DREAM : la synarchie mondiale des gentils rêveurs contre le grand méchant Trump

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Le programme Daca (Deferred Action for Childhood Arrivals) a pour objectif de faire sortir de l’ombre les clandestins arrivés avant l’âge de 16 ans aux Etats-Unis.


 
En limitant le nombre des « rêveurs », ces jeunes clandestins autorisés à travailler en Amérique, Donald Trump suscite un tollé chez tout ce qui compte, argent, politiciens, autorités morales. Une véritable synarchie mondiale des gentils montre du doigt le grand méchant loup.
 
Le choix définitif de Donald Trump, dont vous trouverez le détail par ailleurs, m’intéresse moins ici que l’extraordinaire coalition d’intérêts politiques qui s’est dressée contre le président américain, coupable de vouloir faire respecter la loi et la souveraineté de son pays. C’est à dire de régulariser la situation des « Dreamers » (en français, rêveurs), ces centaines de milliers de clandestins auxquels Obama a donné la permission temporaire de vivre aux Etats-Unis.
 

Obama a fait la DACA pour les gentils rêveurs

 
Les Américains adorent les acronymes. En 2012, procédant comme à l’accoutumée par un décret pour passer outre l’opposition du Congrès, Barack Obama imposait la DACA (action différée pour les arrivées d’enfants), donnant l’autorisation provisoire aux enfants clandestins entrés aux Etats-Unis avec leurs parents clandestins d’y vivre. Plus de huit cent mille d’entre eux allaient profiter de la loi DREAM ( Development, relief and education for alien minors Act), votée par le Congrès en 2001 pour tourner le droit ordinaire de l’immigration et permettre d’accueillir les mineurs clandestins. Ces dreamers, ces rêveurs, ont été l’objet de toutes les sollicitudes depuis que Donald Trump a envisagé de leur rendre leur statut de clandestins, ce qui les aurait rendus expulsables.
 

Les gentilles multinationales contre le grand méchant Trump

 
On a mis particulièrement en avant le soutien des grandes multinationales américaines, parmi lesquels Amazon, Facebook, Cisco, eBay, General Motors, Microsoft. Et l’on a prétendu que l’expulsion de huit cent mille rêveurs serait une catastrophe économique, pouvant provoquer « une perte de 460,3 milliards de dollars pour le PIB américain ». Le chiffre après la virgule est touchant : une telle précision dans une conjecture aussi floue signale et signe l’imposture. En fait, le patron de Facebook, l’une des entreprises militantes pro-rêveurs, Mark Zuckerberg (il a mis sur son « profil » : je « soutiens DACA »), a commandé une étude pour étayer sa position, mais à sa grande stupeur, elle a conclu que le renvoi des rêveurs libérerait en quelques années sept cent mille emplois disponibles pour des Américains ! Exactement ce que souhaite Trump pour sa base de petits blancs touchés par le chômage.
 
On en conclut que la position des multinationales ne se fonde pas sur l’intérêt économique (à part celles qui emploient des clandestins, comme l’industrie de l’agrume californien), mais sur une conviction politique, morale, spirituelle : elles militent pour une éthique de l’ouverture, de suppression de toutes les frontières. Ainsi sont-elles en pointe sur l’immigration en même temps qu’elles sont LGBT friendly et « sensibles à l’environnement », au point d’envisager ne pas tenir compte du retrait américain de l’accord de Paris.
 

La synarchie mondiale de Zuckerberg au pape François

 
Cela en fait l’une des forces de la synarchie mondiale qui s’exerce contre la souveraineté défendue par Trump. Il y en a d’autres. A l’intérieur des Etats-Unis les juges et la haute administration. Partout dans le monde les ONG, les associations antiracistes, les multinationales, et les autorités morales.
 
Parmi elles, le pape François a été l’un des premiers à attaquer Trump sur l’immigration, notamment sur son projet de mur, l’accusant d’être « mauvais chrétien ».Il est suivi par une bonne partie du clergé américain, qui se reconnaît dans le cardinal émérite Mahony, activiste de l’immigration, qui a appelé ses concitoyens à la désobéissance civile si Trump s’attaquait à la DACA et aux rêveurs. Dès la fin de l’année dernière il appelait à la défense des « sans papiers » (notez le vocabulaire) pour prévenir leur « déportation ». Pourtant, leur expulsion serait tout à fait légale et humaine. La tradition américaine est de proportionner le nombre des permis de travail aux besoins du pays. Des Français, des Allemands, qui ne sont plus nécessaires, sont tous les jours priés de retourner chez eux, sans que cela fasse un drame.
 

Grands mots et valeurs contre Trump

 
Il n’en va pas de même pour les rêveurs. Mahony a très classiquement joué sur la compassion que suscitent d’une part les enfants et les jeunes, de l’autre les pauvres, afin de brouiller le problème juridique avec des considérations sentimentales. Les multinationales lui emboîtent le pas. Tim Cook, PDG d’Apple, écrit : « Deux cent cinquante de mes collègues d’Apple sont des rêveurs. Ils méritent notre respect et une solution digne des valeurs américaines ». Barack Obama lui aussi a invoqué le respect des « valeurs fondamentales » de l’Amérique. Il a exhorté son successeur à ne pas « expulser des enfants qui ont grandi ici et qui sont à tous égards des enfants américains ». Brefs, grands mots, grands sentiments, grands trémolos sont au rendez-vous.
 
On fait valoir aussi que ces clandestins, pour bénéficier des largesses de la DACA, ont donné leur adresse, leur numéro de téléphone, et que ce serait odieux de profiter de leur honnêteté pour les ficher et les renvoyer chez eux après leur avoir fait miroiter le rêve américain. C’est notamment la position de Rahm Emmanuel, maire démocrate de Chicago et agitateur communautariste proche d’Obama.
 

« I have a dream » : la synarchie mondiale imagine un monde sans frontières

 
Tout cela bien sûr n’a aucune valeur et ne sert qu’à faire pleurer Margot : une faveur dérogatoire du droit ordinaire peut être retirée à celui qui en bénéficie, une tolérance n’est pas un droit. L’attention particulière donnée par la synarchie mondiale aux rêveurs tient à la haine qu’elle a pour Trump, à la masse de manœuvre que cette communauté particulière représente, et surtout à sa qualité de symbole.
 
L’acronyme Dream pour un tel programme n’a en effet pas été choisi au hasard. Il a été choisi par un Obama inspiré du radical Alinski, expert en manipulation des minorités, et rappelle le fameux discours de Martin Luther King : « I have a dream ». Il rappelle aussi la chanson Imagine de John Lennon, qui condamne toutes les frontières, un Lennon fier lui aussi d’être un rêveur, un dreamer, et de « ne pas être le seul ». Les gentils rêveurs que le grand méchant Trump veut limiter sont le symbole d’un monde sans aucune frontière, le monde de l’utopie normative, de la destruction de la civilisation chrétienne et européenne au nom du bien, du devoir d’invasion et de décadence. Voilà pourquoi tout le monde les soutient, du pape François à Mark Zuckerberg.
 

Pauline Mille