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Chrétiens d’Orient : le cardinal Sandri dénonce une trahison

Chrétiens d’Orient : le cardinal Sandri dénonce une trahison
 
Le préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, le cardinal argentin Leonardo Sandri, est en Irak depuis le vendredi 1er mai pour « une visite de solidarité » auprès des chrétiens d’Orient. Si le terme a le défaut d’être flou, galvaudé et démocratique, le cardinal Sandri n’a pas pour autant l’intention de garder sa langue dans sa poche, qui n’a pas hésité à dénoncer une « trahison » de la communauté internationale.
 
Au programme : rencontres diverses avec les dignitaires religieux – les patriarches Sako (Chaldéens) et Ignace Younan (Syriaques), l’ensemble des évêques régionaux, les supérieurs religieux, etc. – et les responsables d’œuvres dont l’objectif est de porter secours aux chrétiens persécutés d’Orient.
 
Si la solidarité – puisque le mot est au programme – est importante, le cardinal n’entend pas s’en tenir là. Il faut en effet agir pour que l’Eglise reste présente dans ces pays qui sont d’authentiques et très anciennes chrétientés. C’est d’ailleurs le vœu très cher exprimé par le patriarche chaldéen qui tente, avec peu de succès jusqu’ici, de faire revenir en Irak des prêtres et religieux qui se sont réfugiés dans la diaspora, notamment aux Etats-Unis.
 

Le cardinal Sandri au secours des chrétiens d’Orient

 
A cette tâche délicate et importante, le cardinal Sandri s’est dit sensible, et il a promis d’appuyer les autorités religieuses en ce sens. Et ce d’autant plus, sans doute, que son voyage intervient au lendemain du voyage du patriarche maronite Bechara Raï, venu en France et à l’Unesco, lancer un cri d’appel au secours en faveurs des chrétiens d’Orient.
 
Mais il a été plus loin dans cette défense des chrétiens persécutés, en pointant les diverses responsabilités. Lundi, au cours d’une homélie qu’il n’a pu en définitive prononcer, mais dont il a transmis le texte à ses hôtes, le cardinal a dénoncé une certaine lâcheté et pointé du doigt les responsabilités dans le drame de ces chrétiens : « On perçoit la trahison même dans le silence qui a duré trop longtemps de la communauté internationale, ou l’abandon par les forces nationales et régionales qui avaient offert au début des garanties de protection. »
 

Le préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales dénonce une trahison

 
Il a condamné également les exactions et les crimes des agresseurs islamistes, soulignant que les fidèles avaient vécu « dans leur propre chair cette trahison des autres : de ceux qui ont assailli et pris leurs maisons et leurs biens, de ceux qui ont profané leurs temples où on enseigne la paix, croyant faire triompher une idée de violence et de mort, de ceux qui ont violenté et volé la jeunesse des enfants et des jeunes filles pour satisfaire leurs bas instincts ».
 
« Nous nous agenouillons, a-t-il ajouté, devant votre expérience et votre douleur, face à vos silences et à votre abnégation, face à vos proches enlevés et à vos morts. »
 
Tel est le risque terrible de l’homme qui s’oppose à Dieu : « Quand l’homme cesse d’être fidèle au Dieu de l’alliance, il finit par ne pas même être fidèle à sa propre humanité et à celle de ses frères et sœurs avec lesquels il a peut-être vécu jusqu’au jour précédent. »
 
Malgré tout, malgré toute cette horreur, malgré toute cette souffrance, le cardinal Sandri a exhorté les habitants de ces terres chrétiennes à ne pas oublier Dieu car, « alors que l’homme mentait et trahissait, Dieu est demeuré fidèle. Il vous a rendus proches et conformes à l’image même du Christ son Fils ».
 

François le Luc