Nicolas Maduro ajoute du socialisme au socialisme au Venezuela : inflation galopante en vue

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Nicolas Maduro le 4 décembre 2014.


 
Durement  frappé par la chute des cours du brut, affaibli par des années de socialisme, le Venezuela n’arrive plus à faire face  à sa crise économique profonde. Lors d’un discours télévisé de cinq heures d’affilée, marqué par l’exaltation du socialisme et la dénonciation du « capitaliste » Obama, le président Nicolas Maduro a décidé de mettre en œuvre des mesures d’exception. Il a relevé le prix de l’essence de 6.000 %, en même temps qu’il a dévalué le bolivar – deux décisions prises en vertu des pouvoirs exceptionnels qui lui ont été accordés en janvier pour résoudre d’autorité la crise où se trouve plongé le pays. Sans surprise, Maduro s’est contenté de mettre en œuvre davantage de socialisme.
 
L’augmentation spectaculaire du prix des carburants vise à économiser quelque 10 milliards de dollars au gouvernement par an en subsides. Quant à la dévaluation du bolivar, elle atteint 37 %, puisqu’il faudra désormais dix bolivar contre un dollar américain au lieu de 6,3 jusqu’à présent. Encore ne s’agit-il que d’un des taux existants : celui réservé aux produits de première nécessité comme la nourriture et les médicaments dont Maduro déclare vouloir favoriser l’importation par rapport à d’autres produits, soumis à des taux bien plus défavorables encore pour le bolivar. Tout cela ne pourra qu’appauvrir un peu plus la population.
 

Le chavézien Nicolas Maduro prend des mesures économiques

 
Les deux mesures auront inévitablement pour effet d’augmenter le coût de la vie dans un pays déjà ravagé par l’inflation. Le Venezuela connaît les taux d’inflation les plus élevés au monde alors que le gouvernement recourt de manière débridée à la planche à billets, afin de couvrir ses déficits monumentaux.
 
Le Venezuela tire la majorité de ses ressources de la vente de brut : les recettes vont directement dans les caisses de la banque centrale du pays qui les disperse ensuite afin de financer divers programmes de subvention dans une logique parfaitement socialiste. En janvier 2014, cela représentait plus de 3 milliards de dollars : un an plus tard on était retombé à 815 millions de dollars. Et la chute continue. Elle représente un manque à gagner de 20 % par rapport au PIB. Le Venezuela continue de compenser la perte par l’impression de billets, importés depuis le Royaume-Uni, le Canada, la France, et l’Allemagne.
 
Une mesure appelant l’autre, le gouvernement a mis en place un salaire minimum qui a eu pour effet d’éloigner du marché du travail les chômeurs dont les capacités ne justifient pas un salaire aussi « élevé ». Par ailleurs, le régime de Maduro a multiplié les prix contrôlés. Les effets pervers ne se sont pas fait attendre, là non plus : le Venezuela manque aujourd’hui d’une quantité considérable de produits de première nécessité, du papier toilette au lait maternisé. Les mesures ont par ailleurs conduit à soutenir un marché noir florissant, où le dollar s’achète à 1.000 bolivar…
 

Le Venezuela plongé dans l’inflation et la crise par le socialisme

 
Nicolas Maduro a une nouvelle fois, au cours de son discours fleuve, dénoncé aussi bien le capitalisme que le président Barack Obama, accusé d’avoir orchestré un blocus financier international qui oblige le Venezuela à supporter des taux d’intérêt exorbitants lorsqu’il cherche à emprunter sur les marchés internationaux. Il faut dire que les prêteurs n’ont aucune raison de se bousculer…
 
Le taux de l’inflation devrait atteindre 700 % au Venezuela en 2016, selon le FMI. C’est une prévision qui risque d’être vite dépassée par la réalité, alors que le Venezuela supportait déjà une inflation plus importante que la moyenne sur les produits alimentaires – de 370 % à 537 % selon les cas – l’année dernière.
 
Nicolas Maduro joue avec le feu… Lors de la précédente forte hausse du prix des carburants au Venezuela, en 1989, les manifestations de protestations qui ont suivi ont vite dégénéré, et le pays a connu alors une vague de pillage et de violences qui avait duré une semaine – avec 2.000 morts à la clef.
 

Anne Dolhein