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A Calais, la police recherche un djihadiste parmi les migrants

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Un combattant de l’Etat islamique, soupçonné d’avoir rejoint Calais avec des migrants, est actuellement recherché par les forces de l’ordre. L’homme, qui a quitté la Syrie fin août, aurait pour intention de se rendre en Grande-Bretagne afin d’y commettre des actes terroristes. Il fait l’objet d’une fiche de recherche de type S, c’est-à-dire concernant la sûreté de l’Etat. Pour la police, la situation n’est pas simple : rien ne distingue en effet un djihadiste d’un migrant…
 
De fait, l’arrivée massive de migrants et de réfugiés, dépourvus pour la plupart de documents d’identité, sur le sol européen complique la tâche des autorités dans le domaine de l’antiterrorisme. Rien de plus facile, comme le soulignait il y a quelques jours Nigel Farage au Parlement européen, de jeter ses papiers avant d’arriver sur le territoire de Schengen… Et de source judiciaire on affirmait, ces dernières heures, craindre que « des combattants de l’Etat islamique ne profitent des flux migratoires pour gagner l’Europe ».
 

La police recherche un djihadiste dans la « jungle » de Calais

 
Quoi qu’il en soit, rien n’a transpiré sur l’identité du djihadiste actuellement recherché par les forces de l’ordre. Pas plus qu’on ne sait par quels moyens il a été repéré et approximativement situé. Mais le fait risque de se renouveler. En début de semaine déjà, deux djihadistes qui se faisaient passer pour des réfugiés politiques avaient été appréhendés en Hongrie.
 
A Calais, les forces de l’ordre ont reçu pour consigne d’interpeller le djihadiste recherché. Encore faut-il le trouver, le repérer. Interrogée mercredi à ce sujet, la préfecture du Pas-de-Calais s’est refusée à toute précision. Elle a néanmoins profité de l’occasion pour démentir formellement le bruit selon lequel une quarantaine d’enquêteurs seraient infiltrés parmi les migrants de Calais pour y détecter d’éventuels djihadistes. Démenti qui, au demeurant, ne prouve rien. On imagine mal la Préfecture en train de confirmer ce type d’information. Pourquoi ne pas donner, à ce moment-là, leurs noms et descriptions ?
 

Comment différencier un djihadiste d’un migrant ?

 
Du côté des associations humanitaires locales, on déclare que la présence d’un djihadiste dans la « jungle », ainsi se nomme le camp de Calais, est tout à fait possible puisqu’il s’agit d’une zone non contrôlée. Mais on préfère cependant ne pas attacher de réalité à cette idée. « Si un djihadiste veut aller en Angleterre, il n’a pas besoin de se cacher. Il aura de l’argent, un faux passeport, un réseau. Pas comme nos copains migrants qui galèrent pour demander l’asile ou pour passer en Angleterre », déclare un membre d’une de ces associations. Pas vraiment probant. Si les migrants manquent de tout, il ne serait pas particulièrement discret de disposer tant d’argent que de passeport, fût-il faux…
 
Précisons que le fichier français des personnes recherchées regroupe plusieurs centaines de milliers de personnes : évadés de prison et criminels, bien sûr, mais aussi mineurs en fugue, etc. La catégorie S, qui permet de répertorier les individus potentiellement dangereux pour la sûreté de l’Etat, compterait plusieurs milliers de fiches – sans plus de précision. Chacune d’elle comprend évidemment l’identité de la personne, son signalement et sa photo, mais aussi le motif de la recherche et l’attitude à adopter en cas de découverte de l’individu. Logiquement donc, le djihadiste de Calais n’a qu’à bien se tenir. Mais rien ne prouve qu’il se soit effectivement terré dans la « jungle » depuis qu’il a été repéré…
 

François le Luc