En Chine, des catholiques essayent d’empêcher la destruction des bâtiments autour de leur église à Wangcun

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A Wangcun, dans la province du Shanxi, au nord-est de la Chine, des centaines de catholiques chinois tentent d’empêcher la destruction de leur église.


 
Depuis le 29 août, les catholiques du diocèse de Changzhi, dans la province du Shanxi (nord-est de la Chine), essayent de défendre le mur et les bâtiments autour de l’église de la commune de Wangcun, vieille d’un siècle, contre le bulldozer envoyé par les autorités municipales. Des vidéos publiées sur Internet montrent au moins un millier de fidèles crier « Jésus, sauve-moi » et « Notre mère Marie, ayez pitié de nous » alors qu’ils cherchent à bloquer le travail de l’engin de démolition escorté par la police. Sur ces images, plusieurs prêtres portant l’aube sont au premier rang du cordon formé autour du mur d’enceinte de la propriété qui avait été restituée par la municipalité à l’Église en 2012, après plusieurs décennies de confiscation.
 

Répression contre les catholiques

 
Des travaux de restauration de l’église ont été lancés à grands frais il y a environ quatre mois, et aujourd’hui, les autorités municipales ont soudainement décrété la destruction du mur et du bâtiment d’une ancienne usine construite à proximité de l’église à l’époque où le pouvoir communiste avait pris possession du terrain. Le projet de la municipalité est désormais d’y aménager un square, et les catholiques locaux craignent, une fois que les constructions attenantes à leur vieille église auront été démolies et qu’ils auront été privés du terrain, que ces mêmes autorités ne décrètent alors la destruction de l’église elle-même. La Chine communiste mène en effet depuis quelques années une campagne de démolition des ouvrages chrétiens, y compris des croix, en plus des traditionnelles répressions physiques contre les fidèles, dans le cadre de ses efforts pour freiner la propagation rapide du christianisme au sein de sa population.
 

La Chine a lancé un programme de destruction des églises et des croix dans l’espoir de limiter le développement du christianisme

 
Après le retrait du bulldozer face à leur résistance, les fidèles ont continué de monter la garde autour de la propriété ecclésiastique. Mgr Ding Lingbin, évêque de Changzhi, a dénoncé les violences commises par la police et l’armée mais aussi par des hooligans qui semblaient agir pour les autorités et qui ont attaqué les fidèles en criant « Tuez les prêtres en premier ! ». Les autorités municipales ont momentanément suspendu la démolition du mur autour de l’église de Wangcun, mais elles n’ont pas renoncé à leur nouveau projet malgré les protestations de l’évêque qui dénonce leur volte-face après la décision favorable de 2012.
 
Le 31 août, le site AsiaNews informait que les autorités chinoises avaient bloqué le service WeChat, version chinoise de la messagerie instantanée WhatsApp, pour gêner la communication entre les fidèles, et le site web du diocèse, qui avait publié les 29 et 30 août des informations sur les événements avec photos et vidéos à l’appui, était également devenu inaccessible. La censure du régime avait par ailleurs supprimé toutes les informations en ligne sur ces événements. Sur place, les fidèles continuaient la garde 24 heures sur 24 en priant et en récitant le Rosaire.
 

Les violences subies par les catholiques à Wangcun apportent un nouveau démenti aux déclarations du pape François

 
A propos de ces événements, le site conservateur américain Breitbart rappelle le rapport du Département d’État américain sur les répressions de la Chine communiste contre les groupes religieux officiels et non officiels, qui apporte un démenti clair aux affirmations du pape François selon qui la religion serait librement pratiquée en Chine.
 

Olivier Bault