ACTION Mission Impossible-Rogue Nation ♠


 
Mission Impossible-Rogue Nation est le énième volet, sans continuité évidente avec les précédents, de la saga Mission Impossible, reprise depuis une vingtaine d’année (1996) avec le célèbre acteur-vedette Tom Cruise dans le rôle d’Ethan Hunt, le principal agent de terrain de l’agence occulte Mission Impossible. Cette série de films s’inspire elle-même d’un feuilleton fort populaire des années 1960. Les films s’avèrent fort inégaux, le meilleur, dans un genre toujours peu intellectuel quoi qu’il en soit, côtoyant le pire, mêlant absurdités manifestes et lenteur dans le déroulement de l’action. Suivre un personnage courant en permanence ne garantit pas, au contraire, contre l’excès de longueur des scènes. Ici, le spectateur est confronté au pire, et s’ennuie de bout en bout.
 

Mission Impossible-Rogue Nation : un sous-James Bond particulièrement raté

 
Le scénario se révèle à la fois faible et abracadabrantesque, et le film trop long. La fameuse Rogue Nation, ou Nation voyou, variation sur le célèbre terme Rogue State cher à George W. Bush, utilisé contre l’Irak, l’Iran, la Corée du Nord, et datant en fait des années 1990, déçoit particulièrement. Il n’y a dans le film strictement aucune vision géopolitique, pas même simpliste. Sans rien révéler, il faut constater que la montagne accouche d’une souris. Les cascades sont certes là, mais improbables, voire, abusant du concept avancé, impossibles, comme une scène d’apnée de plusieurs minutes, compliquée par quelques acrobaties et manipulations délicates, à l’évidence au-delà des capacités de tout être humain. Tout a été trop vu et revu, du thème des espions d’une agence secrète officiellement dissoute abandonnés à eux-mêmes, aux courses-poursuites en voitures et motocyclettes. Les personnages, principaux ou secondaires, ne sont que des clichés trop éculés. Seules originalités relevées : une scène comprenant le récent A400M, nouvel appareil de transport militaire d’Airbus, et une autre, exceptionnellement réussie, dans le cadre magnifique de l’Opéra de Vienne. Le reste du temps, le spectateur de Mission Impossible-Rogue Nation éprouve la forte impression d’être confronté à un sous-James Bond particulièrement raté.
 

Hector Jovien

 
Mission Impossible Rogue Nation film cinéma Jovien