Le Front national renonce à son défilé du 1er mai

Front national défilé 1er mai

Le 1er mai 1988, fort des 14% des suffrages exprimés obtenus par Jean-Marie Le Pen le 24 avril, au premier tour de l’élection présidentielle, le FN décide de se séparer des groupuscules d’extrême droite en commémorant en même temps Jeanne d’Arc et la fête du travail.


 
Le vice-président du Front national Florian Philippot l’a annoncé vendredi : le Front national a décidé d’abandonner, à compter de cette année, le défilé du 1er mai, que Jean-Marie Le Pen avait décidé d’instaurer, il y a quelque trente ans, en hommage à sainte Jeanne d’Arc.
 

Le Front national supprime le 1er mai

 
« Le défilé ne sera plus dans la nouvelle version. Par ailleurs, je pense que ce n’est pas mal pour des raisons de sécurité également », a déclaré Florian Philippot sur France 2. L’argument, qui est celui des menaces formulées par l’Etat islamique, voile peut-être, malgré l’assurance contraire qu’il en a donné, la volonté de remodeler l’héritage de Jean-Marie le Pen. Après l’exclusion de ce dernier, et la discussion sur un éventuel changement de nom, il est difficile, en tout cas, de ne pas y voir une logique.
 
Selon le numéro 2 du Front national, qui cherchait manifestement à prouver le contraire, le mouvement continuera à se rassembler à la même date, mais dans d’autres conditions : « Il y aura un hommage à Jeanne d’Arc dans ce 1er mai innovant, renouvelé. (…) Il y aura bien sûr un hommage à Jeanne d’Arc le matin, autour de Marine le Pen, puis (…) un grand banquet national. »
 
« Il n’y a rien de gênant, c’était très agréable et très sympathique mais je pense que c’est bien aussi d’être capable de faire du neuf », poursuit-il.
 

Plus de défilé…

 
L’argument paraît pour le moins, et décidément, faible. Quelle commune mesure peut-il y avoir entre un grand défilé, rassemblant des milliers, des dizaines de milliers de Français autour de la patronne secondaire de la France, et une rencontre qui réunira quelques dizaines (ou petites centaines au mieux) de personnes ?
 
Jean-Marie Le Pen ne s’y est pas laissé prendre, qui a fait part de « surprise » et de son « indignation ». « Il y a près de trente ans que le Front national défile le 1er mai en unissant à la fois l’image de la patrie et Jeanne d’Arc et celle du travail (…). Il s’agit évidemment d’une rupture considérable », a-t-il déploré sur RTL.
 
Et d’ajouter, pour que les choses soient claires, et montrer que Jeanne d’Arc doit demeurer au cœur de la France : « J’appellerai tous les gens qui n’ont pas peur de Daech, parce que c’est le prétexte qui est donné, (…) à se retrouver devant la statue de Jeanne d’Arc, (…) et je m’adresserai d’ailleurs à ce moment-là à la foule des patriotes qui viendront, j’en suis sûr, répondre à mon appel. »
 
On peut s’en réjouir, puisque c’est à l’occasion de ces discours du 1er mai que Jean-Marie Le Pen a donné quelques-uns de ses plus beaux discours, plein de cette âme alliant tout à la fois saint Joseph et sainte Jeanne.
 

François le Luc