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Selon un juge britannique, les enfants « réfugiés » ont priorité dans les domaines de la santé et de l’éducation

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Si certains, de notre côté de la Manche, n’ont pas hésité à tancer le Royaume-Uni sur son « manque d’implication » dans le dossier « réfugiés » de Calais, les chiffres restent en sa faveur :selon Eurostat, en 2016, le Royaume-Uni a accueilli plus de non-Européens réfugiés qu’aucun autre pays membre de l’UE. Et un juge de la Haute Cour de Londres vient de prouver la bonne foi anglaise sur la crise migratoire. Devant statuer sur le cas de deux petits Afghans arrivés seuls sur le sol britannique, il a déclaré que les enfants migrants non accompagnés doivent bénéficier d’une ordonnance de prise en charge pour qu’ils aient la priorité dans les domaines de la santé ou de l’éducation.
 
Priorité par rapport à beaucoup de petits Anglais.
 

Deux enfants réfugiés de 9 et 10 ans

 
Les deux petits garçons, âgés de 9 et 10 ans, étaient partis d’Afghanistan ; pendant un an et quatre mois, ils ont traversé l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe et se sont retrouvés dans la Jungle de Calais en août 2016, avant de parvenir in fine au Royaume-Uni – une histoire relativement quoique tristement banale.
 
Comme nous en informe le DailyMail, le juge Peter Jackson a décidé de les faire bénéficier d’une ordonnance plus « généreuse » que la traditionnelle Section 20 qui offre seulement un logement aux enfants plus âgés.
 
Placés dans une famille pakistanaise, les deux petits garçons avaient des difficultés à vivre leur nouvelle vie et des angoisses récurrentes. Le juge a donc ordonné que les enfants soient l’objet d’une ordonnance de « prise en charge », c’est-à-dire soient carrément placés, afin qu’ils puissent « profiter » des systèmes de santé et d’éducation britanniques pour lesquels il auraient, dès lors, la priorité.
 
En effet, en vertu des règlements de 2006, les conseils municipaux doivent accorder la priorité dans les écoles en surnombre aux enfants « pris en charge ». De même les règlements du ministère de la Santé, mis à jour en 2015, exigent que le personnel médical prenne en charge les intérêts de ces enfants « placés » par l’État.
 

Le juge britannique Peter Jackson ne voit que des avantages au « placement »

 
Ce faisant, le juge Peter Jackson s’est aligné sur les demandes des travailleurs sociaux qui souhaitaient qu’on confie les pleins pouvoirs en la matière au conseil municipal.
 
L’État britannique se substitue ainsi à des parents dont l’autorité existe pourtant bien quelque part. Une situation évidemment voulue par les deux bords : c’est potentiellement leur propre mère ou un membre de leur famille qui a envoyé ces enfants si petits faire tout ce chemin jusqu’à l’eldorado britannique.
 
Le juge a même poussé les travailleurs sociaux à travailler semblablement pour les autres enfants réfugiés, mettant en valeur tous les avantages que cela représentait pour ces mineurs délaissés. Pas certain que les Britanniques n’y voient que des avantages – combien de mineurs étrangers pourraient ainsi être « placés », au détriment des autochtones ?
 
D’autant plus que vu les intérêts en jeu, les mensonges sur l’âge pullulent. Des documents officiels du Home Office montrent que de septembre 2014 à septembre 2015, 65 % des réfugiés se présentant comme « enfants », et qui ont effectivement subi un contrôle sur ce point, avaient plus de 18 ans… En 2016, 3.290 enfants non accompagnés ont demandé l’asile en Grande-Bretagne.
 

Éducation prioritaire

 
Ces derniers mois, les instances internationales ont particulièrement mis l’accent sur le devenir de ces enfants réfugiés. A la mi-avril, la Commission européenne avait exhorté les États membres à améliorer la protection de « tous » les mineurs, qui représentent un tiers des demandeurs d’asile en Europe, leur demandant de leur fournir l’accès « à une assistance légale, à des soins de santé, à un soutien psychosocial et à l’éducation ».
 
Et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a abondé en ce sens, il y a trois semaines, avec la publication « Laissés pour compte : la crise de l’éducation des réfugiés ». Les enfants réfugiés sont cinq fois plus susceptibles d’être exclus du système scolaire que les non-réfugiés : un état de fait que veut combattre Filippo Grandi, le Haut-Commissaire de l’ONU, tant pour ces enfants eux-mêmes que « pour le développement pacifique et durable des pays qui les ont accueillis… » (= si votre cœur n’est pas sensible à l’humanitaire, il y a un autre moyen de contrainte…)
 
Il faut payer pour éduquer dans les pays qui accueillent les réfugiés, comme au Liban, en Turquie et en Jordanie. Et payer chez soi. Et il va y avoir du boulot. Environ la moitié des 17,2 millions de réfugiés sous mandat du HCR sont supposés avoir moins de 18 ans.
 
Londres ne va pas y faire défaut, semble-t-il, quoi que puissent en dire les détracteurs du Brexit, qui paye déjà 1 million de livres sterling par jour pour la nourriture et l’hébergement, comme on le disait il y a quelques jours. La Grande-Bretagne a, certes, renforcé ses critères d’application pour le transfert de ces migrants mineurs non accompagnés à la fin 2016, laissant de côté l’« Amendement Dubs ». Mais le juge Peter Arthur Brian Jackson est là pour nous rappeler l’état d’esprit qu’il faut garder.
 

Clémentine Jallais