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Amoris Laetitia : le cardinal Burke appelle à rétablir la foi dans l’Église catholique

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Devant le Life Forum réuni à Rome, le cardinal Raymond Burke a donné une lecture catholique de l’exhortation sur la famille Amoris Laetitia et appelé les fidèles à résister aux faux enseignements dans l’Église, à rétablir la foi par une nouvelle évangélisation fondée sur une vraie catéchèse, en allant si besoin jusqu’au martyre.
 
Les réflexions personnelles du pape François ressemblent à certains textes du Concile Vatican II en ce qu’elles sont chatoyantes et se prêtent ainsi aux interprétations les plus diverses. Aussi le cardinal Burke a-t-il pratiqué sur Amoris Laetitia une herméneutique de la continuité afin d’éclairer la conscience catholique des ouailles qui l’écoutaient. Le pape François ayant critiqué « l’idéal de mariage » parfois proposé, « trop abstrait », Burke lui a emboîté le pas en déplorant la  « perspective mondaine qui s’impose de plus en plus, une perspective centrée sur l’homme et sur le monde, spécialement au sein de l’Église elle-même. » Une perspective mondaine qui mène certains à faire « référence à la réalité objective de la grâce du mariage comme à un simple idéal auquel nous cherchons plus ou moins à nous conformer. »
 

Le cardinal Burke rappelle la doctrine catholique

 
A la cette vision mondaine, le cardinal oppose la vision catholique, sub specie aeternitatis, fondée sur la foi et la droite raison. Sans craindre de rappeler le « principe de non-contradiction, à savoir la loi selon laquelle une chose ne peut pas être et ne pas être sous le même rapport en même temps. Par exemple, il ne se peut que l’Église professe la foi en l’indissolubilité du mariage, en accord avec la loi de Dieu imprimée dans chaque cœur humain et annoncée dans la parole du Christ, et qu’en même temps elle permette l’accès aux sacrements de ceux qui vivent publiquement en violation de l’indissolubilité du mariage. Si une personne qui vit publiquement en violation de son lien matrimonial est autorisée à accéder aux sacrements, alors soit le mariage » n’est pas indissoluble, soit le sacrement de l’Eucharistie n’est pas le Corps du Christ et la rencontre avec le Christ dans le sacrement de pénitence ne requiert pas la ferme intention d’amender nos vies, c’est-à-dire l’obéissance à la parole du Christ : « Va et ne pèche plus. »
 

Le cardinal Burke au secours des « illettrés de la foi »

 
Mettre en accord la raison avec elle-même, mettre en accord la foi et les œuvres (« surmonter la rupture entre l’Évangile et la vie »), nécessite d’abord, pour le cardinal Burke, d’en finir avec des « décennies de catéchèse pauvre, voire fausse », pour rétablir une vraie catéchèse. Citant saint Jean-Paul II et son successeur Benoît XVI, le cardinal a prêché la nécessité de la « nouvelle évangélisation » d’abord dans l’Église catholique elle-même, afin de sauver les « illettrés en matière de foi », les âmes qu’on laisse se perdre faute d’enseignement. Le cardinal Burke a aussi rappelé le devoir, tracé par Jean-Paul II, de « refaire le tissu chrétien de la société humaine ».
 
Si certains comprennent mal la doctrine constante de l’Église catholique sur la communion et les divorcés « remariés », c’est, selon le cardinal Burke, qu’ils n’ont plus une notion claire de ce que sont la messe dominicale, le sacrement du pardon, la présence réelle de Notre Seigneur dans l’hostie, la dévotion eucharistique.
 

Amoris Laetitia : le martyre nécessaire à rétablir la foi dans l’Église

 
Aussi Burke, s’élevant à un niveau plus haut et plus général, a parlé du « prix à payer » pour suivre le Christ et connaître la joie des saints. Il a longuement prêché, en citant un jésuite, le père Hardon, la nécessité du « martyre, martyre de sang », très rare, « martyre de persécution », encore rare, et « martyre de témoignage », beaucoup plus courant, qui résulte simplement de la nécessité pour le chrétien d’annoncer l’Évangile et de le vivre dans un monde sécularisé et hostile. En particulier quand il s’agit de défendre et d’incarner la famille chrétienne sous des gouvernements qui vont « jusqu’à promouvoir les violations les plus graves de la loi morale, par exemple l’avortement, l’euthanasie, le prétendu « mariage » des couples de même sexe ». Un message clair pour rétablir la foi dans l’Église, condition sine qua non à vivre en chrétien dans une société foncièrement anti catholique.
 

Pauline Mille