Défense de la liberté religieuse : Trump veut la suppression de l’amendement Johnson

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Donald Trump le 2 février 2017


 
Afin de défendre la liberté religieuse qu’il dit « menacée », le président des Etats-Unis Donald Trump a promis jeudi dernier de supprimer l’amendement Johnson, daté de 1954, qui interdit aux Eglises américaines de soutenir ouvertement un candidat politique.
 
« Je vais me débarrasser de l’amendement Johnson, le détruire totalement, et permettre à nos représentants des cultes de parler librement et sans peur des représailles »  c’est en ces termes que s’est exprimé Trump lors d’un discours adressé à des dirigeants religieux, des responsables politiques et des hauts dignitaires, lors du très médiatisé National Prayer Breakfast. Trump avait fait une semblable promesse lors de sa campagne, sans en préciser les moyens d’action. Lors de cette réunion, le président américain a également rappelé que la liberté religieuse est un « droit sacré », sans faire d’autres annonces sur ce sujet.
 

Trump réussira-t-il la suppression de l’amendement Johnson ?

 
Trump est sous la surveillance étroite des conservateurs aux fortes convictions religieuses dont le soutien inconditionnel lui a permis de se propulser à la Maison Blanche. Désormais, ils attendent qu’il tienne ses promesses de campagne, en particulier sur la question de la protection des opposants religieux au mariage homosexuel et à l’avortement. Par exemple, Kelly Shackelford, à la tête du First Liberty Institute, une association spécialisée dans les affaires de liberté religieuse, voyait dans Trump le seul candidat qui s’engageait véritablement sur cette question. Le président, par ses propos, semble en tout cas vouloir tenir ses promesses faites aux groupes religieux.
 
Mais ces prises de position inquiètent les groupes LGBT, inquiets de voir leurs droits remis en question. « Nous pensons qu’il est tout à fait possible qu’un décret ouvre la voie à des dérogations pour raisons religieuses », a déclaré le directeur de projet LGBT d’ACLU (American Civil Liberties Union). Lundi dernier, le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a précisé qu’aucun projet législatif n’était en cours concernant les groupes LGBT. En début de semaine, l’administration du président avait d’ailleurs précisé que Trump ne remettrait pas en cause la loi anti-discrimination de 2014 qui offre une « protection » catégorielle à ces personnes.
 
Du côté des groupes religieux, comme du côté des LGBT, on est dans l’attente. Les défenseurs des droits homosexuels sont furieux de penser que des organisations religieuses, comme les œuvres caritatives ou les hôpitaux, financées par de l’argent fédéral, puissent obtenir le droit d’embaucher ou de prendre des décisions selon des critères religieux. L’éventail législatif pourrait, d’après eux, encore s’élargir.
 

Défense de la liberté religieuse : les groupes religieux reprennent espoir

 
Les conservateurs aux fortes convictions religieuses, quant à eux, ont le vent en poupe : après avoir essuyé plusieurs défaites sous la présidence Obama, sur la question du mariage homosexuel ou de l’avortement, ils placent leurs espoirs dans Trump : « Je défendrai, leur a-t-il dit, vos libertés religieuses et votre droit à pratiquer complètement et librement votre religion, en tant qu’individus,  dirigeants économiques ou institutionnels. » Il a franchi un premier pas, en nominant Neil Gorsuch à la tête de la Cour Suprême  le juge s’est en effet récemment prononcé en faveur du droit des entreprises à s’abstenir, pour des raisons religieuses, de donner à leurs employés une couverture santé qui rembourse la contraception.
 
Politiquement, la porte ouverte aux « prêches politiques » pourra avoir des conséquences de poids : prêtres, évêques, pasteurs (et imams ?) peuvent espérer se voir reconnaître le droit de tirer les conséquences logiques de leurs convictions morales notamment. Dire, par exemple, quel est le candidat qui est le plus favorable au respect de la vie… C’est un coup porté contre le relativisme ambiant, modeste toutefois puisqu’il s’agit avant tout d’étendre la liberté d’expression.