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En finir avec les réseaux sociaux : un ingénieur informatique avertit des dangers de Facebook

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Le New York Times publie la tribune d’un ingénieur informatique de la « génération Y » – celle qui ne se souvient pas du temps sans Internet – qui a décidé de se tenir loin, une fois pour toutes, des réseaux sociaux. Qu’il s’agisse de Facebook, Twitter, Instagram ou les autres, il s’agit pour lui d’une décision qui s’impose : « Votre carrière pourrait en dépendre », avertit le titre de ce texte iconoclaste par les temps qui courent.
 
Cal Newport est tout sauf réfractaire à l’informatique. C’est son métier ; il écrit aussi des livres et anime un blog. « Sur le plan des statistiques démographiques, je devrais être un utilisateur assidu des réseaux sociaux, mais ce n’est pas le cas. Je n’ai jamais eu un compte auprès d’un réseau social », explique-t-il. Cela n’a aucun intérêt professionnel, quoi qu’on en dise, et en outre, c’est mauvais pour le cerveau. Il ne parle même pas des problèmes plus communément abordés à propos de ces réseaux : la manière dont ils détruisent peu à peu la vie civique, ou leur manque de profondeur culturelle. Son point de vue est purement pragmatique, et n’est pas sans rappeler celui de Nicholas Carr.
 

Les réseaux sociaux ne sont pas un outil professionnel

 
Voilà qui va à l’opposé du discours actuel. Sur le plan de l’image professionnelle, les réseaux seraient indispensables pour obtenir les contacts nécessaires pour se faire un vrai réseau, trouver des occasions d’emploi et aller de l’avant. Le corollaire de ce discours, c’est que chacun se sent obligé de mettre à jour son compte Facebook ou son blog de manière incessante.
 
« Je crois ce comportement mal avisé. Dans une économie capitaliste, le marché récompense ce qui est rare et précieux. L’utilisation des médias sociaux n’est décidément ni rare ni précieuse. N’importe quel gamin de 16 ans qui a un Smartphone peut inventer un hashtag ou reposter un article viral. L’idée que s’engager suffisamment dans cette activité de moindre valeur puisse aboutir à quelque chose qui ait une forte valeur pour votre carrière relève de la même alchimie douteuse qui est à la racine du baratin commercial et autres discours sur l’huile de serpent. »
 
Pour Cal Newport, parvenir au succès professionnel est difficile mais pas compliqué. « La base de la réussite et de l’accomplissement est presque sans exception le résultat d’un savoir-faire utile que l’on sache appliquer à des choses qui aient de l’importance pour les gens », explique-t-il, citant un professionnel du show-bizz : « Soyez tellement bon qu’on ne puisse plus vous ignorer. »
 

Un ingénieur informatique qui ne veut pas de Facebook

 
De l’avis de Newport, les nouveaux contacts et les belles occasions ne passent pas nécessairement par les réseaux sociaux. Mais surtout, il s’oppose à l’idée selon laquelle les réseaux sociaux seraient sans danger.
 
« Considérez le fait que la capacité à se concentrer sans se distraire sur des tâches difficiles a de plus en plus de valeur dans une économie toujours plus compliquée. Les réseaux sociaux amoindrissent cette capacité, parce qu’ils sont taillés sur mesure pour être addictifs. Plus vous utilisez les médias sociaux de la manière dont leur utilisation a été conçue – de manière persistante, pendant toutes les heures de veille – plus votre cerveau va être avide d’un bon coup de stimulation au moindre signe d’ennui. Une fois cette connexion pavlovienne consolidée, il devient difficile d’accorder aux tâches difficiles la concentration ininterrompue dont elles ont besoin, et votre cerveau ne va tout simplement pas tolérer d’accepter une période aussi longue sans sa “dose”. De fait, une part de mon propre rejet des réseaux sociaux est née de cette crainte de voir ces services amoindrir ma capacité à me concentrer, ce talent dont j’ai fait mon gagne-pain. »
 

Les dangers du divertissement : la fragmentation de l’attention

 
Cette mise en garde, Cal Newport l’exprime de manière encore plus nette ainsi : « L’idée d’introduire délibérément dans ma vie un service qui a pour but de fragmenter mon attention me fait aussi peur que l’idée de fumer peut répugner à un athlète spécialiste de l’endurance, et elle devrait vous faire peur aussi si vous êtes sérieusement déterminés à créer des choses qui comptent. »
 
« La meilleure définition que l’on puisse donner de la plupart des réseaux sociaux est qu’il s’agit d’une collection de services de divertissement un peu triviaux, actuellement à la mode. Ces réseaux sont amusants, mais vous vous leurrez si vous pensez que les messages Twitter, les posts et les “likes” constituent un usage productif de votre temps. Si vous êtes déterminés à laisser votre marque sur le monde, mettez votre Smartphone en veille, fermez les onglets de votre moteur de recherche, remontez vos manches et mettez-vous au travail », conclut-il.
 
Blaise Pascal, l’inventeur du premier ordinateur, n’était pas moins sévère pour le divertissement.
 

Anne Dolhein

 
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