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Divergente ♥♥♥
Cinéma

Divergente

Public : adultes et adolescents
 
Ce film est un hybride, comprenant du banal, pour ne pas dire du mauvais, et des choses surprenantes, excellentes. Commençons par le peu intéressant : il réside principalement dans l’histoire d’amour d’adolescents – enfin jeunes adultes immatures – pour public d’adolescentes, avec le souffre convenu et très relatif, de la jeune étudiante adulte qui tombe sous le charme de son professeur, lequel tient quelque peu du lointain avatar américain de Gérard Philippe.
 
Des individus manipulés se révoltent contre une société mauvaise, mensongère et perverse, rien de plus original non plus a priori. Et déplorons les longueurs, loi de ces dernières années, regrettable.
Toutefois Divergente intéresse véritablement par sa présentation d’une utopie, construite de manière rigoureuse, véritable source de questionnement philosophique, sur la société, le libre-arbitre individuel et l’intérêt collectif.
 
Le fait de centrer l’action sur la destruction de l’utopie initiale permet d’en présenter quasiment deux. Le spectateur est immergé dans le décor très travaillé, réussi, d’un Chicago futur, à demi-ruiné, reconnaissable, à la fois semblable et différent ; le délabrement à peu près général côtoie des progrès techniques, surtout dans le domaine des drogues, permettant le contrôle des esprits ; il ne s’agit que d’une légère anticipation, nous y sommes presque, ce qui renforce encore l’intérêt du film.
 
De même la démocratie rationnalisée de la situation initiale, le vote par classes, les rites de passage symbolique, tout comme le contexte de dépression économique sempiternel, tout ceci ne paraît que trop crédible. Les hauts murs entourant la ville, inexpliqués à ce stade de l’intrigue – étendue sur plusieurs films, à venir – font songer au Mur frontalier entre l’Entité Sioniste et la Cisjordanie palestinienne.
 
Le complot de la classe des Savants ressemble à la fois aux technocrates de l’Union Européenne, qui croient toujours mieux savoir que les peuples, ou à la franc-maçonnerie. Le souvenir de lecture de Platon, avec sa Cité gouvernée par les philosophes, paraît net. La première utopie, comme la seconde encore plus radicalement, participent d’une mentalité malthusianiste stricte, avec un contrôle des naissances autoritaire, qui finit par déboucher sur l’acceptation pure et simple de meurtres de masse, logique évidente clairement montrée dans le film, encore un de ses intérêts.
 
Tous ces éléments s’avèrent passionnants, et transcendent bien des faiblesses de la réalisation, parfois trop lente, ou du jeu des interprètes principaux, dont l’actrice montante Shailene Woodley, pas mauvais mais relativement trop âgés pour incarner l’âge de sortie de l’innocence ; toutefois ils finissent par former nonobstant un couple sympathique, une forme de résistance de l’amour et de la vie face à une société totalitaire monstrueuse.