Trump, MLP, Brexit, AfD : le populisme infiltré par les mondialistes ?

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L’infiltration politique, nouveau cheval de Troie.


 
La poussée du populisme s’accroît dans le monde à mesure que se dévoilent les projets mondialistes : Trump aux États-Unis, MLP en France, l’AfD en Allemagne et les partisans du Brexit en Angleterre font un tabac. Mais en même temps, on constate une inflexion de leur discours : comme si les mondialistes avaient infiltré le populisme pour le contrer.
 
Les élites mondialistes, souvent protestantes ou démocrates chrétiennes, ont lu l’Écriture, notamment le passage où le sel perd sa saveur. La colère des peuples, quand ils comprendront vraiment où veut les mener la gouvernance globale, ne sera pas endiguable. Il vaut mieux donc, dans la perspective des mondialistes, la canaliser grâce à des partis ou des personnalités qui reprennent une partie de leurs revendications afin de les affadir et les dénaturer. C’est ce qui est en train de se passer aujourd’hui, et l’on peut désormais parler à bon droit de populisme infiltré – ou en voie d’infiltration.
 

L’AfD divisée, le Brexit infiltré

 
Nous avons vu avant-hier avec quelle bonhomie sans complexe le coprésident de l’AfD (alternative pour l’Allemagne) Jörg Meuthen, accompagné de son vice-président Alexander Gauland, ont désavoué la présidente Frauke Petri en disant, un, qu’ils ne voulaient pas du pouvoir, et deux, que l’important était la question de l’euro (notamment de la présence de la France dans la zone euro), reléguant au second rang la question des migrants, sur laquelle Frauke Petri avait fait campagne, et qui est la première préoccupation de leurs électeurs. Fait significatif, ces déclarations ont été faites à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui est le journal de référence de l’establishment industriel et financier allemand, très prisé des milieux d’affaire mondialistes.
 
Cette semaine, plus précisément avant hier, c’est un des leaders du Brexit, le député aux Communes Bernard Jenkin, qui, dans une lettre, recommande de ne pas sortir de l’Union européenne mais de renégocier les traités ! Pour lui, invoquer « l’article 50 du traité de Lisbonne » et procéder immédiatement au Brexit n’est « qu’une possibilité parmi d’autres » et ne serait pas « la bonne façon de procéder ». Soucieux de mettre les gens de bon sens de son côté, il trouve une comparaison immobilière : « Ce serait comme signer le contrat d’achat de votre maison avant de vous être mis d’accord sur le prix ou d’avoir étudié le dossier ». En conséquence, il préconise que la Grande Bretagne entre en « négociation avec les gouvernements des 27 autres États membres ». Voilà un singulier Brexit qui risque fort de décevoir ses partisans. La cellule de communication du vote « Leave » l’a compris et s’efforce de « relativiser » l’affaire.
 

MLP contre les mondalistes mais pour l’avortement

 
L’un des dirigeants du camp Brexit avait écrit, on s’en souvient, au ministre de l’intérieur Britannique Theresa May pour lui demander d’interdire l’entrée en Angleterre de MLP en raison du passé nauséabond de son parti – comme quoi, malgré tous les efforts de dédiabolisation, on demeure toujours le fasciste de quelqu’un. C’était d’autant plus piquant que le but du voyage de MLP en Angleterre était précisément de soutenir le Brexit ! Et que MLP a sensiblement infléchi le programme et la doctrine du Front national sur plusieurs points qui fâchent le politiquement correct : elle accepte l’avortement, blâme sa nièce pour s’être opposée au Planning familial, délaye considérablement sa politique anti-immigration.
 
Sans doute reste-t-il encore trop de contenu au programme du Front national pour être acceptable par le système, mais Rome ne s’est pas détruite en un jour. Philippot ne peut pas aller plus vite, un infiltré doit procéder à petits pas pour rester crédible, c’est la condition sine qua non de son efficacité. On aura noté que, comme les économistes de l’AfD, il fait une fixette sur l’euro. D’un autre côté, pour donner tout de même satisfaction aux partisans d’une ligne dure, MLP et le nouveau Front national continuent à batailler haut et fort contre le projet de gouvernance globale et les élites mondialistes.
 

L’immense espoir de balayer les élites mondialistes

 
Le cas de Trump est à la fois semblable et un peu à part. Le personnage agace par ses cheveux teints, sa grossièreté, ses imprécisions ; il séduit en disant quelques vérités bien senties qu’on ne s’attendait plus à entendre à ce niveau du débat public, et par la peur, la trouille, osons le mot, qu’il inspire aux vieilles momies du parti républicain, accrochées à leurs prébendes, leurs formules mi-chèvre mi-chou, leurs arrangements avec les Démocrates. Il a fait se lever un immense espoir chez des millions d’Américains, ses triomphes le prouvent. L’espoir d’un coup de pied dans la fourmilière. L’espoir de remettre les choses à l’endroit. Mais à y regarder de près monte l’impression d’un pur théâtre.
 
Breit Bozell vient d’écrire sur le site conservateur anglais Breitbart une lettre ouverte à Sarah Palin et aux autres chefs de l’aile droite du GOP républicain. Pour les adjurer de retirer leur soutien à Donald Trump. Breit Bozell n’est pas n’importe qui, c’est un important soutien de Ted Cruz, le concurrent le plus sérieux de Trump à l’investiture républicaine, et c’est aussi le président de l’Association For America, qui prône le retour aux valeurs de l’Amérique profonde, « la liberté, la prospérité, la vertu ». Elle compte huit millions de membres. La démarche de Bozell entre dans la stratégie de l’establishment républicain pour démolir Trump, mais c’est aussi celle d’un homme convaincu. Et les informations qu’il y rappelle méritent d’être prises en considération.
 

Trump, ou le populisme sans conscience. Et MLP ?

 
Trump, comparé assez classiquement à un caméléon, a commencé Démocrate, il a financé les Clinton, Bill et Hilary, dont il a salué le bon travail comme Secrétaire d’Etat, il a même félicité Obama lui-même pour son « great job ». Il a soutenu l’avortement, même tardif, le mariage gay, l’Obamacare, les campagnes anti-armes. Il prétend qu’il a changé ; est-ce vrai ? Dans la campagne actuelle, il s’est dit pour le Planning familial, l’augmentation des impôts, la suppression de la convention de Genève, la fourniture d’armes nucléaires à la Corée du Sud et au Japon. Et Bozell demande aux Républicains conservateurs de faire un rêve : supposons le problème résolu et Trump à la Maison Blanche, soutiendraient-ils les décisions qu’il prendrait ?
 
La question est fondamentale et se pose pour les autres candidats qui recueillent dans le monde les voix du populisme, en particulier MLP en France. Une réponse que l’on entend parfois est qu’on ne peut résoudre tous les problèmes à la fois et qu’il est primordial de parvenir au pouvoir pour résoudre d’abord le plus important. Donald Trump et MLP sont tous deux nettement et fermement contre le désastreux projet de gouvernance globale fomenté par les cercles mondialistes, soutenons-les malgré leurs lacunes pour parer à l’urgence et défendre au moins l’essentiel. Je crains que cette façon de voir, qui se veut réaliste, ne soit au contraire bien naïve, et qu’elle pèche précisément sur l’essentiel.
 

Contre les mondialistes, un populisme efficace doit être catholique

 
Ici se pose une vraie question : pourquoi les élites mondialistes favoriseraient-elles l’ascension de gens comme Trump ou MLP, qui sont peut-être douteux en matière de valeurs mais qui sont clairement anti-mondialistes ? Est-ce que Trump a une tête d’infiltré ? C’est absurde ! Oui, en apparence. Mais il faut prendre garde à la vraie nature de la Révolution en cours, la révolution des Bernard l’Hermite. Cette Révolution par le haut repose sur le libre-échange des biens et des personnes (double invasion) et sur la subversion de la civilisation (décadence spirituelle et morale). Dans ces conditions, il est possible d’être un anti-mondialiste proclamé, et même éventuellement convaincu, et de ne s’attaquer qu’à l’une des pinces de la tenaille révolutionnaire – tout en renforçant l’autre, et en faisant avancer ainsi la Révolution. A l’inverse, ailleurs, les cénacles mondialistes pourront instrumentaliser une personnalité, un parti, très fermes sur les valeurs mais non anti-mondialistes.
 
L’erreur qui fonde les fausses conceptions sur la Révolution en cours consiste à penser que son but est l’invasion de l’Europe, ou le profit des multinationales : or ce ne sont que des moyens puissants, qui permettent d’y associer les masses du tiers monde, les chefs de l’islam conquérant et les grands financiers. Le but de la Révolution est à la fois plus élevé et plus pervers : il s’agit, et cela n’est pas neuf, de créer un homme nouveau. Pour cela, elle utilise aussi bien les hommes de gauche souverainistes que les hommes de droite mondialistes. Et cela fonctionnera tant qu’on n’aura pas compris qu’une véritable action contre-révolutionnaire demande à la fois une vraie doctrine de la nation et une vraie doctrine des valeurs. Pour ce qui nous regarde directement, l’identité française ne se défend pas sans la civilisation chrétienne.
 

Pauline Mille