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Le cardinal polonais Wyszynski désormais vénérable

cardinal polonais Wyszynski vénérable
 
Le cardinal Stefan Wyszynski, persécuté par le régime communiste en Pologne, vient de franchir la première étape de la procédure qui pourrait le mettre un jour sur les autels avec la reconnaissance de ses vertus héroïques. Désormais « vénérable », il fait partie des huit serviteurs de Dieu dont l’héroïcité des vertus est désormais établie, ouvrant la voie à leur béatification. Le pape François a autorisé lundi, en recevant le cardinal Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, la publication du décret correspondant. Chose faite dès le lendemain. Ce décret reconnaît en outre le martyre des Serviteurs de Dieu Teodoro Illera Del Olmo, prêtre de la Congrégation de Saint-Pierre-aux-liens, et de quinze de ses compagnons, tués en haine de la foi pendant la persécution religieuse en Espagne en 1936 et 1937.
 

Les vertus héroïques du cardinal Wyszynski

 
De ces nouveaux vénérables et martyrs le cardinal polonais Stefan Wyszynski, cardinal de la Sainte Eglise Romaine, archevêque Métropolite de Gniezno et Varsovie, Primat de Pologne, né à Zuzela le 3 août 1901 et décédé à Varsovie le 28 mai 1981 est sans aucun doute le mieux connu.
 
On sait le rôle que ce prélat a joué auprès de Karol Wojtyla, comme Primat de Pologne, et jusqu’à son élection, le dissuadant de prendre comme nom, après celle-ci, celui de Stanislas. Il meurt quinze jours après l’attentat perpétré contre le Saint-Père, pour lequel il aurait alors offert sa vie à la Vierge Marie.
 
Comme prêtre, Stefan Wyszynski vécut dans la clandestinité durant l’occupation allemande, dispensant les secours de la religion aux mourants, aussi bien polonais qu’allemands.
 

Le vénérable ami du pape polonais Jean-Paul II

 
Comme Primat, il s’opposa avec force au gouvernement communiste, ce qui lui valut plusieurs années d’emprisonnement – mais aussi la barrette cardinalice. En quittant le Palais épiscopal de Varsovie, il n’emporta que son bréviaire et son rosaire. A une religieuse de son entourage, il déclara en effet : « Ma sœur, je n’emporte rien. Je suis entré pauvre dans cette maison et pauvre je mourrai. »
 
Incarcéré pendant trois années, il subira de nombreuses pressions psychologiques qu’il rapporte dans le récit de son emprisonnement, soulignant que celui-ci lui permit d’accroître sa vie spirituelle.
 

Adversaire résolu du communisme et défenseur de la foi

 
Le procès en béatification de Stefan Wyszynski fut ouvert le 29 mai 1989 à l’initiative de Jean-Paul II. A compter de mars 2012, une enquête sur une guérison miraculeuse obtenue par son intercession a été ouverte. Il s’agissait de la guérison d’une jeune femme qui souffrait d’un cancer. Si celle-ci est reconnue comme miraculeuse, Stefan Wyszynski pourrait être béatifié. La reconnaissance de ses vertus héroïques est une première étape dans cette voie.
 
Plusieurs monuments et lieux portent aujourd’hui son nom. A Paris, c’est ainsi le cas d’un square sis devant l’église Notre-Dame du Travail, dans le quatorzième arrondissement. La plaque portant son nom porte, outre la mention de sa qualité de Primat de Pologne, l’affirmation qu’il fut « défenseur des droits de l’homme ». C’est assurément assez réducteur lorsqu’il s’agit d’exprimer qu’il eut à souffrir, héroïquement, pour la défense de la foi…
 

Hubert Cordat