La Chine félicitée pour ses progrès en matière de don d’organes par les organisations internationales – dont l’Académie pontificale des sciences

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La Chine avait participé le mardi 7 février 2017, à une Conférence sur les dons d’organes à l’Académie pontificale des sciences, sur invitation du Vatican.


 
Le Global Times lance un cocorico à la chinoise : le journal anglophone contrôlé par le parti communiste chinois se réjouit des félicitations adressées à la Chine par diverses organisations internationales qui ont salué les progrès réalisés par ce pays en matière de don d’organes. La lettre de félicitations porte la signature des présidents et aux responsables de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Académie pontificale des sciences (PAS), et de The Transplantation Society (TTS) et de la Declaration of Istanbul Custodian Group (DCIG), deux organismes internationaux veillant sur les pratiques « éthiques » dans le secteur des greffes d’organes vitaux.
 
Adressée à l’ancien vice-ministre de la santé Huang Jiefu, qui préside actuellement le comité national chinois de don et de greffe d’organes humains, leur lettre vient assurer la Chine de la reconnaissance internationale à une semaine de la tenue d’une conférence sur la transplantation d’organes à Kunming, au sud-ouest du pays. Y sont attendus de nombreux responsables internationaux, parmi lesquels Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, président de l’Académie pontificale des sciences.
 

L’Académie pontificale des sciences épatée par la Chine communiste

 
Celle-ci avait pour la première fois accueilli des représentants chinois, Huang Jiefu notamment, lors d’une conférence sur les dons d’organes tenues ouvertes en février dernier : un geste qui avait suscité de nombreuses protestations.
 
La lettre salue la réforme des pratiques de dons et de greffes entreprise en Chine qui a décidé en 2015 de cesser d’avoir recours aux organes prélevés sur les corps de prisonniers exécutés à des fins de transplantation en faisant – au moins sur le papier – du don volontaire la seule source légitime d’organes pour les greffes. Huang a précisé que la lettre des institutions internationales reconnaît le « modèle chinois » qui vise à « construire un système ouvert, transparent et stable de don et de distribution d’organes ». Il a qualifié la lettre d’« historique ».
 
Il faut préciser que celle-ci évoque également les attentes des organismes internationaux à l’égard de la Chine qu’ils veulent voir engagée au service de la « gouvernance globale » dans le secteur.
 
La réputation chinoise en matière de greffes était naguère effroyable : la lettre de félicitations officielles, qui reconnaît le caractère « éthiquement approprié » nouveau programme chinois de don et de greffe, constitue à cet égard une sorte de révolution. Les quatre organismes nommés pouvaient-ils se porter garants pour autant de l’arrêt de toutes les pratiques abusives du corps médical et des autorités chinoises ? On se le demande. Des journalistes continuent d’affirmer que les prélèvements illégaux se poursuivent – des accusations rejetées comme « ridicules » par Huang.
 

Les organisations internationales saluent la réforme chinoise du don d’organes

 
Cela dit, la propagande et le mensonge sont connaturels au communisme, ce qui devrait inciter à la circonspection. La participation de l’Académie pontificale des sciences a cette entreprise de louange de la Chine pose décidément question !
 
Mais le scandale véritable est encore plus grand si l’on considère que prélèvement et la greffe d’organes vitaux se fait sur le fondement de la définition de la « mort cérébrale », très variable d’un pays à l’autre, et qui suppose de récupérer les organes sur des patients dont le cœur bat toujours. Ces personnes sont ventilées pour préserver le fonctionnement de leurs organes vitaux dont l’extraction cause directement leur mort – si l’on peut dire – définitive. La pratique pose de graves problèmes moraux – surtout si l’on pense au fait que la définition de la mort a été modifiée en vue de permettre ce type de prélèvements. Que le don soit volontaire ou non est dès lors tout à fait secondaire.
 

La Chine, félicitée par l’OMS

 
Mgr Marcelo Sanchez Sorondo participe là à nouvelle action pour le moins controversée, s’inscrivant parfaitement dans sa politique d’ouverture aux idées-forces de la politique globaliste de cession de pouvoir aux organisations internationales, que ce soit dans le domaine de la santé ou de la lutte contre le « changement climatique ».
 
Huang a ainsi cité la lettre de félicitations qui exprime l’espoir de voir la Chine contribuer davantage à la mise en place d’un groupe de travail de l’OMS sur le don d’organes, en application d’une initiative présentée précisément par la Chine lors de la réunion de l’Académie pontificale des sciences en février dernier. Elle s’inscrit dans le cadre du mémorandum en vue de la coopération en matière de santé signée par la Chine et l’OMS dans le cadre de la Nouvelle route de la soie, signé lors de la visite du président Xi Jinping à l’OMS en janvier dernier.
 
Le nombre de greffes d’organes vitaux ne cesse quant à lui d’augmenter en Chine : lors de sa conférence de presse, mercredi, Huang Jiefu a annoncé que d’ici à 2020, c’est elle qui pratiquera le plus grand nombre d’opérations de transplantation au monde, forte d’un « esprit humanitaire » que la communauté internationale salue déjà largement, a-t-il noté.
 
L’« esprit humanitaire » d’un pays communiste qui persécute toujours ses dissidents et dont la politique cruelle de contrôle des naissances ne semble plus déranger personne dans le monde de la « gouvernance globale »…
 

Jeanne Smits