Brexit : la Chambre des communes soutient Theresa May

Brexit Chambre communes Theresa May

Une députée britannique tend le résultat définitif du vote à un greffier, le 8 février 2017.


 
Theresa May pouvait se montrer confiante jeudi, après le vote de la Chambre des communes, la chambre basse du Parlement, qui la veille avait, à une large majorité par 494 voix contre 122, voté le texte autorisant officiellement le Premier ministre britannique à déclencher le Brexit.
 
Ce sera d’ici à fin mars, Theresa May l’a répété, puisque la Chambre des communes la soutient dans sa volonté de déclencher l’article 50 du traité de l’Union européenne permettant de lancer la procédure de sortie d’un pays de l’Union européenne.
 
Evidemment, le soutien parlementaire n’est pas complet tant que la Chambre des Lords n’a pas, de son côté, donné son avis. Aussi le gouvernement de Theresa May est-il passé à l’offensive, appelant ceux-ci à approuver le projet accepté par les députés.
 

Brexit : un soutien parlementaire à Theresa May

 
« J’attends d’elle [à savoir la Chambre des Lords] qu’elle fasse son travail et accomplisse son devoir patriotique en nous autorisant à avancer et à négocier cette nouvelle relation » avec l’Union européenne, a ainsi déclaré le ministre en charge du Brexit, David Davis.
 
La chambre haute doit examiner le texte à compter du 20 février. Dans le cas où elle déciderait, à ce moment-là, d’y apporter un amendement, le texte reviendrait alors devant les députés. Pour revenir ensuite devant les Lords.
 
A l’heure actuelle, plusieurs membres de ladite Chambre des Lords ont assuré vouloir se battre pour amender ce texte de loi. Cela pourrait éventuellement passer par un amendement, déposé par les Libéraux-démocrates, qui réclame un deuxième referendum sur le sujet. Ils ont également déposé un autre amendement afin d’obliger le gouvernement, dans le cas où le Brexit deviendrait réalité, à garantir les droits des ressortissants européens résidant en Grande-Bretagne, comme ceux des ressortissants britanniques vivant dans l’Union européenne.
 
La partie est donc loin d’être ni terminée, ni jouée. Mais dans le cas où les Lords approuveraient directement le texte permettant de mettre en œuvre le Brexit, ce qui pourrait intervenir dès le 7 mars, Theresa May n’aurait plus aucun empêchement de déclencher l’article 50 du traité de Lisbonne avant le 31 mars comme elle s’y est engagée à plusieurs reprises.
 

Après la Chambre des communes, celles des Lords ?

 
S’enclencherait ensuite une période de deux ans de négociations avec l’Union européenne sur les modalités de cette séparation, dont il est actuellement difficile de dire, malgré les rodomontades de Bruxelles et de certains de ses séides, ce qu’elles pourraient être.
 
Un point doit cependant être souligné. Malgré toutes les menaces faites à ces Britanniques qui oseraient quitter l’Union européenne, il semble que la catastrophe soit très loin de devoir devenir une réalité. Ainsi jeudi soir, l’agence de notation Moody’s, que l’on peut difficilement comparer à un antre du conservatisme, a confirmé que l’environnement économique britannique reste favorable en ce début d’année 2017. « Nous pensons donc que les défis posés par le Brexit au marché du crédit sont modestes et gérables pour les émetteurs britanniques », affirme même Colin Ellis, directeur général de l’agence.
 
On est loin du tsunami annoncé…
 

Hubert Cordat