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Nouvel essai balistique réussi par la Corée du Nord : Kim Jong-un se vante d’avoir fait de la Corée du Nord un nouvel Etat nucléaire

Corée Nord Kim Jong un nucléaire balistique
 
La Corée du Nord est-elle entrée dans le club des puissances nucléaires ? Si des doutes subsistent encore sur sa capacité à miniaturiser les bombes et à les monter dans des ogives ainsi que sur la précision que pourraient avoir ses frappes, depuis hier il semble acquis que Pyongyang est à même de lancer des missiles balistiques dont la portée dépasse largement le point le plus éloigné du territoire des États-Unis. D’après le régime communiste, son missile aurait atteint une altitude de 4.475 km avant de retomber en mer du Japon 53 minutes après son décollage. Jamais auparavant un missile nord-coréen n’avait atteint une telle hauteur.
 

Après le tir réussi d’un missile balistique intercontinental, Kim Jong-un se vante d’avoir fait entrer la Corée du Nord dans le club des puissances nucléaires

 
« On va s’en occuper », « c’est une situation que nous allons gérer », a tenu à rassurer le président américain Donald Trump dont le pays est la cible préférée des menaces verbales de Pyongyang. De son côté, la télévision d’Etat nord-coréenne annonçait : « Kim Jong-un a déclaré avec fierté que nous avons enfin réalisé notre grande cause historique, la construction d’une force nucléaire d’État ». La Corée du Sud a réagi six minutes après le lancement du missile nord-coréen en lançant trois de ses propres missiles afin de démontrer au Nord ses capacités de réaction en cas d’attaque. Le tir de précision sud-coréen en direction de la mer a suivi une trajectoire simulant la distance séparant les missiles de leurs cibles potentielles en Corée du Nord. Le président sud-coréen Moon Jae-in a estimé que la menace balistique nord-coréenne pourrait contraindre les Etats-Unis à une attaque préventive avant que le Nord ne parvienne à maîtriser la technologie permettant de monter des ogives nucléaires, ce qui ne saurait tarder.
 
Le gouvernement japonais s’est quant à lui réuni en urgence et le premier ministre Shinzō Abe a convenu au téléphone avec Donald Trump qu’il fallait que la Chine s’engage davantage pour résoudre cette crise. On a bien sûr eu droit aux condamnations et aux appels à la raison habituels de la part des dirigeants mondiaux, même si l’on sait qu’ils sont sans effet sur Pyongyang.
 

La Chine communiste est le seul pays à pouvoir faire cesser le programme nucléaire militaire de la Corée du Nord

 
Car c’est de toute façon le régime communiste de Pékin, sans qui la Corée du Nord ne pourrait continuer de subsister et encore moins de développer un programme de construction de missiles nucléaires intercontinentaux, qui détient les clés de la résolution du problème. La question qui se pose porte donc sur les réelles motivations des communistes chinois, qui prétendent soutenir et appliquer les sanctions de l’ONU contre leur allié nord-coréen. S’agit-il de négocier un désengagement américain en Corée du Sud – mais l’effet obtenu est pour le moment inverse – ou plutôt de pousser les grandes puissances à renforcer le rôle de l’ONU et la gouvernance mondiale en se servant de la Corée du Nord comme épouvantail ?
 

Olivier Bault