La mort d’Aït Ahmed Hocine, figure de l’indépendance de l’Algérie

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Hocine Ait Ahmed avec ses partisans en octobre 2004.


 
Aït Ahmed Hocine est mort mercredi en Suisse, à l’âge de 89 ans. Figure de l’indépendance de l’Algérie, il passera très vite après 1962 et le départ de la France, dans l’opposition au FLN, dont il était pourtant l’un des fondateurs, pour créer le Front des Forces socialistes. Manifestement peu rancunières, les autorités algériennes ne tarissent pas d’éloges, depuis deux jours, sur la personnalité d’Aït Ahmed Hocine.
 
« Il était un symbole de l’indépendance de l’Algérie en même temps qu’un dirigeant respecté qui a œuvré pour la démocratie », a-t-on ainsi déclaré dans les sphères gouvernementales algériennes.
 

Aït Ahmed Hocine est mort

 
On ne refera pas ici l’histoire de l’Algérie, de ses violences et de ses massacres dont le FLN fut un des principaux responsables. On rappellera simplement que, cofondateur de ce FLN, Aït Ahmed Hocine quitte très tôt le gouvernement provisoire, fonde le Front des Forces socialistes, reprend la lutte, estimant que la révolution a été dévoyée, est même condamné à mort pour son rôle dans « l’insurrection de Kabylie » en 1964, et trouve enfin refuge en Suisse d’où il continuera de dénoncer l’omniprésence de l’armée dans la politique algérienne.
 
Si donc le président algérien Abdelaziz Bouteflika a décrété jeudi un deuil national de huit jours après son décès, ce n’est certes pas par reconnaissance, mais pour saluer l’un des pères de l’indépendance de l’Algérie, le dernier des neuf « fils de la Toussaint », à savoir ceux qui ont déclenché la guerre d’Algérie contre la France le 1er novembre 1954 – la tristement célèbre « Toussaint rouge ».
 
Autrement dit, c’est une nouvelle occasion d’en remettre un petit coup contre la France. Et cela fonctionne à merveille puisque la première réaction étrangère est venue du Parti socialiste français. « Ce militant socialiste avait été un des principaux dirigeants du FLN et un défenseur acharné du pluralisme démocratique dans son pays », écrit Jean-Christophe Cambadélis contre son pays. « C’était le dernier d’une génération de fondateurs de l’Algérie indépendante, sincèrement attaché au développement de la démocratie et de la concorde civique », ajoute-t-il.
 

Une figure de l’indépendance de l’Algérie et de son fiasco

 
Ouais… Tout le monde souligne pourtant qu’il n’a pas vu l’avènement de cette Algérie démocratique qu’il appelait de ses vœux. Mais personne, en revanche, ne relève, parmi tant d’autres réflexions qui pourraient être faites, la contradiction que cela implique, le lien entre l’indépendance et la régression de la démocratie. Ben non ! puisque le grand méchant, c’était – c’est… – la France.
 
A se demander pourquoi Aït Ahmed Hocine a vécu en Algérie tant que l’Algérie, c’était la France, et pourquoi il l’a quittée dès que le FLN est arrivé au pouvoir…
 
Peu importe ! Laissons les socialistes enterrer les morts.
 
Selon ses proches, son corps, ramené en Algérie, devrait être inhumé dans son village natal d’Aït Yahia, en Kabylie.
 

François le Luc