Economie : la crise, c’est fini ?

Economie crise fini
Salle des marchés du nouveau siège d’Euronext à La Défense quartier des affaires, près de Paris, le 25 août 2015.

 
Finie ? Terminée ? Envolée ? La crise qui plombe notre économie depuis quelque sept années ne serait plus. C’est du moins ce que l’on peut entendre et lire ici et là auprès d’analystes et de media manifestement doper par l’EPO optimiste de François Hollande : « Ça va mieux. » A observer nos compatriotes, il n’est pas sûr qu’ils s’en soient rendus compte.
 
Si l’on veut bien écouter ces prophètes de bonheur, la zone euro a connu au premier trimestre son rythme de croissance le plus soutenu depuis 2011, et cela grâce au dynamisme de pays qui, sans être des moteurs économiques, connaissent une espèce de renouveau, comme la France et l’Espagne.
 
Peut-on faire observer que 2011, c’était déjà la crise ?
 

La crise, c’est fini ?

 
Peu importe sans doute, puisque, semble-t-il, le produit intérieur brut (le fameux PIB) de la région, qui correspond à la richesse créée par ses dix-neuf pays membres, a atteint un niveau supérieur à son point culminant antérieur à la crise.
 
En pratique, il semble que la zone euro puisse se prévaloir d’une croissance doublée par rapport au quatrième trimestre 2015, dépassant ainsi, pour le début de l’année, la plus optimiste des prévisions, grâce – notamment – à un retour de la consommation des ménages et de l’investissement.
 
Pour autant, cette satisfaction semble devoir être tempérée par le constat que la zone euro n’en a pas pour autant terminé avec les difficultés. De fait, la déflation l’a encore frappée au mois d’avril. Sans compter que ni la dette publique, ni le secteur bancaire, ni la question du chômage ne paraissent devoir s’améliorer de sitôt, et qu’il est donc sans doute un peu tôt pour se réjouir.
 
Il n’est d’ailleurs que d’observer les responsables de la Banque Centrale européenne pour comprendre qu’il est de bon ton de se montrer circonspect. Non seulement, face à la courbe inflation-déflation, certains de ses responsables envisageaient ces jours-ci une remontée des taux, mais encore le débat qui oppose l’institution monétaire à l’Allemagne promet des lendemains qui risquent de s’avérer, pour certains du moins, difficiles.
 

Economie : un mieux relatif…

 
Il est d’ailleurs un moyen tout simple de mesurer la bonne santé de notre économie : c’est d’observer nos compatriotes et nos voisins. A les voir, à les entendre surtout, où que ce soit, dans la rue, au bureau, au café, on n’a guère l’impression qu’ils aient, en quoi que ce soit, conscience d’une reprise. Cela n’est pas suffisant, entends-je dire ici ou là. Peut-être, et de fait chacun n’a pas la capacité de savoir lire les chiffres de l’économie. Mais tout de même ! Tant que le particulier répugne à ouvrir les cordons de sa bourse, considérant qu’il est déjà bien assez ponctionné comme cela, il est difficile de croire que l’économie va se porter mieux.
 

François le Luc