Le billet
Vers le jardin d’enfants global
La charte anti-discriminations d’Airbnb accentue l’emprise totalitaire de la société sur l’individu

Charte Discrimination Airbnb

Les utilisateurs d’Airbnb devront adhérer à un engagement contre le racisme pour continuer à utiliser le site.


 
La plate-forme communautaire de location Airbnb vient d’imposer une charte anti-discriminations à ses adhérents : s’ils la refusent ils ne pourront plus louer. Cela accentue l’emprise totalitaire sur l’individu, forcés de s’incliner pour survivre, et provoque l’infantilisation de la société, transformée en jardin d’enfants global.
 
Si vous avez un appartement trop grand ou une maison de famille dont les toits prennent l’eau, vous avez sûrement affaire à Airbnb : ce n’était à l’origine qu’une « plate-forme » de location parmi d’autres, comme Abritel ou Le bon coin, mais la nature d’un système totalitaire est à la concentration, et Airbnb est devenu comme Google, d’abord simple moteur de recherche, une machine que tout le monde utilise. Et comme toutes les énormes machines, elle se trouve tenue, pour continuer à croître, à respecter et diffuser la bonne parole. Ainsi la plupart des multinationales ont-elles leurs propres textes anti discriminations, antiracistes et LGBT friendly. Leurs employés les suivent. Avec la charte d’Airbnb, un nouveau pas est franchi : les clients doivent marcher sous peine d’être exclus. Il faut montrer une barbotteuse toute blanche pour entrer dans le jardin d’enfants global.
 

Un proche d’Obama pour la charte anti-discrimination d’Airbnb

 
Nous voilà donc partis en campagne contre « les préjugés et les discriminations au sein de la communauté Airbnb » La plate-forme a engagé à cet effet Eric Holder, l’ancien ministre de la justice d’Obama, militant actif de la soumission du droit américain au lobby LGBT. Tout « membre », c’est-à-dire tout client d’Airbnb, doit prendre l’engagement de « traiter chacun avec respect, sans jugement ou préjugé, et sans distinction de race, religion, origine nationale, ethnicité, handicap, sexe, identité de genre, orientation sexuelle ou âge ». Autrement dit, on ne peut trier ses clients selon ces critères : si l’on veut passer par A irbnb, on est obligé d’abandonner sa maison à toutes les minorités spécialement protégées par les lois « anti-discriminations ». Et fermer les yeux sur les partouzes compliquées dans la chambre de tante Agathe.
 
Cela bien sûr aux noms des valeurs d’une « communauté ouverte » qui vise à favoriser « le partage d’expérience » et la « diversité », valeurs reposant sur « deux principes fondamentaux, l’inclusion et le respect ».
 

Individu au jardin d’enfants global et société totalitaire

 
C’est au nom du respect que le loueur sera privé du droit de choisir ses locataires, au nom de l’inclusion qu’il sera exclu s’il regimbe, et cela rétrospectivement : les réservations conclues avant le premier novembre seront annulées si le loueur refuse la charte d’Airbnb.
 
Autre particularité juridique : si vous le souhaitez, vous pouvez refuser l’accès de votre bien aux amateurs de pipe et aux personnes accompagnées d’animaux et placarder sur votre porte l’inscription : interdit aux chiens et aux fumeurs. Ils ne font pas partie des minorités spécialement protégées.
 
La liberté laissée au client est donc strictement orientée. Dans le jardin d’enfants global qu’est devenu notre société, on s’est d’abord occupé de détruire la structure morale intérieure de l’individu pour mieux lui dicter sa conduite par des injonctions et des incitations extérieures, ici la petite gratte que lui permet de faire Airbnb. Il faut souscrire à la charte édictée par la maîtresse politiquement correcte pour avoir droit au quatre heures à la récré.
 

Pauline Mille