“Musulmans au quotidien” de Nilüfer Göle : fausse science et propagande

Musulmans au quotidien de Nilüfer Göle
 
Faut-il étudier les Musulmans en Europe ? S’interroger sur ce qu’ils sont, ce qu’ils font, leur nombre ? Se demander quelles sont leurs valeurs réelles et leurs aspirations ? Oui, évidemment. La présence musulmane en Europe, qu’on l’apprécie ou non, relève en effet d’un fait social significatif dans beaucoup de pays d’Europe, qu’elle remonte au XVIème siècle comme en Bosnie-Herzégovine ou en Albanie, ou à quelques décennies en France et au Royaume-Uni, voire quelques années en ce qui concerne l’Espagne ou l’Italie.
 
C’est à toutes ces questions que prétend répondre l’ouvrage Musulmans au quotidien, de madame Nilüfer Göle, publié en 2015 aux Editions La Découverte.
 

Les éditions « La Découverte », une garantie de sérieux ?

 
Ces éditions sont celles du journal Le Monde, et proposent en principe la garantie de sérieux – sur laquelle il y aurait pourtant tant à dire ! – du supposé « quotidien de référence », ainsi qu’une large diffusion. Ce livre n’est donc pas une publication marginale, ou au militantisme affirmé ; il prétend être au contraire une étude scientifique, ce que nous contestons absolument. Madame Nilüfer Göle a acquis une petite célébrité, dans les colonnes du Monde notamment, dans les années 1990-2000 par ses études sur le retour du voile en Turquie, fait de société massif et concernant toutes les strates de la société. La complaisance pour l’islamisme – pour un auteur qui n’appartient pas à cette tendance – l’a disputé à un esprit particulièrement tordu marqué par la sociologie marxiste, qui cherchait à démontrer que le retour du voile constituait un mouvement de libération des femmes turques, alors qu’il s’agissait à l’évidence de l’exact inverse.
 
A partir de cette compétence, déjà fort discutable, sur l’islam turc, a été reconnue par les médias une supposé compétence sur l’islam européen, la Turquie étant considérée comme européenne, ce qui est déjà une énormité. Mais tout cela est asséné comme autant d’évidences. Pourtant, rappelons-le encore et toujours, la Turquie massivement asiatique par son territoire, imprégnée, et ré-imprégnée chaque jour davantage de l’islam venu d’Arabie au VIIème siècle, avec un fonds culturel, en particulier linguistique, issu de la Mongolie médiévale, n’a rien à voir avec l’Europe et sa culture, que ce soit la belle et légitime culture européenne chrétienne ou celle aujourd’hui dominante et de fait maçonnique et athée – que nous n’apprécions pas davantage que l’islamisme.
 

La sociologie, une science humaine systématiquement détournée par la gauche en France

 
La sociologie est une science humaine fondée dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Elle possède la limite intrinsèque aux sciences humaines, avec un objet plus flou et moins défini que l’histoire ou la géographie.
 
La sociologie a été constamment, et particulièrement dans la France d’après 1945, marquée par le marxisme et les manipulations politiques, sur plusieurs générations, jusqu’au triomphe de Bourdieu dans les années 1990-2000. Un sociologue en France est associé de manière quasi systématique à la gauche militante.
 

L’intégration curieuse du soutien à l’islamisme dans la gauche militante sociologique

 
Si ce marxisme, au sens large, n’a pas disparu, un nouveau thème a priori inattendu dans le militantisme de gauche à prétexte scientifique et sociologique, et de tradition athée, y est désormais de mise : le soutien à l’islamisme en général –pourvu qu’il ne soit pas formellement extravagant selon des critères occidentaux, comme le port de la burqa. En effet, selon les critères progressistes, l’islam, difficile à distinguer de son expression publique sinon spécifiquement politique dite islamisme, devrait être encore plus détesté que le christianisme en général et le catholicisme en particulier. Or, ce n’est pas le cas, du fait de la persistance de traditions maçonniques favorables à l’islam depuis le XVIIIème siècle – islam « éclairé » parfaitement imaginaire du reste – et de la stratégie subtile de mobilisation d’un prolétariat de remplacement pour la cause révolutionnaire, plus mobilisable ou militant que les autochtones.
 

“Musulmans au quotidien”, du bavardage creux et un catalogue de revendications

 
La démarche de l’auteur a consisté à s’entourer de dizaines de chercheurs qui parlent librement. Là réside l’intérêt du livre. La lecture en devient néanmoins rapidement pénible pour qui n’est pas convaincu des bienfaits « évidents » de la présence massive musulmane en Europe. Ces musulmans énoncent en effet un véritable catalogue d’exigence ! L’Europe devrait s’adapter à l’islam. Implicitement, ils aspirent à l’islamisation progressive de l’Europe. Les tenues islamiques, à commencer par le voile pour les femmes, devraient être autorisé partout, en toutes circonstances – à l’école, au travail, dans les administrations, etc. La nourriture hallal tient aussi du droit incontestable, là aussi à faire respecter partout. Le hallal s’impose alors, comme c’est d’ailleurs aujourd’hui le cas a minima dans les quartiers ethniques musulmans – dans les supermarchés et épiceries, les cantines, les restaurants – et tend à se répandre bien au-delà.
 
On est loin du commentaire sociologique. Il n’y a là qu’une paraphrase des revendications mahométanes, en reprenant la langue sociologique la plus éculée, et la plus absurde en l’espèce, par la dénonciation des « discriminations » dont seraient victimes les musulmans !
 

Une promotion aberrante du fait islamique en Europe

 
La démarche du livre est celle de la promotion systématique de la présence islamique en Europe. Face aux difficultés observées par des sociologues sérieux, et sommés, selon la mode soviétique, de se taire, on développe un argumentaire tenant lieu de pensée magique. La surreprésentation musulmane parmi les cohortes de chômeurs ou de délinquants, du reste contestée sans aucun argument sérieux, serait causée par le racisme et les discriminations des sociétés européennes. Moyennant une discrimination positive, et l’acceptation complète des exigences musulmanes, les musulmans travailleraient massivement, et ne tomberaient que de façon très marginale dans la délinquance… Le supposé enrichissement économique par les masses musulmanes de l’Europe n’ayant guère été observé depuis des décennies, serait cependant imminent, à condition de se plier à toutes leurs revendications. Le « raisonnement » est classique : l’URSS, déjà, avait échoué faute d’assez de socialisme et l’Europe faute d’Europe… La fuite en avant suicidaire prônée dans cet ouvrage en rend la lecture rapidement insupportable.
 
Une multitude de portraits de musulmans donne dans la caricature de la légende dorée de l’immigration en Europe : ils seraient tous ou presque des êtres formidables, ouverts, jeunes et dynamiques, confrontés à des personnes vieillissantes, fermées, irrationnelles et crypto-racistes… Tout cela est ridicule, intellectuellement et concrètement pour qui a quelque idée des réalités en Europe.
 
Un des sommets en matière de propagande est atteint avec la description de la figure idéale de la gauche européenne actuelle : l’artiste homosexuel musulman. Un artiste de nationalité belge, d’origine nord-africaine, musulman et homosexuel déclaré, se produit dans des spectacles de danse quasiment nu, maquillé, et parfois en talons aiguilles… Le gender ne serait pas gêné par l’islam. C’est là encore absurde, pour qui connaît le statut des fameuses « minorités sexuelles » en Arabie Saoudite ou en Iran, ou même au Maroc ou au Bangladesh. Certes, des pratiques homosexuelles, sinon pédérastiques, existent mais restent néanmoins parfaitement souterraines et officiellement inexistantes, avec quelques mises à mort spectaculaires pour l’exemple…
 
Quant à nous, nous refusons de choisir entre gender et islamisme. Il s’agit là de maux terribles et communément opposés à la société, à la morale chrétienne et à la loi naturelle. C’est d’ailleurs pourquoi cette gauche européenne les apprécie tous deux, aussi peu compatibles soient-ils entre eux.
 

Au-delà de l’enthousiasme, la pente de la soumission

 
Finalement, ce livre pseudo-scientifique, d’un enthousiasme délirant sur le fait musulman en Europe renvoie au roman Soumission de M. Houellebecq. On n’approuvera nullement les obscénités et vulgarités du romancier, mais il a vu juste en dénonçant une propagande hystérique à l’œuvre dans la gauche culturelle, absolument dominante sinon exclusive médiatiquement, et sa conséquence finale plus que prévisible mais curieusement indicible.
 
La pente est bien celle de la soumission à la société islamique à venir en Europe, quand elle décidera, avec l’accord de la maçonnerie, de s’imposer, ce qui, avec les vagues d’envahisseurs migrants actuellement en train de submerger notre continent pourrait advenir bien plus tôt qu’on ne le penserait spontanément. La tendance est celle de l’assimilation de l’Europe au monde musulman, et certainement pas des musulmans à l’Europe. Il y a un péril mortel pour notre continent et ce qui reste de chrétienté, et à l’évidence un châtiment divin semblable à ceux qui frappèrent Israël infidèle au seul vrai Dieu.
 

Octave Thibault