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Première mondiale : le clonage de singes macaques en Chine risque d’ouvrir la voie à celui des êtres humains

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C’est inédit dans l’histoire mondiale : pour la première fois, deux singes clonés à la manière de la brebis Dolly sont nés en Chine. Zhong Zhong et Hua Hua sont des macaques génétiquement identiques et ils sont nés, à deux semaines d’intervalle, à la suite d’une procédure de clonage à part entière – il ne s’agit pas de jumeaux artificiellement obtenus par la scission délibérée d’un embryon. C’est donc la première fois que l’on se trouve face à un clonage réussi de primates, un succès qui inquiète la communauté scientifique dans la mesure où il risque d’ouvrir la voie au clonage des êtres humains.
 
Le nom de l’unité de recherche de l’Institut de neurosciences de l’Académie chinoise des sciences qui a obtenu ce résultat sans précédent est tout un programme : il s’agit du « centre de recherche sur les primates non humains » dirigés par Qiang Sun. Celui-ci a attiré l’attention sur les nombreux échecs rencontrés par son équipe, échecs liés précisément à la difficulté spécifique du clonage des singes dont les divisions cellulaires et le développement dans les premiers stades de la vie sont beaucoup plus compliqués que chez les autres animaux.
 

Deux singes macaques clonés sont nés en Chine

 
Selon l’étude publiée par le journal scientifique Cell, les chercheurs ont réussi à contourner ce problème en interrompant l’activité et en rallumant certains gènes qui empêchaient le développement normal des embryons clonés.
 
Il n’a donc pas suffi de procéder à un clonage ordinaire, même si tous les éléments de celui-ci étaient présents. Les chercheurs ont procédé en prélevant des cellules sur un singe à cloner et en les énucléant, en même temps que les ovules non fécondés d’un macaque femelle étaient récupérés pour en extraire le noyau, fusionné ensuite avec les cellules adultes du premier singe au moyen d’un courant électrique. Les embryons « reconstruits » ont ensuite été observés plusieurs jours en éprouvette avant d’être implantés chez une « mère porteuse ». Deux naissances se sont produites, à 15 jours d’intervalle, de deux singes ayant exactement le même ADN que le macaque donneur de cellules adultes de départ.
 
Selon les chercheurs, les deux individus croissent normalement. Pour eux, l’intérêt de la technique consiste à pouvoir créer une armée de macaques génétiquement identiques utilisables pour la recherche. Plusieurs autres procédures seraient en cours.
 

La première mondiale du clonage de macaques ouvre la voie à celui des êtres humains

 
Si la perspective de pouvoir fabriquer un jour des êtres humains ainsi à la chaîne affole de nombreux chercheurs, le simple fait de cloner des macaques a lui-même suscité des critiques qui ne manquent pas de surprendre dans un monde où l’avortement est présenté comme un droit et où la recherche sur les embryons humains est une réalité, et en fait souvent en droit. Ainsi, la directrice de GeneWatch UK a mis en évidence la « souffrance énorme » imposée aux animaux alors que de nombreux essais n’ont pas réussi – il ne s’agit pourtant pas d’êtres humains… Même son de cloche chez l’association de défense des droits des animaux PETA UK qui dénonce un vrai « film d’horreur » caractérisé par le gaspillage de vies, de temps et d’argent, sans compter la « souffrance inimaginable » liée à ces expérimentations, alors que le clonage affiche un taux d’échec de 90 % au moins.
 
A quand une telle sollicitude pour les embryons humains ? Et les morts en série des fécondations in vitro ?
 
Mais aussi : comment faire confiance à la Chine, qui dans le domaine éthique admet à peu près n’importe quoi, pour qu’on ne s’y lance pas dans le clonage humain ?
 

Jeanne Smits