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Menaces, déprédations : les militants végans britanniques s’en prennent directement aux éleveurs

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La haine de soi occidentale vient de franchir une nouvelle étape avec le véganisme, cette mode alimentaire qui consiste à ne manger aucun produit ou sous-produit animal et qui simultanément assimile le règne animal à l’humain, par cette idéologie voisine qu’est l’antispécisme. Or en Grande-Bretagne, des militants végans commencent à s’en prendre à des éleveurs, les traitant de meurtriers, de violeurs et les comparant à des esclavagistes. Avec menaces de mort à la clé. Ce que les intéressés dénoncent avec indignation.
 
Le véganisme, conçu en 1944 par l’agnostique Donald Watson, est un mode d’alimentation végétalien, sans œufs ni laitages, se doublant d’une véritable idéologie portant l’animal au rang de l’humain et excluant toute exploitation des bêtes, y compris pour leur pelage (laine, habillement). Il connaît un véritable engouement, bien qu’il passe par profits et pertes que les animaux se mangent très souvent entre eux. Le citadin moderne n’est pas à cela près.
 

Alison Waugh, jeune femme éleveur : « C’est insultant, surtout quand vous prenez soin de vos animaux comme nous »

 
Cet engouement animalophile vire à la fureur. Alison Waugh, jeune femme éleveur en formation dans l’agreste et magnifique Northumberland (nord-est de l’Angleterre, chef-lieu Morpeth), vient de dénoncer les actes de vandalisme portés contre des fermiers, avec harcèlement et inscriptions agressives. Alison Waugh dénonce au passage le paradoxe de voir que ceux qui se réclament de l’amour des animaux et de la paix puissent proférer des menaces de mort. Elle s’indigne : « Quand vous vous faites traiter d’assassins et de violeurs, ça dépasse vraiment les bornes. C’est insultant, surtout quand vous prenez soin de vos bêtes comme nous le faisons. » Plusieurs éleveurs, rapporte l’association britannique de la filière porcine, la National Pig Association, citée par le Daily Mail, expliquent qu’ils n’arrivent plus à dormir.
 

“Save Movement” menace un abattoir à Liverpool en assimilant l’élevage à l’esclavage – les militants végans multiplient les déprédations

 
Des manifestants ont mené un assaut contre un abattoir à Liverpool et la police a dû intervenir après qu’ils eurent pénétré dans l’établissement. Une vidéo de l’altercation a été postée sur le réseau social Save Movement, un groupe de défense des « droits des animaux ». Un de ses membres, Joey « Carbstrong » y lance, mêlant dignité humaine et statut animal : « Si les abolitionnistes n’avaient pas haussé le ton contre ce qui était jadis imposé aux esclaves, l’esclavage n’aurait jamais été aboli. »
 
Au Royaume-Uni, où le taux de fidèles chrétiens est l’un des plus bas d’Europe selon les études, le véganisme a du succès, 542.000 personnes ayant renoncé à la viande et aux laitages pour suivre la doctrine antispéciste, selon la Vegan Society. Le nombre de végétaliens aurait été multiplié par trois depuis dix ans, la moitié d’entre eux étant âgés de 15 à 34 ans.
 

Les végans britanniques s’en prennent aux éleveurs en parlant de « chambres à gaz » et d’esclavage

 
Save Movement entend « témoigner » des animaux emmenés à l’abattoir, afin de dénoncer ce qu’ils appellent « une injustice ». Joey Carbstrong ajoute : « Je suis sûr que les porcs ne peuvent pas dormir la nuit que ce soit en raison de la surpopulation (des élevages) ou de la perte de leurs petits, avant d’être tués dans une chambre à gaz » – une dernière affirmation fort peu politiquement correcte et qui passe par profits et pertes les techniques d’étourdissement et le soin mis à éviter les souffrances de l’animal. Des dérives sadiques récemment mises au jour dans des abattoirs français ont été punies à juste titre. Les abattages « rituels » – halal ou casher –, qui portent la mort à l’animal dans de lourdes souffrances, sans étourdissement, sont régulièrement dénoncés
 
Joey Carbstrong, quant à lui, préfère l’amalgame : « Il faut terroriser les industriels de la viande, des laitages et des œufs pour que le monde prenne conscience de la vérité au sujet de ces entreprises de terreur. Ils peuvent maintenir le secret ou poursuivre leur propagande d’élevage prétendument humain, mais l’injustice ne peut pas durer éternellement et rien ne pourra arrêter notre mouvement. »
 
Peu de temps auparavant, tout près d’un élevage « inhumain », un chat venait d’occire une souris et le gentil renard roux finissait de déguster un coquelet volé au poulailler d’en face et saigné d’un coup de canines. Joey Carbstrong n’en a pipé mot. La nature est vraiment mal faite.
 

Matthieu Lenoir