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Fin de vie : le rapport Leonetti-Claeys prône l’euthanasie lente

Euthanasie Leonetti-Claeys Rapport Fin de vie
 
Une piqûre létale pour les malades en phase terminale, cela dérange encore, quoi qu’en disent ceux qui brandissent les sondages massivement favorables à l’euthanasie. Les élus Jean Leonetti et Alain Claeys – un UMP, un PS – viennent de remettre à François Hollande le rapport que celui-ci leur a commandé sur la « fin de vie », et ils proposent plutôt ce qu’ils appellent la « sédation profonde » : l’administration de calmants à forte dose aux personnes « dont le pronostic vital est engagé à court terme » afin qu’elles s’endorment, pour ne plus se réveiller. Le texte est dangereux, car il joue sur l’ambiguïté entre soulagement de la souffrance et mise en route d’une mort programmée : faire la différence entre les deux demande une grande finesse d’appréciation morale pour éviter ce que le rapport Leonetti-Claeys préconise en réalité, l’euthanasie lente.
 
Entre la mise à mort immédiate et le choix d’actes ou d’abstentions qui ont pour objectif le décès du patient, c’est juste une question de tempo. Et comme pour l’euthanasie, cela est justifié par le respect de l’autonomie et de la liberté de choix du patient : on nous explique même que l’arrivée de cette nouvelle norme permettra d’éviter des sédations profondes (appelées aussi terminales lorsqu’elles visent la mort) décidées à l’insu du patient.
 

La fin de vie digne selon François Hollande

 
Le candidat à la présidence de la République qui avait fait vaguement promis l’euthanasie dans sa proposition 21 en promettant à ceux qui souffrent de manière « insupportable » le bénéfice d’« une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » en a été satisfait. François Hollande a dit agréer la proposition Leonetti-Claeys, et propose un débat au Parlement dès janvier.
 
En soi la pratique de la sédation profonde d’un malade à la dernière extrémité qui souffre atrocement n’est pas interdite par la loi. En ce sens, rien ne changerait avec le vote d’une loi telle que la dessinent les deux élus. Ce qui est nouveau, c’est le « droit à mourir » reconnu aux patients – encore une absurdité, finalement, puisque la mort, en attendant la découverte d’un élixir d’immortalité, est une certitude pour tous.
 

L’euthanasie en phase avancée

 
On comprend mieux que l’objectif soit autre. Le rapport n’évoque pas seulement la phase terminale, mais la « phase avancée » d’une maladie, le droit pour les patients de « s’endormir plutôt que d’être confrontés à la souffrance ou à un état qu’ils considèrent comme une déchéance ». C’est déjà plus flou. Quant à l’arrêt des traitements ou l’endormissement, ils ne se limitent pas non plus à la plongée choisie dans l’inconscience ; explicitement, le rapport Leonetti-Claeys vise les arrêts de simples soins comme la cessation délibérée de l’alimentation et de l’hydratation, qui ont pour effet nécessaire la mort du patient.
 
Le droit de choisir la « sédation profonde et continue jusqu’au décès », accompagnée nécessairement, selon le rapport, de l’arrêt de la nourriture et de l’hydratation, devrait s’accompagner d’une multiplication des directives anticipées qui s’imposeraient aux médecins et qu’il s’agit d’encadrer, au mieux par des formulaires qui présentent un cadre précis. Cela va finalement plus loin que l’euthanasie légale qui dans les pays où elle existe n’est pas un droit du patient, mais relève de l’appréciation de plusieurs médecins.
 

La réaction de Mgr d’Ornellas au rapport Leonetti-Claeys

 
Si de nombreuses associations pour le respect de la vie ont déjà fait connaître leur opposition à la proposition de loi conjointement présentée par ces élus de la majorité et de l’opposition, Mgr Pierre d’Ornellas, président du groupe de travail de la Conférence des évêques de France sur la fin de vie, a voulu y voir une quête du « meilleur accompagnement de nos concitoyens vulnérables », ainsi qu’il l’a déclaré à l’AFP. Ses explications manquent singulièrement de clarté.