Dans l’affaire du gang sexuel de Newcastle, le juge n’a pas retenu le motif du racisme – contre toute attente

Gang sexuel Newcastle racisme

Un chef de la police a exhorté les communautés britanniques à faire plus pour lutter contre les prédateurs sexuels après qu’un gang de 18 personnes ait été reconnu coupable de crimes contre 108 jeunes filles.


 
La décision du juge était attendue. Depuis mardi, dix-sept hommes et une femme de Newcastle sont jugés dans une très sordide affaire de gang sexuel – un réseau d’une quarantaine d’hommes qui attirait les filles (âgées de 13 à 25 ans), les droguait et en abusait sexuellement. Comme nous l’avions rapporté dans nos pages (article de Matthieu Lenoir), des parlementaires, des magistrats, mais aussi les ministres de l’Intérieur et de la Justice avaient appelé à faire éclater la bulle du « politiquement correct » et à retenir l’évidence du racisme, motif juridiquement aggravant pour l’établissement des sanctions. Mais rien de tout cela…
 
Il a été demandé au procureur général de revenir sur ces condamnations.
 

Après Rochdale, Oxford, Rotherham… Newcastle

 
Le Telegraph nous donne donc les résultats de l’opération Shelter menée dans le nord de l’Angleterre, à New Castle : Mohammed Azram, âgé de 35 ans, a été condamné à 12 ans et demi pour agression sexuelle, fourniture de drogue et complicité dans l’incitation à la prostitution. Jahanger Zaman, 45 ans, en a pris pour 29 ans, l’inculpation de viol aggravant son cas. Un troisième homme, Shafiq Aziz, a été condamné à 15 ans pour des infractions liées à la drogue. Au total, 17 hommes et une femme ont été reconnus coupables d’une centaine d’infractions.
 
Toutes les victimes qui ont témoigné étaient très manifestement blanches, non musulmanes. Exactement comme dans les scandales du même métal d’Oxford, de Rochdale ou de Rotherham. Et les accusés, tous originaires d’Inde, du Pakistan, de Turquie, d’Iran, d’Irak ou d’Albanie : « principalement pas blancs » comme l’a notifié la police !
 
L’un d’entre eux, Badrul Hussain, avait même déclaré à un contrôleur dans le métro, qui a rapporté ce témoignage : « Toutes les Blanches ne servent qu’à une chose pour des hommes comme moi : il faut les baiser et ensuite, il faut les jeter comme des déchets. C’est tout ce qu’elles méritent ». Leurs victimes les ont décrits comme des « monstres » qui pensaient que les femmes « n’avaient pas les mêmes droits que les hommes ».
 

(Encore) un gang sexuel dont les victimes sont blanches

 
Mais rien de tout cela n’a influencé le juge Penny Moreland qui a déclaré que le gang avait choisi ses victimes « non pas à cause de leur race, mais parce qu’elles étaient jeunes, impressionnables, naïves et vulnérables ». C’est sur cette unique base qu’il a prononcé ses sanctions.
 
Alors certes, il a été rapporté qu’une jeune fille noire avait été vue dans ces sessions-tournantes, une autre aussi, apparemment « asiatique » comme on dit au Royaume-Uni… mais elles ne sont pas venues à la police – en marge d’une communauté dont elles étaient issues ?
 
« L’origine ethnique de toutes les cibles potentielles n’est pas connue » s’est défendu le procureur John Elvidge (argument universel fallacieux). Malgré le fait que les victimes étaient, selon ses mots, « blanches, britanniques et féminines », il a déclaré à Newcastle Crown Court qu’il n’y avait aucune preuve directe que la race ait joué un rôle dans le processus de sélection des filles.
 

Mais ça ne prouve aucun racisme latent

 
Le procureur général, Jeremy Wright, a été chargé de se pencher sur l’affaire par le député conservateur et ancien ministre de la Justice, Mike Penning, qui a déclaré : « Je ne comprends pas la décision du juge selon laquelle cela ne peut pas être motivé par des motifs raciaux ».
 
L’ancien directeur des poursuites publiques, Sir Ken Macdonald, a déclaré, lui, qu’il ne doutait pas que « les aspects de l’affaire soient profondément racistes (…) Cela semble être un thème récurrent (…) C’est un problème majeur dans des communautés particulières et il doit être confronté non seulement par les forces de l’ordre mais aussi par les communautés elles-mêmes ».
 
Communautés qui se sont aussitôt offusquées, à Newcastle, d’un tel scandale, du moins par l’intermédiaire d’un conseiller musulman de la ville… qui n’a pas omis d’accuser derechef les « racistes » de vouloir exploiter le filon ! Il peut compter sur le soutien de son collègue, le responsable des services sociaux, qui a rajouté cet argument phare : « Il y a des hommes de tous genres, y compris des hommes blancs, dans ce domaine »…
 

Un supporter de football recherché pour injure raciale

 
Concomitance ironique : dans la même région, on assiste ces jours-ci à une véritable chasse à l’homme, ouverte et publique. La photo a été rendue visible dans les journaux, sur les réseaux sociaux… Un meurtrier ?! Un violeur ?!
 
Que nenni. La photo montre un jeune (bien jeune) homme blanc dont le crime est d’avoir prononcé des mots racistes contre un joueur du Cardiff City, lors d’un match de football disputé contre Newcastle United, le 28 avril dernier… Il avait bien été expulsé du stade, sur le moment, par les délégués syndicaux (ce qui est tout-à-fait justifiable), mais les renseignements, nom, prénom, qu’il avait donnés à la police se sont révélés faux.
 
Il faut donc poursuivre la seule violence raciale qui subsiste, le seul racisme qui décidément existe – le racisme des Blancs. Celui-là seul peut légalement être poursuivi comme motif express. Le reste n’est qu’une question d’histoire et de handicap social.
 

Clémentine Jallais