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Oxford : le chancelier de l’université juge les safe spaces « offensants » et défend la liberté d’expression

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Chris Patten, dernier haut-commissaire anglais à Hong-Kong et actuellement chancelier de l’université d’Oxford, juge les « safe spaces » (littéralement lieux sûrs) qui restreignent la liberté d’expression des étudiants « fondamentalement offensants ». Il appelle à la libre controverse.
 
Apparus au milieu des soixante aux États-Unis, les safe spaces se voulaient à l’origine des lieux où des gens d’orientation sexuelle « différente » (on dirait aujourd’hui LGBT) puissent évoquer leur expérience sans crainte d’être moqués. Ils sont entrés bien vite dans une stratégie « d’empoverment » permettant aux minorités dites brimées ou défavorisées de s’affirmer face à la majorité réputée oppressive. Ils ont envahi depuis des portions d’internet et les universités anglo-saxonnes : sous couleur de ne pas admettre « le discours de haine, le harcèlement et la lgbtphobie », des professeurs et des associations étudiantes limitent la liberté d’expression de ceux qui ne pensent pas comme eux en les empêchant tout simplement de parler.
 

L’Ukip exclu des safe spaces de l’université du Sussex

 
En voici quelques exemples tout récents pris dans les universités britanniques. L’université du Sussex a vu s’opposer une association pour la liberté d’expression au syndicat des étudiants, celui-ci exigeant que celle-là lui soumette le discours inaugural pour veto éventuel, s’il violait en quoi que ce soit sa « politique de safe spaces ». Le groupe estudiantin Liberate the Debate, désireux d’animer des discussions autour de sujets controversés ou « tabous » avait invité pour premier orateur un député de l’Ukip, Bill Etheridge, mais celui-ci a été « interdit de plateau » à cause de la liste d’exigences imposée par le syndicat étudiant, dont celle que le discours lui soit soumis pour approbation.
 

Les commissaires de safe spaces traquent les propos offensants

 
Autre exemple, le King’s College de Londres emploie des « commissaires de safe spaces » pour surveiller les discours potentiellement controversés sur le campus. Trois commissaires ont ainsi fait la police de la réunion où le député conservateur Jacob Rees-Mogg parlait aux étudiants, à l’invitation de l’association conservatrice de l’université. Le syndicat étudiant de ladite université rémunère ainsi douze livres de l’heure des policiers des safe spaces pour surveiller des réunions où ils estiment que des membres de l’assistance peuvent être « offensés » par les paroles prononcées. Quand ils sont en service, ces policiers de la pensée placardent des affiches rappelant aux étudiants que « Ici c’est un safe space », et ils sont prêts à « agir immédiatement » si quelqu’un exprime une opinion qui « lèse la politique de safe space ».
 

Police chinoise, Safe spaces, même combat

 
Chris Patten, qui a amené l’Union Jack à Hong-Kong en 1997 après y avoir gouverné cinq ans, y retourne parfois et s’inquiète de la montée du totalitarisme communiste. Il a tracé un parallèle éclairant entre les étudiants chinois et britanniques : « J’étais à Hong Kong voilà quelques semaines, parlant à des jeunes gens et jeunes filles qui risquent la prison parce qu’ils défendent leur liberté d’expression, et je reviens en Grande Bretagne et je vois qu’ici on veut des université pleines de safe spaces où vous ne pouvez exprimer ce que vous pensez ». En somme, il constate que le politiquement correct des étudiants de gauche joue le même rôle au Royaume Uni que la police communiste à Hong Kong
 

Le chancelier d’Oxford à fond pour la liberté d’expression

 
Le chancelier d’Oxford a ajouté : « Il y a une différence gigantesque entre avoir une controverse avec quelqu’un et avoir une querelle. C’est l’une des raisons pour lesquelles je trouve les safes spaces à l’université et l’habitude d’exclure du débat si offensants ». Son souci est de conserver à l’université son caractère « libéral » et de protéger les « valeurs libérales de la liberté d’expression ». Pour lui, cette question est plus importante que « presque toute autre en ce moment », et il a appelé les étudiants britanniques à « se dresser » pour défendre la liberté d’expression.
 
Mais, habileté ou habitude de s’exprimer en milieu politiquement correct, au lieu de fonder son discours sur une menace réelle, le totalitarisme socialiste du mondialisme politiquement correct, il a agité in fine l’épouvantail ordinaire de l’extrême droite : « Je pense profondément que dans les prochaines années nous serons, c’est très probable, soumis à un fort courant d’autoritarisme populiste, et je crois que le libéralisme et la liberté d’expression sont la meilleure façon de le stopper ».
 

Pauline Mille