L’Euro trop fort ? C’est un peu fort !

Euro trop fort
 
Ils sont tous d’accord. Sapin, qui participe depuis deux ans à un gouvernement qui a appliqué à la lettre les instructions de Bruxelles sans jamais se plaindre de la politique monétaire, découvre que l’euro est trop fort et plombe nos exportations. Et Mario Draghi, le boute en train de la bande, l’inénarrable patron de la BCE qui maintenait la monnaie européenne à son plus haut découvre aujourd’hui des « marges de manœuvre  » pour la faire baisser. On a bien envie de leur demander pourquoi ils ne l’ont pas fait plus tôt, depuis le temps que les acteurs économiques le leur demandaient. Mais la vraie question n’est pas là, c’est celle-ci : pourquoi l’avaient-ils laissé monter ? Puisque même le dernier des étudiants en science éco savait que cela diminuait notre compétitivité internationale ? Il y avait bien le poids de l’Allemagne, attachée à une monnaie forte, et qui, vendant surtout dans la zone euro, était beaucoup moins gênée par un euro fort. Mais cela ne suffit pas à expliquer une aussi longue surdité. La vraie raison est à la fois terrible et aveuglante : c’est précisément pour entraver les exportation des pays de la zone euro de façon à les appauvrir en même temps qu’on transfère leurs richesses, par le biais des importations et de la dette, aux pays émergents. Il est significatif que les marchés n’aient pas réagi immédiatement aux propos de Mario Draghi : signe que les mots se dévaluent plus vite que les monnaies, et surtout que les grands investisseurs savent où, finalement, veulent en arriver Draghi, ses pareils et leurs commanditaires·