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Guerre de l’acier : et maintenant, la Chine met des taxes anti-dumping sur la sidérurgie de l’Union européenne !

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Barres d’acier en fusion formées après la sortie du haut-fourneau.


 
Réinformation.tv rendait compte la semaine dernière du risque de disparition pure et simple de la sidérurgie britannique en raison du dumping chinois, alors que le magnat indien de l’acier, Tata Steel, vient d’annoncer la cessation de ses activités au Royaume-Uni. En raison du veto britannique, rappelions-nous, l’Union européenne ne parvient pas à mettre en place les taxes anti-dumping qui s’imposent. Eh bien, la Chine vient de mettre en place des tarifs douaniers prohibitifs de 46 % sur l’acier importé depuis l’Union européenne. Une mesure « ahurissante », note Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, qui signe la volonté chinoise d’ouvrir une guerre commerciale sans merci.
 
L’annonce des nouvelles taxes est intervenue – pied de nez supplémentaire – alors que David Cameron s’entretenait avec Xi Jinping à Washington : une rencontre tendue, où le Premier ministre britannique demandait au chef de l’Etat chinois de prendre des mesures pour ralentir le flux de l’acier chinois vers l’Europe et en particulier vers le Royaume-Uni.
 

La Chine ouvre la guerre de l’acier

 
Le communiqué du ministère chinois du commerce est laconique : la Chine impose des taxes douanières de 14,4 à 46,3 % sur les importations d’acier depuis l’Union européenne, la Corée du Sud et le Japon, parce que la Chine a subi des « dommages importants » du fait des « abus » de ces pays. L’une des aciéries visées est précisément Port Talbot, menacé de fermeture en raison de la défection de Tata Steel : elle exporte de petites quantités d’aciers magnétiques laminés utilisés pour les transformateurs vers la Chine.
 
Alors que le monde croule sous les exportations chinoises à bas prix, soutenues par le gouvernement communiste dans un contexte de surproduction locale faramineuse, c’est peu de dire que le monde n’est pas inondé par un flot d’acier européen. La surproduction chinoise représente deux fois la production européenne. En Chine, la province de Hebei produit aujourd’hui vingt fois plus d’acier que le Royaume-Uni… C’est un contexte où les producteurs chinois perdent beaucoup d’argent : leur intérêt est bien de « casser » la concurrence.
 
Alors que la Chine défie ainsi l’Union européenne le représentant des Etats-Unis pour le commerce vient de publier, le 1er avril, un rapport l’accusant d’abus commerciaux systématiques : la concurrence déloyale est soutenue, affirme-t-il, par des subventions gouvernementales illicites. La pratique s’étend selon le rapport à d’autres secteurs de l’industrie manufacturière, comme celui de l’aluminium.
 

Des taxes anti-dumping sur la sidérurgie de l’Union européenne, un gag !

 
Pour ce qui est de la sidérurgie, les pratiques déloyales de la Chine ont causé « d’importants dérèglements, de l’incertitude et de l’inéquité dans les marchés mondiaux ». « A ce jour, la Chine n’a pris aucune mesure pour adopter les meilleures internationales », ajoute le rapport, qui désigne aussi bien des violations dans le domaine de la technologie et de la propriété intellectuelle que les obstacles opposés par Pekin à l’accès du marché des services dans le pays.
 
Pendant ce temps, le Royaume-Uni cherche des moyens pour encaisser le coup du départ de Tata Steel. Le secrétaire d’Etat britannique, le conservateur Sajid Javid, s’est ainsi engagé à ce que le gouvernement trouve un moyen pour réduire le coût de l’énergie (verte !) qui handicape lourdement les aciéries britanniques et pour prendre à sa charge l’addition des pensions à verser aux anciens travailleurs du secteur, dans l’espoir de sauver la sidérurgie britannique en la rendant plus attrayante pour un rachat potentiels.
 
C’est de toute façon sur le contribuable que pèseraient ces mesures évaluées à plusieurs milliards de livres : le seul déficit du régime des pensions est évalué à deux milliards. Tout comme le ferait l’autre solution – prônée évidemment par la gauche – consistant à nationaliser les aciéries.
 
Mais quelle est la marge de manœuvre du gouvernement britannique ? Prendre à sa charge le versement des pensions se ferait en contradiction flagrante avec les règlements de l’UE qui proscrivent les subventions d’Etat, a mis en garde un expert du financement des retraites, John Ralfe.
 

La Chine menace de détruire la sidérurgie européenne

 
La fermeture des aciéries apporterait son propre lot de dépenses : jusqu’à 1,5 milliard de livres d’allocations diverses pour venir en aide aux travailleurs licenciés, sans compter les effets négatifs sur les autres commerces des zones sinistrées.
 
Les pourparlers pour trouver une solution viable sont déjà ouverts. Cette fois avec le propriétaire de Liberty House, société spécialisée dans les matières premières fondée par Sanjeev Gupta, originaire du Penjab, alors qu’il était étudiant au Royaume-Uni. Il envisagerait un rachat à Tata Steel – mais sans doute seulement avec l’assurance de conditions qui lui permettraient d’éviter 1 million de livres de pertes par jour.
 

Anne Dolhein