Jordan Peterson, professeur de psychologie à Toronto, privé de subventions pour s’être opposé à l’idéologie du genre

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Jordan Peterson


 
Jordan Peterson, professeur de psychologie à l’Université de Toronto, vient de se voir refuser une subvention fédérale pour la première fois dans sa longue et fructueuse carrière d’enseignant. Le Conseil pour la recherche en sciences sociales et en humanités du Canada le punit, il en est persuadé, pour avoir pris position de façon non-conformiste dans le débat sur l’introduction en anglais de pronoms neutres tels que « zie » ou « zher » et sa contestation de l’idée nouvelle selon laquelle le genre serait une réalité subjective. Sa demande de subvention a été reléguée à un rang tellement éloigné que son classement trahit une volonté délibérée de censure et non une quelconque critique crédible, fait-il valoir. Julia Gualtieri, porte-parole du Conseil a simplement fait savoir lundi que « les subventions passées ne sauraient présager des subventions futures ». Il a touché au tabou du moment : l’idéologie du genre.
 

Jordan Peterson se voit privé de subventions parce qu’il refuse bruyamment les pronoms neutres

 
Peterson a déclenché un torrent de critiques en prévenant, dans une vidéo postée sur Youtube, des dangers du projet de loi fédérale C-16 qui transcrit l’idéologie relativiste de « l’identité de genre » subjective, et de « l’expression du genre », dans le Code des droits de l’homme canadien et dans le Code pénal. Son université lui a immédiatement enjoint de « cesser de publier ses opinions » car elles susciteraient selon elle « la peur dans la communauté des transgenres ». Dès lors, le professeur savait qu’il risquait gros, non seulement pour ses financements mais aussi pour sa licence de psychologue. Pour Conrad Black, fondateur du quotidien conservateur canadien anglophone National Post, « Jordan Peterson parle pour ceux d’entre nous qui refusent de souscrire au grand rêve libéral de mort ». « Ze pour he (il) ou she (elle), est le prétexte du conflit, mais ce qui pointe derrière ces débats stupides est réellement sinistre », dénonce Conrad Black. Peterson abonde : « La liberté de parole est la base du fonctionnement de notre société. Avec la loi C-16 et la législation qu’elle protégera, ce sera la première fois dans notre histoire que des gens nous obligeront à utiliser leur langage ».
 

Jordan Peterson, un professeur de psychologie censuré pour atteinte à l’idéologie du genre

 
Pourtant, les résultats académiques de Peterson sont plus qu’honorables. Il travaille avec trois étudiants de haut niveau, son relevé de citations (le nombre de fois où ses travaux sont cités par ses pairs) augmente rapidement alors qu’il avait toujours été élevé. La suppression de sa subvention va au demeurant principalement frapper ses étudiants, « sa quasi-totalité allant à mes jeunes diplômés pour qu’ils puissent financer leur doctorat », explique-t-il. En 2012, Peterson avait obtenu la plus forte subvention accordée par le Conseil à un psychologue.
 
Signe du cynisme et de la motivation politique du Conseil, la demande de subvention de Peterson ne concernait pas directement la question du genre. Elle proposait de poursuivre des recherches dans trois directions : l’investigation technique de la structure de la personnalité, avec en particulier une amélioration des mécanismes permettant de la mesurer ; l’évaluation du lien entre la personnalité et les opinions politiques ; des interventions sur internet pour améliorer les performances des personnes, tant à l’école qu’au travail. Ses précédentes vidéos éducatives ont été visionnées par huit millions de personnes.
 

Matthieu Lenoir