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22 % des enfants Français victimes de maltraitances, grands-parents nocifs : la famille mauvaise pour la santé ?

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Une étude de chercheurs écossais entend montrer que les grands-parents sont nocifs pour la santé de leurs petits-enfants ; un sondage révèle que 22 % des Français se disent victimes de maltraitances dans l’enfance. Les « scientifiques » veulent nous persuader que la famille est intrinsèquement mauvaise.
 
Ouf ! Me voilà rassurée. Le battage Weinstein – balance ton porc – Ramadan n’a pas servi seulement à mobiliser le féminisme mondial contre les structures machistes du pouvoir, avec un petit coup en passant à Trump et à l’islam, il s’inscrit dans un processus révolutionnaire plus vaste dont la cible est la famille. Une « étude » et un « sondage » viennent l’expliciter. La première, publiée par des chercheurs de l’université de Glasgow et relatée par The Independent, postule que les enfants gardés par leurs grands-parents sont en plus mauvaise santé et courent un plus grand risque de cancer. Le second, commandité par l’ONG L’enfant bleu, révèle que 22 % des Français, près d’un quart, disent avoir été victimes de maltraitances graves étant enfant. L’accusée dans les deux cas est la famille.
 

Les grands-parents fument et bourrent leurs petits-enfants de sucre

 
L’équipe de Glasgow assure avoir analysé 56 études portant sur 18 pays. Les enfants gardés chez leurs grands-parents prendraient du poids parce qu’ils n’y bougent pas beaucoup et mangent trop, notamment parce que les grands-parents les bourrent de sucreries pour leur montrer leur amour dans les bons cas ou avoir la paix dans les mauvais. En plus, les grands-parents fument à la maison, ce qui donne le mauvais exemple et expose leurs petits enfants au tabagisme passif. Tout cela augmenterait le risque de cancer chez les enfants gardés par leurs grands-parents, ce qui est de plus en plus fréquent puisque les mères travaillent toujours plus à l’extérieur, que les crèches sont rares et les gardes chères. Pour Stéphanie Chambers, l’une des principales contributrices de l’étude, c’est une catastrophe : « A l’heure actuelle, les grands-parents ne sont pas au cœur des messages de santé publique destinés aux parents ».
 

Les grands-parents placent la famille avant l’État

 
Elle ne semble pas voir une erreur systématique évidente de son étude, savoir que l’échantillon qui se sert le plus des grands-parents est celui qui peut le moins payer des gardes, donc le plus pauvre. Mais elle met très simplement en lumière un fait central : ce qui est reproché aux grands-parents est de rester en dehors de la propagande du système, ce que faisaient déjà en leur temps les Babas, les grands-mères russes, qui ont transmis à leurs petits-enfants le pire des cancers aux yeux des autorités soviétiques, la foi orthodoxe.
 

22 % des Français victimes de maltraitances graves ?

 
Le sondage effectué en ligne par l’institut Harris Interactive pour l’association l’Enfant bleu auprès de 1030 personnes représentatives, et publié par Le Monde, ne présente pas, lui, de biais apparent. 22 % des Français disent bien avoir été victimes de maltraitances graves dans leur enfance. Par maltraitance l’enquête entend « le fait d’avoir été régulièrement victime de coups/menaces/insultes, absence de soin ou d’hygiène ou d’avoir été au moins une fois victime de viol ou d’agression sexuelle ». Le seul défaut de ce sondage est de s’appuyer sur des déclarations subjectives, des années après les faits, les chiffres directs sur la maltraitance étant rares. En outre, le sondage a été fait entre le 18 et le 20 octobre, ce qui, selon Harris « influe probablement » sur le résultat, parce que « tout ce qui remonte actuellement peut contribuer à modifier le regard ». De fait, dans la précédente étude menée en 2014, les Français n’étaient que 14 % à dire avoir été victimes de maltraitance grave dans leur enfance.
 

Grand silence sur la maltraitance des enfants

 
Le sondage fait état de données. Les agressions sexuelles viennent en tête, 16 % des Français disent en avoir subi, puis les maltraitances psychologiques (menaces, insultes, humiliations : 8 %), puis les maltraitances physiques (coups : 5 %), et pour finir les négligences (absence de soins, hygiène : 3 %). On touche du doigt par cette présentation que le terme maltraitances graves regroupe arbitrairement des faits qui ne sont pas homogènes, et que certaines victimes ont subi plusieurs sortes de maltraitances, puisque la somme des pourcentages atteint 32 %.
 
Fait frappant, et constant, huit des présumées victimes sur dix n’en ont jamais parlé à personne, et la moitié de celles qui ont parlé disent ne pas avoir été aidées. Le silence et l’impuissance touchent aussi leur entourage. Plus d’un tiers des Français, 36 %, estiment qu’il y a eu un cas de maltraitance parmi leurs proches, mais, parmi eux, seuls 9 % ont prévenu les services sociaux, 6 % la police, 5 % un professionnel de santé, et 3 % ont appelé le 119, numéro d’appel national pour l’enfance en danger. 27 % en ont parlé à d’autres adultes (famille, amis) pour chercher une solution, mais près d’un tiers n’a prévenu personne.
 

La famille est-elle vraiment mauvaise pour la santé ?

 
Mais les données les plus significatives concernent l’origine des maltraitances. C’est d’abord la famille qui maltraite, dans plus des deux tiers des cas (68 % : famille seule 27 %, famille et proches non familiaux, 41 %), 32 % des cas étant extérieurs à la famille.
 
Moi qui n’ai jamais été violée, ni en famille ni ailleurs, et à qui l’on fournissait chaussettes propres, robes repassées, et tisanes quand j’avais une angine, je me demande ce que valent ces statistiques déclaratives. On me grondait quand je faisais des bêtises : dois-je considérer cela comme une humiliation ? Et les tannées que recevaient mes frères, sont-ce des coups que la morale réprouve ? Le changement d’échelle de valeurs, couplé à la reconstruction du passé qu’affectionne la mémoire, ôte évidemment toute valeur scientifique à ce type de sondages.
 

Les idéologues nocifs de l’État Mater et Magistra

 
Il me semble qu’il tombe trop bien pour donner raison à Vincent Peillon qui souhaitait, souvenons-nous-en, fidèle à l’idéal de 1793 et 1901, le vieil idéal de la Sparte républicaine, « arracher les enfants à leurs déterminants », à leurs grands-parents qui ne portent pas les valeurs de la république, à leur famille. Pour faire de l’État leur Providence et leur maman. L’Enfant bleu veut lancer un site accessible sur portable expliquant à tout un chacun à qui s’adresser en cas de soupçon. Dans un sens c’est très bien. Le mot soupçon rappelle cependant la loi des suspects. Sous couleur de défendre les plus fragiles, il me semble que l’on construit un système de délation et d’intimidation. C’est toujours au nom du bien que progresse le totalitarisme. On pousse le peuple à se réfugier dans les bras de l’État Mater et Magistra au nom de quoi ? De quelques déclarations sous influences, recueillies pour une association qui les interprète en fonction de son idéologie.
 

Pauline Mille