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La grande peur du Brexit : une erreur, selon le “Centre for Economics and Business Research”

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Ce que le bon peuple subodorait par instinct se trouve de mieux en mieux confirmé par les experts : le résultat du référendum sur le Brexit et les actuels négociations du Royaume-Uni pour quitter l’Union européenne n’ont pas produit la catastrophe annoncée par les partisans du maintien dans l’UE – économistes, hommes politiques, grands médias, toute cette intelligentsia fortement surreprésentée qui voulait terroriser les électeurs. La « grande peur » – comme celle de l’an 1000 mais en version matérialiste – ne s’est pas… matérialisée. Il s’agit d’une erreur – pour ne pas dire plus… Telle est la conclusion à laquelle parvient un tout nouveau rapport publié par le Centre for Economics and Business Research (CEBR), un think tank britannique indépendant dont les évaluations économiques ont bonne réputation dans le monde des affaires.
 
Loin de toucher le fond pour cause d’élimination du monde des affaires internationales, le Royaume-Uni redevenu souverain devrait dépasser l’économie française d’ici à 2020 – alors que la France est tout de même censée bénéficier de la protection et du dynamisme que revendique l’Union européenne.
 

Le Centre for Economics and Business Research avoue son erreur

 
Le rapport établit un palmarès des économies mondiales. Selon la World Economic League Table, la Grande-Bretagne s’est remise d’un petit passage à vide économique initial qui a succédé au référendum et devrait facilement maintenir son rang, voire améliorer ses résultats d’ici à la fin de la décennie. Rappelant sobrement les avertissements annonçant un effet négatif « significatif » du Brexit sur les performances du Royaume-Uni au moment du référendum, le CEBR assure aujourd’hui que « les craintes étaient exagérées ».
 
On se souviendra des proportions qu’avaient pris ces avertissements : le ralentissement allait être considérable, Londres perdrait sa place dans le monde de la finance, la livre sterling allait s’effondrer, le Royaume-Uni s’appauvrirait. Le CEBR lui-même, dans son rapport de l’an dernier, faisait des prévisions économiques pessimistes qu’il corrige aujourd’hui. « Il y a un an, nous craignions que le Brexit n’ait un effet transitionnel significatif sur l’économie britannique, la laissant à la traîne par rapport à l’économie de la France pendant cinq ans. Il semble aujourd’hui que nos peurs aient été exagérées. »
 
Et d’expliquer : « La chute de la livre sterling à la suite du Brexit a eu pour effet de rétrécir l’économie du Royaume-Uni en dollars tandis que la croissance était entravée. Mais depuis lors, la livre s’est rétablie et alors qu’un accord de transition est en place avec l’UE le pays semble devoir dépasser la France dès 2020, grâce au mix britannique très particulier du secteur technologique et du secteur créatif que le CEBR a pu qualifier de “Flat White Economy”, et à la probabilité d’un Brexit relativement doux. »
 

La grande peur du Brexit : tort sur toute la ligne

 
Cette économie « Flat white » – du nom du café crème affectionné par les cotravailleurs du secteur numérique qui font leurs affaires dans les cafés londoniens – a vu apparaître et prospérer des dizaines de milliers de jeunes professionnels qui ont tout le savoir-faire de la Silicon Valley et qui sont en même temps de culture « hipster », verte et bio. Leur essor repose sur le virtuel : les industries culturelles numériques, la publicité, le marketing en ligne. Ils travaillent n’importe où. Foin des bureaux ! Ils se retrouvent et échangent leurs pratiques dans des cafés qui poussent comme des champignons pour former leur base arrière.
 
Au-delà des aspects obligatoirement écologiques vantés par le CEBR, ce sont la souplesse d’action, la convivialité et la disposition à partager leurs expériences positives et négatives qui seraient à la racine d’un indéniable dynamisme – très bien vu par les temps qui courent.
 
Mais si le Royaume-Uni va pouvoir tirer son épingle du jeu face à ses anciens partenaires européens, le CEBR prédit également sa chute dans le classement mondial où il devrait régresser à la septième place en 2032, certes en passant devant la France, l’actuelle cinquième, mais en se laissant dépasser tout comme celle-ci par l’Inde et par le Brésil.
 

Le Centre for Economics and Business Research annonce ses paris pour 2032

 
Plus largement, c’est l’ensemble des grandes nations d’Europe qui devraient perdre des places au cours des 15 années à venir, avec une croissance poussive, inférieure à celle d’autres régions dont la prospérité continue d’augmenter. Exemple : l’Autriche pourrait céder 14 places d’ici à 2032 et le Danemark en perdrait 11 pour arriver au 47e niveau de la World Economic League Table.
 
Sur les 10 plus importantes économies en 2032, cinq – la moitié donc – seront en Asie et les Etats-Unis auront perdu leur place de leader, selon Oliver Kolodseike du CEBR. Les Etats-Unis auront alors été dépassés par la Chine depuis deux ans, affirme le think tank – non sans avoir grignoté un an de présence supplémentaire en tête de podium parce que les répercussions de l’arrivée de Donald Trump sur l’économie du pays ont été « moins sérieuses qu’attendu ».
 
Ne comptez pas sur le CEBR pour dire que les réductions d’impôts et la libération de l’initiative des classes moyennes aux Etats-Unis vont lui permettre d’afficher des résultats encore meilleurs. Ce serait vraiment trop demander à un monde d’analystes biberonné au globalisme obligatoire.
 

Anne Dolhein