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DOCUMENTAIRE
A l’Ouest du Jourdain ♥


 
A l’Ouest du Jourdain est un film documentaire militant israélien, réalisé par Amos Gitai. Ce célèbre réalisateur de la gauche israélienne a travaillé dans une perspective militante : il veut croire encore en la possibilité d’une paix véritable et durable entre Israéliens et Palestiniens, soit tous ceux qui vivent sur le territoire A l’Ouest du Jourdain. Le Jourdain sépare en effet, en une profonde vallée désertique située entre le Lac de Tibériade et la Mer Morte, la Palestine historique de la Jordanie. Ce fleuve est mentionné de très nombreuses fois dans l’Ancien Testament. Cette expression du titre permet d’éviter les termes contestés par un camp comme l’autre d’Israël et de Palestine. Ceci en dit déjà long en fait sur l’état du fameux « processus de paix », quand indiquer le nom par lequel l’autre se définit est déjà prétexte à controverses virulentes, d’un côté comme de l’autre.
 
Amos Gitai fait partie, de l’origine à nos jours, du mouvement de la gauche israélienne en faveur de la paix avec les Palestiniens, prônant reconnaissance mutuelle et le partage de la terre située A l’Ouest du Jourdain suivant les lignes de frontière de fait d’Israël entre 1949 et 1967. Les Israéliens auraient l’Ouest et les Palestiniens l’Est et Gaza. Le réalisateur rappelle l’histoire de ce mouvement, avec un âge d’or dans les années 1990. Il s’est effondré depuis, du fait des attentats palestiniens réguliers d’un côté avec des centaines de morts israéliens au total, et de la poursuite de l’occupation militaire et surtout de la colonisation israélienne sur des territoires devant en principe devenir palestinien de l’autre. Le réalisateur insiste aussi sur le caractère essentiel de la mort du premier ministre Rabin (le 4 novembre 1995), assassiné par un Juif messianique. Selon Gitai, Rabin aurait été seul capable d’imposer rapidement la paix aux deux camps.
 

La paix n’est pas pour demain A l’Ouest du Jourdain

 
Le « camp de la paix » en Israël est aujourd’hui très minoritaire, y compris au sein de la gauche. Il se limite quasiment à l’extrême-gauche, dans la sensibilité du Meretz. Amos Gitai souffre de la propension de toutes les gauches du monde entier à faire la morale à autrui, en particulier à la droite israélienne, actuellement au pouvoir, et à sa bête noire, le premier ministre Netanyahu. Malgré cela, il se montre relativement honnête dans les entretiens qu’il propose, y compris face à des personnalités israéliennes opposées qui qualifient les amis politiques de Gitai de « traîtres », ni plus ni moins. L’argument de la droite, outre leurs réclamations territoriales de principe, est que reculer en renonçant aux colonies en Cisjordanie ne modèrerait pas les exigences des Palestiniens, au contraire. Il est vrai que même les enfants palestiniens, interrogés avec complaisance, dont on aurait attendu de gentilles déclarations en faveur de la paix – ce qui n’aurait pas prouvé grand-chose -, avouent au contraire en toute candeur, et avec un grand sourire, rêver de mourir en « martyr », c’est-à-dire dans des actions armées en tuant des Israéliens. Il y a tout lieu de craindre que dans une telle ambiance, la paix ne soit pas pour demain A l’Ouest du Jourdain.
 

Hector JOVIEN

 
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