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DRAME Lucky •


 
Lucky, soit Le chanceux en français, est le surnom du personnage principal de ce film américain. Ce surnom vient d’un usage dans la marine des Etats-Unis : le personnage estimé le plus à l’abri du feu de l’ennemi est le cuisinier du bord. Tel avait été l’affectation de Lucky lors du grand événement de sa vie, la Guerre du Pacifique (1941-1945) entre le Japon et les Etats-Unis d’Amérique. Puis, après ce moment d’aventure relative, puisqu’il a certes été près des combats des Philippines mais en a vu peu de choses du fond des cuisines, Lucky n’a strictement rien fait de notable pendant les décennies suivantes. Il est resté célibataire, même s’il a eu des amours dans les années 1940-1950. Il a travaillé certainement, mais n’a rien accompli de remarquable non plus en ce domaine. Il a arrêté depuis longtemps du fait de son grand âge. Nonagénaire, Lucky est heureux de posséder une forme remarquable, qu’il entretient parce qu’il croit être une hygiène de vie, physique et mentale, de qualité. Son médecin, qui le sait fumeur régulier et buveur occasionnel, ne partage cet avis tout en constatant son excellent état de forme générale pour son âge. Or Lucky s’inquiète subitement pour sa santé. Un matin il est tombé, sans cause particulière ; il n’était pas ivre, n’avait pas ressenti de malaise précurseur. Il est simplement tombé, d’un coup, seul dans sa modeste demeure.
 

Lucky, un film fort contemplatif à la morale antichrétienne

 
Lucky est très connu dans la petite ville voisine dans laquelle il se rend tous les jours. Ses fréquentations, ses amis depuis des décennies, finissent par s’inquiéter. Or Lucky tend à réagir violemment et grossièrement à la sollicitude générale, du moins dans un premier temps, ce qui se comprend humainement mais ne reste pas beau à voir au cinéma. Sinon, il ne se passe rien dans cette petite ville du Sud-Ouest désertique des Etats-Unis. Le grand événement de l’année est l’évasion de la tortue centenaire President Roosevelt. Son nom lui vient de sa naissance sous le premier président de ce nom (1901-1909). Elle pourrait vivre encore cent ans : la longévité des grosses tortues est impressionnante ; mais son propriétaire est effondré, car elle était son seul ami depuis des décennies. La langue anglaise, pour une fois plus précise en zoologie que le français, distingue tortue terrestre de marine, subtilité à découvrir en VO.
 
Lucky est un film fort contemplatif. Il n’est pas manqué pour autant, du moins techniquement. Le problème vient principalement pour le public chrétien des réflexions de Lucky sur la mort : loin de songer à faire une fin chrétienne, il veut mourir en matérialiste obstiné, en paraphrasant, en connaissance de cause vraisemblablement, Lucrèce. C’est à la fois gênant et dommage, car l’on aurait aimé dire du bien de Lucky, mais du fait de ce message répété, et de cette morale explicite du film, ce n’est pas possible.
 

Hector JOVIEN

 
Lucky Drame Film