Après le Brexit, le Royaume-Uni exercera la préférence nationale sur son marché du travail vis-à-vis des ressortissants de l’UE

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Les entreprises qui s’appuient sur des travailleurs de l’UE ont mis en garde contre l’impact «catastrophique» des propositions visant à réduire les migrations non qualifiées le jour où la Grande-Bretagne quitte l’UE.


 
Selon un document de travail de 82 pages du ministère de l’Intérieur britannique obtenu par le Guardian, le Royaume-Uni prévoirait de limiter fortement l’accès à son marché du travail pour les ressortissants des pays de l’Union européenne. Ces restrictions entreraient en vigueur après une période transitoire de 2 ou 3 ans à compter de la date où le Brexit deviendra effectif en mars 2019. Le Guardian précise toutefois que ce document n’a pas encore été approuvé par le gouvernement et que la politique de préférence nationale mise en œuvre après la sortie de l’UE dépendra aussi de l’issue des négociations avec Bruxelles. Le Guardian affirme même que le contenu de ce document d’août portant le tampon « confidentiel/sensible » est déjà source de conflits entre membres du gouvernement. Inversement, il est bien accueilli par les partisans du Brexit. C’est ainsi que Lord Green, président de l’association Migration Watch le qualifie d’excellente nouvelle et que l’UKIP dit souhaiter que ces propositions soient appliquées sans tergiverser.
 

Brexit : des mesures concrètes pour exercer la préférence nationale sur le marché du travail

 
Parmi les propositions avancées, les permis de séjour délivrés aux immigrants peu qualifiés seraient limités à deux ans contre trois à cinq ans pour les travailleurs occupant des postes hautement qualifiés. Les employeurs seraient par ailleurs tenus d’essayer de recruter en Grande-Bretagne avant de pouvoir chercher du personnel à l’étranger, et les ressortissants de l’UE devront avoir déjà un emploi garanti avant de pouvoir se rendre au Royaume-Uni dans le but d’y obtenir un permis de séjour. Tous les citoyens des Etats membres de l’UE devront avoir un passeport pour se rendre outre-Manche, même si c’est pour y faire du tourisme. Les personnes qui demanderont un permis de travail ou de séjour auront leurs empreintes digitales prélevées aux fins de la lutte contre la criminalité. Les personnes naturalisées ne pourront faire venir, dans le cadre du regroupement familial, que leur conjoint ou partenaire, leurs enfants mineurs ou les adultes dépendants à charge.
 
Les travailleurs peu ou pas qualifiés devront avoir un salaire garanti d’au moins 157 livres par semaine pour obtenir un permis de travail et de séjour, et toute personne originaire de l’UE qui souhaiterait faire venir son conjoint devra gagner au moins 18.600 livres par an comme c’est déjà le cas pour les citoyens des pays non membres de l’UE.
 

Le Royaume-Uni délivrera des permis de travail en fonction des besoins socio-économiques nationaux

 
Au moment de délivrer des permis de travail, le document divulgué par le Guardian précise que « le gouvernement tiendra compte des besoins socio-économiques du Royaume-Uni en matière d’immigration en provenance de l’UE plutôt que de laisser la décision uniquement à ceux qui souhaitent venir et aux employeurs ». L’objectif indiqué dans ce document de travail est de montrer au public que Londres est capable de contrôler l’immigration en provenance de l’UE et de ramener le solde net de l’immigration annuelle légale au Royaume-Uni de 250.000 personnes à 100.000 personnes.
 
La limitation du nombre de travailleurs et résidents en provenance de l’UE était en effet un des grands objectifs avancés par les partisans du Brexit dans la campagne pour le référendum de juin 2016.
 

Olivier Bault