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DOCUMENTAIRE
Cinéma mon amour ♥


 
Cinéma mon amour est, comme le titre l’indique, un cri d’amour en faveur du cinéma, non seulement des films, mais aussi du cinéma au sens de salles obscures. Ce film est une forme de documentaire, très libre dans sa forme, et qui tient avant tout du portrait d’un des derniers exploitants de cinémas en Roumanie, surnommé « Oncle Victor ». Nous apprenons ainsi que dans ce pays de plus de 20 millions d’habitants, les cinémas sont tout simplement en train de disparaître, avec une trentaine de salles pour tout le pays, dont beaucoup sont en outre menacées de fermeture. Il y avait plus de 400 cinémas en Roumanie de 1989, ce qui n’était déjà pas si considérable. Les cinémas, secteur non-prioritaire, ont complètement échoué à réaliser la transition du modèle socialiste au modèle libéral. Peu ou pas formé, les gestionnaires auraient conduit assez systématiquement les établissements à la faillite. Il y a aussi l’évolution des modes de consommation du cinéma : les films sont de plus en plus vus directement sur ordinateur, via internet, dans le cadre du domicile. Le propriétaire du cinéma en question, le Dacia, prétend que ce bouleversement des usages n’est pas la première cause de la disparition des cinémas ; c’était probablement vrai pour les années 1990, moins maintenant.
 
Le directeur du Dacia, dernier cinéma d’une ville roumaine moyenne jamais précisée, sauf distraction de notre part, se donne donc beaucoup de mal pour assurer la survie de son établissement. Il réalise tous les travaux lui-même, des rénovations de façade à la peinture, en passant par le chauffage. La grande salle unique de 1000 personne n’en reste pas moins très difficilement chauffable durant le rigoureux hiver roumain ; l’établissement conseille à ses rares clients la zone la plus chaude de la salle, après diverses mesures des températures, et fournit toutes les couvertures nécessaires ! Le directeur effectue aussi un bref voyage d’étude à l’étranger : comment font donc les cinémas allemands pour survivre ? L’Allemagne est décidément le modèle de toute l’Europe, dans tous les domaines. En fait, ils disposent de moyens financiers autrement plus considérables, ce qui leur donne la possibilité de transformer leurs établissements en lieu de divertissements diversifiés, confortables, beaucoup plus attractifs.
 

Cinéma mon amour, un portrait impressionniste

 
Cinéma mon amour s’avère profondément triste. Malgré tous les efforts de son équipe, le Dacia paraît à l’évidence condamné. La très vaste salle de 1000 places n’accueille souvent que quelques spectateurs. Et encore, les adolescents, une bonne partie du public, peu nombreux quand même, sont attirés par des demi-tarifs paternels amicaux de « l’Oncle Victor », sûrement pas très rentables pour le cinéma. Ce cinéma n’avait attiré les foules, remplissant la vaste salle, qu’une fois, lors de la sortie de Titanic , en 1997 ! Depuis le tournage en 2014 – chose indiquée en crédits de fin, mais le spectateur qui fréquente régulièrement les salles obscures l’avait deviné à la programmation – le cinéma a probablement fermé.
 
Cinéma mon amour est certainement émouvant. Toutefois, sur le seul plan du spectacle, il manque parfois de rythme et de structuration de son propos, préférant esquisser un portrait impressionniste.
 

Hector JOVIEN

 
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