Pour le général Piquemal, la défense de l’identité de la France pourrait lui coûter 500 euros

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Le général Piquemal, au centre, lors de la manifestation anti-migrants à l’appel du mouvement islamophobe Pegida, le 6 février à Calais.


 
Christian Piquemal avait donc pris place, jeudi, sur le banc des accusés du palais de justice de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). C’est le citoyen, non le général, qui entendait répondre de sa présence à la manifestation anti-migrants du 6 février dernier à Calais. Il y était venu pour affirmer sa volonté de défense de l’identité de la France. Ce qui, pour le procureur de la République, pourrait lui valoir une amende de 500 euros.
 
En costume-uniforme bleu nuit et noir du Cercle des citoyens-patriotes qu’il a lancé en décembre dernier, Christian Piquemal souligne que c’est pour sauver l’identité nationale de notre pays qu’il s’est rendu à Calais début février, afin de se joindre à la manifestation organisée en ce sens.
 

La défense de l’identité de la France pourrait coûter 500 euros

 
Mais pour le procureur de la République, Jean-Pierre Valensi, Christian Piquemal en apparaît comme un organisateur. « Pas l’organisateur de droit, mais l’organisateur de fait, souligne le magistrat. C’est un moyen bien connu des réseaux d’extrême droite : certaines personnes organisent la manifestation de droit en déposant une demande en préfecture, mais ne participent pas au rassemblement, et d’autres sont organisateurs de fait. »
 
Le mot est lâché. En assimilant un général de l’armée française à l’extrême droite, le procureur fait d’ailleurs plus qu’un simple amalgame : il avalise, en s’y opposant, l’idée défendue par le général Piquemal d’un changement d’identité de la France, et justifie par là la volonté de ce dernier de s’opposer à une décadence de son pays dont ce changement est, pour lui, constitutif.
 
Les avocats du général, Dominique Mattei et Gérald Pandelon, estiment, pour leur part, que leur client n’était que « de passage ». Non qu’ils cherchent à nier l’idée défendue par ce dernier, mais sa responsabilité dans l’organisation effective de la manifestation.
 
D’un côté on demande donc 500 euros d’amende ; de l’autre la relaxe. Christian Piquemal, lui, fait part d’un regret : « Les événements du 6 février m’ont débordé, j’ai seulement voulu participer à un débat d’idées. Je regrette l’évolution des événements, et je regrette de comparaître devant une juridiction pénale à mon âge. »
 

La vocation du général Piquemal

 
Le jugement sera rendu le 26 mai, et une sanction militaire, après passage devant le Conseil supérieur de l’armée de terre, au cours de l’été. Le général risque une mise à la retraite de la deuxième section à laquelle il appartient, et que son ministre de tutelle a effectivement demandé.
 
Son avocat, Gérald Pandelon, a fait observer en répondant aux questions d’Atlantico, qu’une sanction disciplinaire de la part de l’armée soulèverait deux questions : « D’une part, celle de la liberté d’expression des militaires, d’autre part, celle de leur devoir de réserve ».
 
De toute façon, comme l’a souligné son autre avocat Me Mattei, il y a en définitive une absurdité à voir un « général de corps d’armée poursuivi pour participation à un attroupement ». De fait. Mais au-delà de la question de simple police, il reste qu’en manifestant pour défendre l’identité de son pays, le général Piquemal n’a fait que rester fidèle à ce qui a été, notamment comme patron de la Légion étrangère, la vocation de sa vie.
 
Défense de la France, ce fut d’ailleurs le nom d’un mouvement de la résistance française sous l’occupation allemande, et le titre éponyme du journal qu’il éditait, et qui devant devenir, plus tard, France-Soir.
 
Cette vérité affirmée en deçà des années de guerre, et d’immédiate après-guerre, serait-elle devenue erreur au delà ?
 

François le Luc