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Au Forum économique mondial, la Chine plaide pour davantage de « coordination » globale

Forum économique mondial Chine coordination globale
 
Alors que la Chine accueille le Forum économique mondial – on appelle cette rencontre le « Davos d’été » – l’économie chinoise est au centre des débats, juste derrière les discussions autour du Brexit. L’importance de la Chine à cette occasion est encore renforcée par le fait que dans 70 jours, elle accueillera la prochaine réunion du G20. Elle occupe toute la place possible dans la progression vers une gouvernance (pas seulement économique !) mondiale. Lors des rencontres qui se sont tenues dimanche, le Premier ministre Li Keqiang a appelé tous les pays à améliorer leur « coordination » pour affronter conjointement les difficultés et les défis actuels.
 
Il a fait ce plaidoyer à Tianjin, dans le nord de la Chine, lors de sa rencontre avec Klaus Schwab, fondateur et directeur exécutif du Forum économique mondial.
 
Quelque 1.700 hommes politiques, hommes d’affaires, universitaires et représentants de la presse issus de 90 pays sont présents à Tianjin, et le site du Forum économique mondial qui se tient jusqu’à mardi propose de suivre les débats en ligne – sans préciser d’ailleurs s’il s’agit de tous les débats.
 

Le Forum économique mondial d’été se tient en Chine

 
C’est depuis 2007 que la Chine accueille annuellement, alternativement à Tianjun et à Dalian, l’édition d’été du forum de Davos qui, au fil des ans, est passée d’une réunion ultra discrète à une transparence plus au moins factice où la volonté d’aboutir à une intégration économique, industrielle (et plus, avec ou sans affinités) ne se cache plus. La Chine en est le très honorable partenaire et il faut bien avoir l’esprit que sans l’accord des grandes puissances politiques et industrielles, version mondialiste, et le soutien actif de ce type d’institution, elle ne serait jamais arrivée au niveau qu’elle a atteint. Si elle a pu en peu d’années prendre une telle part du « gâteau » manufacturier global, au détriment notamment de l’Europe, c’est aux accords élaborés en leur sein qu’elle le doit.
 
Cette année à Tianjin, Li Keqiang a donc insisté sur la forte interdépendance économique – mais elle a été voulue – du monde actuel, assurant qu’aucun pays ne peut rester à l’écart, ni prétendre à « l’immunité par rapport aux risques et aux défis ». Les éléments « instables ou mal sécurisés » dans tel pays ou dans telle région peuvent avoir un « effet papillon » qui aura des répercussions sur la relance économique et la stabilité des marchés financiers a-t-il dit. De la part d’un haut responsable communiste, l’avertissement vaut son pesant de riz, et encore davantage lorsqu’on songe aux énormes difficultés boursières et économiques auxquelles la Chine fait face actuellement. Bien sûr, au cours de la réunion, les responsables chinois ont minimisé ces difficultés, assurant que la moindre croissance actuelle n’allait pas empêcher leur pays de progresser au profit de ses habitants.
 

Coordination globale et mondialisme : la Chine est pour

 
Le thème de cette année, la Quatrième révolution industrielle, a été exploité par les orateurs chinois pour insister sur le rôle de l’innovation et de l’expansion dans l’économie de la Chine, dont Li Keqiang assure évidemment qu’elle va conduire, grâce à la coopération internationale, à « l’ouverture », à « l’inclusion » croissante, et soutenir « une croissance durable et équilibrée de l’économie mondiale ».
 
Klaus Schwab a répondu en mettant en avant l’excellent partenariat établi avec la Chine par le Forum économique mondial, et en promettant que celui-ci soutiendra le gouvernement chinois dans sa volonté de promouvoir les réformes et l’innovation. Il a déclaré « croire que la stratégie de la Chine visant à la transformation et à la mise à jour de l’industrie manufacturière donnera un nouvel élan au développement du pays ».
 
Rien de cela ne peut s’envisager sans un esprit de partenariat et d’acceptation des pratiques économiques – et politiques – chinoises : aujourd’hui, on l’accuse pourtant de dumping social, de contrefaçons, de surproduction délibérée qui menace l’industrie lourde, ou ce qu’il en reste, en Occident. Mais avec cela, tout le monde est content.
 

Anne Dolhein