Intelligence et santé sont génétiquement liées, selon l’université d’Edimbourg

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L’intelligence rendrait-elle solide comme un roc ?


 
Selon une étude scientifique réalisée par un groupe international de chercheurs de l’Université d’Edimbourg, dont les résultats ont été publiés dans le journal Molecular Science, les personnes douées intellectuellement seraient génétiquement prédisposées à être en meilleure santé. Les variantes de gènes propres aux capacités cognitives étant également liées à celles de la santé, les personnes plus intelligentes seraient donc également les mieux protégées des maladies.
 

Une première pour l’université d’Edimbourg

 
L’étude soutient une théorie existante selon laquelle les personnes dotées d’une bonne santé sont susceptibles de présenter un niveau supérieur d’intelligence. Celles qui ont les meilleurs résultats aux tests de mémoire, de raisonnement verbal et de vitesse de réaction sont ainsi moins enclines à présenter des gènes qui les prédisposent à l’hypertension artérielle, à la maladie d’Alzheimer ou au diabète. L’étude montre aussi que ces personnes sont susceptibles d’être de plus grande taille et d’avoir un cerveau plus volumineux. Seuls les cas de schizophrénie, d’autisme et de trouble bipolaire semblent être augmentés par une intelligence supérieure.
 

Intelligence et bonne santé sont génétiquement liés

 
Selon le Dr Stuart Ritchie, « cette étude confirme que les gènes liés aux capacités cérébrales et au niveau d’instruction sont également ceux liés au développement de certains troubles ». L’étude montre un certain nombre de recoupements : par exemple, les gènes liés à une grande taille sont également ceux qui prédisposent à l’obtention d’un diplôme universitaire. L’étude a aussi vérifié que les gènes responsables de nombreux troubles présageaient du niveau de capacités intellectuelles des personnes. Dans ce cas également, beaucoup de recoupements existent, affirme-t-il. Les personnes disposant d’une quantité plus importante de gènes liés à des maladies cardiovasculaires tendraient à faire preuve de moins de capacités à raisonner, par exemple.
 

L’étude n’écarte pas les facteurs environnementaux pour autant

 
Comparant les données des tests cérébraux avec le génome des quelque 100.000 personnes âgées de 40 à 73 ans soumises à l’étude, les scientifiques ont révélé que certaines caractéristiques liées à la maladie et aux capacités cérébrales partageaient les mêmes influences génétiques. Auparavant, ils pensaient que les facteurs socio-économiques expliquaient pour une large part le lien entre un faible niveau d’éducation et une mauvaise santé. Or, les résultats suggèrent que la génétique joue également un rôle, de sorte que des personnes intellectuellement douées mais issues d’un milieu défavorisé ont de meilleures chances de vivre en bonne santé que celles dont les capacités intellectuelles sont moindres
 
Le professeur Ian Deary, directeur du Centre for Cognitive Ageing and Cognitive Epidemiology de l’Université d’Edinbourg fait également remarquer que cette étude a révélé que « les aptitudes cognitives partageaient des influences génétiques avec la taille du cerveau, la forme du corps et le niveau de scolarité ».
 
Il est aisé d’imaginer les conclusions que les gouvernements et le grand public pourraient tirer de telles découvertes. Le décodage du génome, sa modification grâce au CRISPR-Cas9 qui en permet la découpe et la recombinaison, les modes ou les contraintes sociales induites risquent bel et bien d’aller dans le sens d’une recherche systématique des meilleures caractéristiques génomiques pour s’assurer réussite et suprématie. Avec une telle étude, l’eugénisme dispose d’arguments supplémentaires.
 

Nicklas Pélès de Saint Phalle