n’est plus qu’un lointain souvenir, maintenant dépendantes d’une poigné de banquiers nommés au mépris de toute démocratie dans l’opacité des cercles de la Haute Finance internationale et de la Commission européenne.