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La campagne présidentielle finit ce soir : voter pour éviter la fin de la démocratie ?

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Scandales à deux balles et engouements médiatiques programmés ont marqué une campagne présidentielle brouillonne. De quoi dégoûter le citoyen de voter et le séparer progressivement de la démocratie, pour hâter la fin de celle-ci et l’avènement de la gouvernance mondiale. Comment faire voter pour éviter le processus ?
 
Est-ce bien dans Divorce à l’italienne qu’un prêtre de jadis, de cette Eglise que l’évêque de Dublin et le pape François honnissent, disait en chaire, un dimanche de scrutin : « Mes frères, je n’ai pas de consigne politique à vous donner, mais votez démocrate et votez chrétien » ? Si un tel prêtre existait aujourd’hui, il aurait du mal à recommander à notre vote l’un des onze candidats à la présidentielle. La plupart ont en effet pour fonction de promouvoir, sur les ruines de la démocratie, une sorte de ploutocratie des sages, et aucun ne présente un programme compatible avec la doctrine chrétienne – même si François Fillon n’exclut pas de gouverner avec Sens Commun et si Marine Le Pen, seule de son espèce, a promis d’abroger la loi Taubira sur l’accouplement légal des homosexuels.
 

La campagne présidentielle finit de discréditer la démocratie

 
Le premier enseignement de cette campagne présidentielle est là : il n’y a pas sur le marché d’offre politique compatible avec le christianisme. De ce fait, même l’électeur qui se moque de voter utile ou non ne saurait faire un bon choix : nous en sommes réduit à opter pour le moindre mal.
 
Le deuxième enseignement a été relevé sans mal par toute la presse au long de la campagne : les histoires racontées à propos des candidats ont bien plus compté que leurs idées ou leur programme dans le récit médiatique. L’engouement pour Macron, la percée de Mélenchon, la chute de Hamon, les affaires de Fillon, la surprise des petits candidats. Avec la chronique renouvelée sans cesse des trahisons (Hamon) ou des ralliements (Macron, et, depuis qu’il « remonte », Fillon).
 

Ce n’est pas la campagne qui nous dira pour qui voter

 
Qu’auront appris les citoyens désireux de s’éclairer sur cette présidentielle pour comprendre avant de voter ? Que Fillon paie son château grâce à sa femme et ses enfants tout en faisant des économies de costumes, que Marine Le Pen a des opinions sur le Vel d’Hiv et Richelieu, et que Jean-Luc Mélenchon rend hommage à ses origines espagnole en soutenant les dictatures révolutionnaires hispanophones d’Amérique du Sud et en produisant dans ses meetings le patron de Podemos, Iglesias (Pablo, pas Julio).
 
Ce traitement de l’information donne des informations précieuses, non pas ce qui est dit lui-même, mais ce qu’il révèle. Ainsi par exemple le ralliement d’Alain Delon et la réponse de Fillon aux centristes et aux francs-maçons sur Sens Commun, qu’il n’exclut pas d’appeler au gouvernement, prouvent que le candidat des Républicains a désigné clairement son adversaire au premier tour, Marine Le Pen, et qu’il entend lui piquer son électorat de bobourgs (bourgeois réactionnaires, anciens bobos radicalisés par la crise, cristallisés au Trocadéro, le pendant droitier de Nuit Debout) pour prendre sa place et affronter Macron au deuxième tour – c’est la stratégie anti-Juppé, qui semble marcher, à en croire les sondages : on verra dimanche ce qu’il faut en penser.
 

Tous pourris en démocratie, inutile de voter ?

 
De même les ralliements d’Obama et Villepin, après ceux de Hue, Cohn Bendit et Le Drian confirment que Macron se moque des critiques rationnelles et des montages vidéo qui tendent à illustrer le grand écart idéologique et politique auquel il se livre : trop de contradictions tuent la contradiction, En Marche ne se cassera la figure que quand il s’arrêtera, il joue ouvertement la carte du n’importe quoi attrape-tout.
 
Tout cela n’est pas fait pour accroître la confiance du peuple en la démocratie. Les prétendus grands débats, à cinq ou à onze, en foire d’empoigne ou en monologues juxtaposés, hâtent eux aussi la fin du respect de nos institutions, à la fois par l’ennui qu’ils inspirent et par leur vacuité. Les petits candidats n’y ont pas petitement contribué. L’inanité de l’extrême gauche, le farfelu des inclassables, ont abaissé le discours public au dessous du niveau du zinc ; et les philippiques ordurières d’un Poutou ont ancré un peu plus le public dans l’idée que la démocratie politique est le règne des pourris.
 

Voter vraiment utile à la présidentielle ?

 
D’autant qu’aucune voix n’a su rappeler à la canaille en folie avec assez d’autorité que l’honneur d’un président ne se mesure ni à ses costumes, ni à ce qu’il dit de Richelieu, mais à sa capacité de reprendre le pouvoir que ses prédécesseurs ont peu à peu abandonné à Bruxelles, Francfort, New York et Genève.
 
Ces quelques évidences rappelées nous disent finalement comment voter. Si l’on souhaite accéder à la gouvernance mondiale par la voie chaviste, il faut sans conteste voter Mélenchon. Ceux qui gaspillent leurs voix sur Nathalie Arthaud, Philippe Poutou ou Jacques Cheminade, ceux qui restent fidèles à Hamon aussi, font le jeu de Macron.
 

Comment voter pour éviter la fin 

 
Ceux qui veulent une gouvernance mondiale social-démocrate ont le choix entre Emmanuel Macron dans le style hype, ouvertement multicultos et LGBT friendly, et François Fillon, nettement plus notaire de province, à la fois plus respectueux des rythmes de transformation sociale de la France et de l’entreprise traditionnelle.
 
Ceux qui entendent limiter le mondialisme et l’immigration doivent voter Marine Le Pen en se bouchant le nez sur certaines parties de son programme, en matière d’économie et de société. Il serait suicidaire pour eux de voter Dupont Aignan ou Asselineau, deux votes utiles à la gauche, puisqu’ils ont pour fonction et pour effet de grignoter surtout à la droite de la droite. Il n’est nullement assuré que Marine Le Pen soit au second tour, or, c’est le seul objectif antimondialiste sérieux. Il n’est d’ailleurs pas dit que, si trop de citoyens votent Asselineau et Dupont-Aignan, et que la gauche est disciplinée, on n’aie pas un second tour Macron – Mélenchon : la catastrophe, à éviter à tout prix.
 

Pauline Mille