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LE BILLET
Soulagement à Orly après l’attentat : l’islamiste n’était qu’un fou. Analyse

Orly Attentat Islamiste Fou
 
L’homme qui a attaqué des militaires à Orly en vue de commettre un attentat suicide ayant voulu mourir pour Allah, on a déduit qu’il était islamiste : les médias ont montré un grand soulagement en découvrant une personnalité fragile, bref un fou. Analyse du rôle du fou dans le discours médiatique.
 
On a eu bien peur. Quand Ziyed Ben Belgacem a ceinturé une soldate qui patrouillait à Orly pour lui prendre son arme en criant : « Je suis ici pour mourir par Allah, il va y avoir des morts », on a cru à un attentat islamiste. Du côté de la préfecture de police encore plus, où l’on connaissait le pedigree de cette chance pour la France d’origine tunisienne : multirécidiviste du vol et du trafic de drogue, il a passé un tiers de ses trente neuf ans en prison et avait volé le matin même une voiture avant de franchir un barrage en force, il était fiché depuis 2011 comme radicalisé.
 

Ouf, l’islamiste était alcoolique et drogué !

 
Heureusement on apprenait un peu plus tard, par le médecin légiste qu’il avait 0,93 gramme d’alcool par litre de sang et des traces de cannabis. Ouf, il est alcoolique et drogué, on est sauvé ! Ce n’est pas un islamiste, c’est un petit truand en cavale, c’est notre société qui est responsable. Son père le dit : « Mon fils n’a jamais été un terroriste. Jamais il fait la prière et il boit ». Faut pas confondre, mon fils est bien intégré, c’est un incroyant pourri de vices !
 
Brodant sur le thème, les médias ont décrit le « parcours de violence » d’un paumé à l’américaine, un fou, mais pas d’Allah, un fou de violence et de substances addictives, une personnalité fragile.
 

Soulagement des médias après l’attentat

 
Cette rhétorique a le charme des vieux bahuts bretons, elle fait partie des meubles du paysage médiatique depuis si longtemps. Dès qu’un attentat se commet où entre un élément patent qui indique la piste islamiste, le système nous met en garde contre les amalgames et conclut au loup solitaire, au déséquilibré – bref, à la figure classique de l’asocial, au fou.
 
Dans certaines sociétés traditionnelles le fou se promène les yeux vides en proférant des sons incompréhensibles que les augures recueillent avec respect pour en découvrir le sens, comme celui des rêves. D’autres fois, la folie prend des formes terribles, quand elle saisit les foules, Zweig a fait l’analyse de l’Amok des Malais, où toute une population s’affole pour tuer.
 

Analyse du nouveau fou, d’Orly à Nice

 
En France, depuis deux siècles, les fous se prenaient pour Napoléon ou se mettaient un entonnoir sur la tête. Aujourd’hui, ils s’amokisent apparemment, mais individuellement. Pourquoi cette évolution du fou en France ? Quelle en est la cause principale ? Est-ce que le fêlé de Dinky Toys s’attaque aux forces de l’ordre qui représentent la France, la police sur la route et les militaires à Orly, en criant : « Je suis ici pour mourir par la Jaguar Type-E, de toutes manières il y aura des morts » ? On a trouvé dans la poche du fou d’Orly, avec un briquet et des cigarettes, un coran. On en a trouvé un aussi dans la piaule du conducteur du camion fou de Nice, et chez les jeunes déséquilibrés d’Allemagne qui manient la hache dans les gares. Y aurait-il là un indice ? Ben Belgacem était un fort mauvais musulman, selon son père : mais pourquoi cette personnalité fragile a-t-elle souhaité mourir en tuant au nom d’Allah ? Existe-t-il d’autres folies en France aujourd’hui qui prônent la rédemption par le suicide et l’assassinat ? Laissons monsieur Cazeneuve y réfléchir.
 

Pauline Mille