Li Keqiang, Premier ministre de la Chine, plaidera pour la gouvernance globale à l’ONU

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Arrivée de Li Keqiang à New-York le 18 septembre 2016.


 
Toujours très instructive, la presse chinoise sous contrôle du parti communiste réfléchit sur la nouvelle session de l’assemblée générale de l’ONU qui s’ouvre à New York. Pour cette 71e édition, le Premier ministre Li Keqiang plaidera au nom de la Chine pour la « gouvernance globale », assure un éditorial du Global Times. Il doit également se rendre à un sommet sur la crise des « réfugiés », qui ne touche guère son pays mais dont il entend tirer argument pour promouvoir un règlement international des problèmes globaux. Sa visite s’achèvera par une rencontre avec Barack Obama en attendant son envol pour le Canada, puis Cuba.
 
C’est le professeur Zhang Haibin, professeur à l’Ecole des études internationales de l’université de Pékin, non moins contrôlée par le parti communiste chinois, qui a prédit pour le Global Times la teneur de l’allocution de Li Keqiang. De quoi parlera-t-il ? De l’expérience de la Chine en matière de promotion du développement durable et de sa manière d’envisager l’avenir. « La gouvernance globale est un sujet significatif pour l’ONU à ce moment précis, et le monde veut entendre ce que la Chine a à en dire », a-t-il déclaré au journal.
 

A l’ONU, le Premier ministre chinois évoquera le développement durable

 
La promotion du développement durable à la manière chinoise fait tordre de rire : il n’y a pas de pays plus pollué et à l’aune des réchauffistes (qui se préoccupent uniquement de dioxyde de carbone) la Chine est le pire élève mondial, responsable de près du tiers des émissions de CO2, deux fois plus que les Etats-Unis. Et son modèle de développement sur les quinze années à venir repose sur la mise en route de nouvelles centrales à charbon et une forte augmentation, en termes absolus, des émissions. Que la Chine vienne donner des leçons est un scandale, même et surtout si l’on se place du point de vue de ceux qui croient en l’origine humaine d’un réchauffement qu’ils s’obstinent à prétendre constater, malgré les faits. Bien sûr, c’est l’activité industrielle chinoise est en cause : mais elle correspond à la volonté non dissimulée d’en faire et de continuer d’en faire « l’atelier du monde », à n’importe quel prix. Pollution et tyrannie en Chine, chômage et appauvrissement dans les pays développés…
 
Mais le développement durable, c’est plus que cela. Ce sont les « Objectifs du développement » (ODD) mis en avant par l’ONU, avec toute leur dimension totalitaire et en particulier leurs mesures visant à contrôler la population mondiale. Suivant l’exemple chinois… même si les ODD insistent sur l’accès volontaire à la contraception et – plus discrètement – à l’avortement.
 

Li KeQiang, ambassadeur de la gouvernance globale, avec la Chine au sommet ?

 
Pour Zhang Haibin, qui a forcément l’oreille du pouvoir, « le sommet du G20 à Hangzhou a déjà abordé les affaires économiques, il est donc temps pour que la Chine présente des suggestions plus détaillées en vue d’utiliser les moyens économiques afin d’atteindre les objectifs de l’ONU en matière de développement durable ». L’idée est clairement de renforcer les liens entre la Chine et l’ONU, assure de son côté Ruan Zongze, président délégué exécutif de l’Institut des études internationales de Chine.
 
Les propositions que Li Keqiang fera à New York porteront notamment sur le développement économique, le combat contre la pauvreté, l’égalité de genre et la protection de l’environnement : rien que de très classique du point de vue du mondialisme en marche. En particulier, la création de la Route de la soie doit fournir les infrastructures permettant « l’interconnectivité » et la coopération économique dans toute la région de l’Eurasie et de l’Afrique où vit plus de la moitié de la population mondiale pauvre.
 

Problèmes globaux, solutions mondiales : la Chine promeut les ODD de l’ONU

 
Selon Zhang, la Chine est pleinement disposée à participer à la gouvernance globale, mais à une échelle limitée du point de vue de l’engagement : « Le monde ne peut pas se contenter de demander à la Chine de donner de l’argent pour résoudre chaque problème ; le développement durable exige un effort collectif. » Elle entend aussi « contribuer » du point de vue de la réflexion politique : elle entend ainsi « donner des perspectives plus profondes qui permettront aux membres de l’ONU de discuter de la crise des réfugiés », a-t-il dit.
 
Pour cela il faudrait, selon la Chine, reconnaître que la crise des réfugiés n’a pas seulement été déclenchée par la guerre au Proche-Orient : « D’autres facteurs comme le changement climatique et la pollution sont également à la racine des crises alimentaires et du manque d’eau, mais peu nombreux sont ceux qui relient ces problèmes à la crise des réfugiés », affirme Zhang. C’est l’argumentation de ceux qui veulent faire porter aux « pays riches » le poids de la misère du pays du Tiers-monde, et justifier l’ouverture des frontières de l’Europe aux flots de clandestins.
 
Ce sont aussi les arguments avancés pour les abandons de souveraineté, car du constat de problèmes globaux à l’affirmation selon laquelle il faut régler ces problèmes de manière globale, en imposant toujours plus de dictature climatique, il n’y a qu’un tout petit pas. La Chine est manifestement prête à prendre la direction de ces efforts : en vue d’asseoir son propre pouvoir, et contribuer à la mise au pas du monde.
 

Anne Dolhein